C’est à l’initiative de Bruno Lansalot, propriétaire du Bar-PMU le Castella, qu’un mouvement citoyen «Pamiers sans Violence» s’est développé depuis une quinzaine de jours sur les réseaux sociaux, faisant écho au sentiment d’insécurité qui règne au centre-ville, avec pour point d’orgue le rassemblement de mercredi soir devant la MJC, théâtre récent de violences.
Tout comme le bar voisin où des impacts de fusil de chasse témoignent d’un «banal incident» lors d’une soirée trop arrosée.
«Ce que l’on attend ce soir, explique Bruno, c’est que l’on soit entendus, qu’il y ait davantage de présence policière, que les commerçants puissent appeler un numéro d’urgence et que l’on mette fin à ces marchés parallèles alimentés de l’extérieur»
Les organisateurs attendaient entre 500 et 600 Appaméens pour exprimer leur ras-le-bol, ils étaient à peine plus de 120 selon la police et 200 selon les organisateurs. Une opération mitigée qui aura eu cependant le mérite de permettre aux uns et aux autres de se rencontrer et de dialoguer.
Jusqu’à présent, Bruno se plaignait que la municipalité ne s’intéresse pas à son activité: «suite à l’agression à coups de fusil sur mon établissement personne n’est venu prendre de mes nouvelles, pourtant je suis installé ici depuis 26 ans […] il n’y aura pas de récupération, cette réunion n’est pas politique, nous voulons seulement faire réagir les autorités face à l’insécurité, aux agressions et aux trafics»
Le ressenti du malaise est profond
Cependant, comme l’indique Joël, commerçant installé depuis 19 ans au centre-ville, «Pamiers n’est pas à feu et à sang. Certes depuis trois semaines, on enregistre des incidents mais ils n’ont aucun lien entre eux et ils ont été rapidement réglés […]
Il faut balayer devant notre porte. S’il y a des histoires de chichon c’est comme dans toutes les villes de 15 000 habitants. C’est l’affaire d’une dizaine de jeunes qu’il suffit de recadrer»
Pour lui donc pas de baisse de chiffre d’affaires, ni de problèmes de sécurité. Au contraire, il a peur que tout le battage médiatique fait autour de ces «affaires» soit contre-productif et incite davantage les visiteurs (qu’ils soient touristes ou consommateurs) à éviter la cité aux trois clochers.
De son côté, André Trigano, descendu spécialement de Paris pour la circonstance, «comprend l’exaspération des Appaméens… il y a eu des incidents, il faut en chercher les causes»
Par contre le maire préfère le dialogue à la répression. Il a reçu les jeunes, les familles. Il a décidé dans la foulée de recruter deux éducateurs supplémentaires et pour occuper ces jeunes propose la gratuité de la piscine jusqu’à 18 ans.
«On ne peut pas se substituer aux parents et à l’éducation qu’ils devraient donner à leurs enfants. On n’est pas à Chicago et ces jeunes ne sont pas là pour semer la terreur… on veut bien tolérer certaines choses, à condition qu’ils respectent les habitants»
Michel Teychenné, figure de proue de l’opposition municipale, était également sur le terrain offrant son analyse de la situation: «le centre-ville est sinistré et une partie de la population n’est pas en sécurité. Il faut arrêter la politique de l’autruche, il y a un problème récurrent à Pamiers c’est le trafic de drogue entre collège et lycée, importé de Toulouse.
Je suis d’accord avec le maire il faut renforcer les équipes de prévention […] Les élus doivent faire front commun, nous travaillons pour la paix à Pamiers. Ce rassemblement est apolitique mais c’est de la responsabilité des politiques de prendre la mesure de la situation, de travailler à trouver des solutions… ici il faut de la prévention et de la répression»
Des propos qui n’auront pas tout à fait convaincu Bruno: «ce n’est pas en leur donnant deux babyfoots qu’ils vont nous foutre la paix, on est dans l’urgence… c’est un appel au secours, pour l’heure nous attendons des effets, du concret. Nous nous réservons la possibilité de poursuivre notre action citoyenne… une pétition est en train de circuler»
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