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Pamiers: l'AJE en lutte contre l'illettrisme, forme aux savoirs de base
22/04/2013 | 19:23
© MidiNews 2013

Les autorités font de l’illettrisme une grande cause nationale en 2013. Une thématique dont s’est emparé l’AGEFOS Midi-Pyrénées dès 2010.

Conseillère formation au niveau de l’Ariège, Nathalie Fossard évoque le rôle de cet OPCA qui finance un certain nombre de formations sur ces problématiques. «Co-financées par le FPSPP, ces formations sur les savoirs de base nous ont permis sur deux ans de toucher plus de 600 stagiaires»

Mais cela reste encore une goutte d’eau, car elle estime à seulement à 4% le nombre de personnes concernées ainsi accueillies en stage. «Mais c’est un début, reconnaît-elle. En Ariège ce sont principalement le secteur industriel et celui de l’insertion qui sont concernés.

Auparavant, une personne qui avait des difficultés de lecture ou de calcul pouvait ne pas être repérée. Aujourd’hui avec internet, les nouveaux outils de communication, ce n’est plus possible. On a besoin de savoir lire un mode d’emploi, une notice, une page web.

Sensibiliser les entreprises à ces problématiques est primordial pour redonner à chacun ces compétences et savoirs de base (lecture, calcul, écriture) pour maintenir les personnes dans l’emploi ou pour les aider à en trouver un
»

«Une formation doit être comme un déclencheur, pour aller plus loin»
Cas concret et exercice pratique avec l’AJE, une association d’insertion dirigée par Bernadette Dedieu, qui intervient d’Ax-les-Thermes à Saverdun et jusque dans le Quérigut.

Une association d’insertion qui va fêter ses vingt ans le 31 mai prochain. Elle emploie 5 personnes (administratifs et conseillers) et environ quarante personnes en insertion qui réalisent tous travaux (ménage, repassage, etc.) chez les particuliers mais aussi les entreprises et collectivités (entretien d’espaces verts, de locaux, etc.).

7 de ces salariés en insertion ont accepté de suivre en parallèle un cursus s’appuyant sur ces savoir de base. Au cœur de la session de formation «Droit et Devoirs» dispensée par Audrenne Canal, responsable pédagogique de la formation Savoirs de Base au sein d’Adrar Formation, ils ont réalisé un travail commun sur près de 16 sessions.

Laurent, Julien, Adélaïde, Danièle, Mickaël, Dolorès et encore Suzette ont présenté devant tous ces partenaires et formateurs le fruit de leurs cogitations lors d’une séance bilan en la maison des associations de Pamiers.

«Ce temps d’échange permet de finaliser une formation et de donner à montrer toute l’importance du projet et du travail réalisé par tous» explique Audrenne Canal.

«Nous ne sommes pas à l’école (où d’ailleurs l’enseignement de ces savoir de base n’a pas fonctionné), ce qui nous intéresse c’est l’opérationnalité, commente Nathalie Foissard, nous partons du poste de travail lui-même»

«Ça nous a ouvert l’esprit […] au moins on peut se projeter»
De fait, notre groupe de sept a ainsi été amené à élaborer un carnet de «droits et devoirs»; un carnet entièrement conçu et pensé par le groupe «il a fallu faire des choix, parfois au vote» et destiné désormais à être le vadémécum de tout nouvel entrant au sein de l’association.

«Un petit guide clair et pratique qui récapitule les engagements de chacun mais aussi leurs droits conçus par des salariés en insertion pour d’autres salariés en insertion» résume Audrenne Canal.

«Une thématique qui fait s’interroger chacun sur ses pratiques, l'amène à réfléchir à un outil pratique, jusqu’à sa création de manière collective»

«L’important d’une telle formation est le résultat concret, là ce carnet en est un, exemplaire, poursuit Mme Foissard. Une formation doit avoir cet effet déclencheur, donner envie d’aller plus loin, d’en apprendre plus»

«Pour moi c’était intéressant, confirme Mickaël, ça m’a appris des choses que je ne savais pas forcément avant»; «Ça nous a ouvert l’esprit, constate à son tour Dolorès, ça nous permettra d’aborder notre travail différemment, dans notre façon de nous présenter et de dialoguer autrement avec nos employeurs»; «Je ne sais pas si ça va nous ouvrir des portes, dira à sa suite Adélaïde, mais ça nous donne des clés pour plus tard et au moins on peut se projeter»

L’essentiel est peut-être là. Et ce petit carnet, transmis ensuite à tous les autres salariés en insertion, présents et à venir, réussira-t-il ce passage de témoin vers un avenir plus prometteur.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 22/04/2013 | 19:23 | Lu: 14788 fois