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Agglomération de Saint-Girons: la culture pour venir à bout de l'alcoolisation des jeunes
23/04/2013 | 18:19
© MidiNews 2013

«On ne s’alcoolise pas plus en Couserans qu’ailleurs, affirme Gérald Rovira, mais cela reste un vrai problème dans nos milieux ruraux. Puis on voit apparaître dans nos sociétés développées un phénomène d’alcoolisation massive et rapide dans la jeunesse d’aujourd’hui.

Or, sur nos petites routes de campagne, compte tenu de leur état et de l’augmentation de la mobilité, on assiste à de graves accidents, parfois des décès
» témoigne l’adjoint à la santé, la prévention et la sécurité de la ville de Saint-Girons.

Aussi, l’opération qui a mobilisé la jeunesse de l’agglomération de Saint-Girons présentait-elle un caractère pédagogique, voire stratégique majeur en matière de sensibilisation.

«C’est une opération de prévention exemplaire, renchérit Marie-Christine Dénat-Pince, son homologue à l’enfance, jeunesse et l’éducation, dans la mesure où elle est le fruit d’un projet débuté en 2011 auquel les lycéens, collégiens et primaires ont été associés»

De fait, chaque établissement a travaillé en fonction des besoins de son public et de sa spécificité.

Le lycée des métiers Bergès a écrit et enregistré un morceau de musique sur la consommation et réfléchi aux risques des consommations dans le cadre de l'exercice professionnel avec l’association Pas de Repos, emmenée par Jean-Paul Raffit.

Le lycée des métiers Camel a travaillé avec l’association l'Ecole Citoyenne sur les représentations du produit et des modes de consommation: écriture de scénettes, réalisations théâtrales qui vont être filmées.

Le lycée (élèves de 1ère ST2S) a réalisé un questionnaire et produit un document de synthèse.

Le collège (élèves de 4ème) a écrit le scénario d'un film qu'ils ont tourné et qui servira d'outil de prévention dans les autres collèges du département avec l’accompagnement de l’ANPAA et de l’équipe éducative.

L'école primaire Frédéric Arnaud a travaillé avec une animatrice de l'ANPAA sur le positionnement avant l'entrée au collège avec le jeu «D'après moi»

«Il restera forcément quelque chose de cette opération de sensibilisation»
«Ce projet, insiste Dominique Faure, infirmière et conseillère technique à la DSDEN, a été subventionné par l'ARS (agence régionale de santé), la CAF (caisse allocations familiales), la communauté de communes de Saint-Girons via le CISPD (centre intercommunal de prévention de la délinquance) et l’ensemble des comités à l’éducation citoyenne.

Il a été l'occasion de fédérer plusieurs établissements scolaires autour d'une même thématique de prévention et de décloisonner les pratiques et les approches des différentes institutions
»

Aussi, c’est à un véritable déferlement qu’on a assisté en mairie de Saint-Girons et en la salle Max Linder. Le salon d’honneur a proposé une exposition bâtie par les jeunes eux-mêmes sur cette problématique et la salle Max Linder a reçu les différentes productions des jeunes. «265 enfants sont prévus ce matin et 275 cet après-midi»

Pièce de théâtre, musique, tous ces supports traitant des ravages causés par l’abus de substances toxiques ou d’alcool ont servi de support à l’échange provoqué ensuite avec les jeunes dans le public, notamment par les intervenants de l’école citoyenne.

Le midi, un groupe de personnes de l'Accueil de Jour accompagné par le Centre Social de la CAF a proposé un repas confectionnée par leurs soins aux encadrants de l'action dans une démarche complémentaire de responsabilisation et de valorisation de personnes ayant rencontré des problèmes d'addiction.

Une journée conclue par une conférence, toujours à la Salle Max Linder, sur les «prises de risques des adolescents» par le Docteur Saint-Dizier.

Alors, bien entendu une seule question compte: tout cela portera-t-il ses fruits, sur la durée?

«Ça reste un moment festif et convivial, on n’est pas dans le cadre formel d’un cours d’école. Et puis ce sont les enfants qui ont tout conçu et co-écrit, qui s'adressent à d’autres enfants. On ne cherche pas à dramatiser ou stigmatiser. Ça reste joyeux et on voit qu’ils y prennent plaisir. Quand la prévention est faite par les pairs elle a plus d’efficacité»

Et puis, rajoutent les services de la communauté de communes, «c’est la première partie du projet, la prochaine étape sera une action spécifique, avec l’aide d’éducateurs de rue et de services spécifiques pour sensibiliser toutes les parties prenantes extérieures (cafetiers, restaurateurs, débitants de tabac, etc.). Tout cela portera ses fruits»

Une journée complète dont deux outils demeureront (un guide pratique à l’attention des jeunes eux-mêmes et un guide à l’attention des parents) qui ont vocation à être diffusés dans tous les établissements de l’Ariège.

Une réussite donc que cette journée de sensibilisation pour laquelle le mot de la fin revient à Marie-Christine Dénat-Pince, enthousiaste: «nos jeunes vont bien et ils le prouvent !»

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 23/04/2013 | 18:19 | Lu: 12288 fois