Les maires des communes de France avaient jusqu’au 31 mars pour faire connaître leur position en matière de rythmes scolaires et notamment en faveur du passage aux 4,5 jours de classe hebdomadaires défendu par le ministre Vincent Peillon.
Même si les chiffres officiels ne seront dévoilés par le recteur d’Académie qu’à la fin de la semaine, le département de l’Ariège s’est illustré au plan national. En effet 98% des écoliers passeront à ces nouveaux rythmes scolaires à la prochaine rentrée.
Frédérique Massat, députée de l’Ariège, s’est félicitée «de la mobilisation des élus ariégeois pour le passage à la semaine des 4,5 jours dès la rentrée 2013. Avec 98,5%, l’Ariège détient le record de France du taux d’écoliers qui appliqueront la réforme dès la prochaine rentrée»
Selon la députée, «l’objectif de la réforme est de mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. La modification des temps scolaires est indispensable pour remettre l’école française sur le chemin de l’excellence et de la réussite pour tous»
Cependant un léger bémol au regard des chiffres nationaux car cette réforme à bien y regarder va concerner moins d'un quart des écoliers en septembre prochain avec à la clé une forte disparité.
Selon une enquête du principal syndicat du primaire parue hier matin, aucun élève ne passera à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée dans les Hauts-de-Seine ou le Val-de-Marne. Ils seront moins de 1% dans les Bouches-du-Rhône, et 3,1% dans les Alpes-Maritimes.
«Une majorité écrasante de communes ont finalement préféré le report à 2014» dit le SNUipp-FSU qui militait pour ce report, jugeant la réforme «bricolée» en l'état et précisant qu’«il y a encore beaucoup de questions à résoudre» (notamment l’emploi du temps des enseignants stagiaires et les transports en commun).
Localement Marc Faget, responsable du SNUipp-FSU, «voit bien que cette réforme a du mal à convaincre au niveau national puisqu'à peine 23% des élèves des écoles primaires publiques sont concernés en 2013 par ces nouveaux rythmes scolaires, malgré les moyens engagés par le ministère»
En revanche, ils seront 98% des écoliers dans l'Ariège, 80% en Haute-Garonne, ou 79,5% dans les Landes et 35% dans le Nord à adopter les nouveaux rythmes à la rentrée.
«Avec un tel score, poursuit Marc Faget, on peut s’interroger sur la liberté de choix… il y a eu de fortes incitations de la part de l’Inspection Académique qui a quadrillé le territoire, des incitations financières du Conseil général et des politiques locaux.
De notre côté nous espérons que l’intérêt des enfants ait prévalu à cette démarche. Nous siégeons à la commission de suivi mise en place depuis un mois à peine et nous souhaitons y représenter la voix des enseignants qui n’ont pas été suffisamment entendus à notre sens alors qu’ils sont les acteurs incontournables de cette réforme»
Une réforme qui n’engageait pas seulement les maires même s’ils ont marqué leur volonté de s’inscrire dans cette dynamique mais tous les conseils municipaux car c’est après délibération et une fois les formulaires remplis en suivant scrupuleusement les textes réglementaires que les demandes pouvaient être envoyées au DASEN.
«Le Conseil général devait être consulté pour avis en matière de transports scolaires» explique Antoine Loguillard, délégué départemental de l’UNSA (l’autre syndicat) ravi de voir que la quasi-totalité des petits Ariégeois seront alignés sur un même rythme: «c’est une unification qui facilitera les choses à tout niveau… il faut dire qu’avec 6h d’enseignement sur 4 jours la France était le seul pays du monde à offrir un tel enseignement.
Les chronobiologistes, les chercheurs nous pointaient du doigt depuis fort longtemps, dénonçant un système peu pertinent au regard de la capacité d’apprentissage des enfants.
Aujourd’hui en dehors de Paris qui est à la fois ville et département, le département de l’Ariège est le département de France où le plus d’élus passent aux nouveaux rythmes scolaires dès 2013. Ce n’est pas fortuit.
Nous travaillons depuis longtemps sur le dossier, il y a un engagement fort des élus, un effort particulier réalisé par le Conseil général en faveur des ALAE et des projets de territoires qui ont permis à tous de franchir le pas et d’aller dans le sens de l’intérêt des enfants»
Le SNUipp-FSU par la voie de Marc Faget demande également que le comité de suivi de la réforme «soit force de propositions pour améliorer les insuffisances de la réforme actuelle», craignant notamment que le temps péri-éducatif se transforme en garderie.
En Ariège, seules quatre ou cinq communes préfèrent attendre 2014. Il s’agirait de Bonnac, le Vernet, Fougax-Barrineuf, Vernajoul et Montoulieu.
La réunion du comité de suivi qui devrait avoir lieu ce soir avec le DASEN devrait acter leur demande. Et vendredi Olivier Dugrip, recteur de l’Académie de Toulouse après avoir analysé tous les résultats du terrain, communiquera à l’échelle de la région sur les nouvelles mesures en faveur des rythmes scolaires.
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