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L'e-autonomie en pointe en Ariège
24/05/2013 | 19:16
© MidiNews 2013

D’ici 20 ans on comptera en France, pour 100 actifs, environ 60 personnes âgées (environ 8 à 10 millions de personnes) dont une frange non négligeable sera en situation de dépendance, compte tenu des progrès de la médecine et de l’allongement de l’espérance de vie.

Déjà, parmi les retraités français, 40% sont dits fragiles et 10% sont dépendants.

Au-delà d’un enjeu de société, de l’évolution de la démographie, de rapport intergénérationnel dans le traitement de la vieillesse, ce phénomène s’accompagne d’ores et déjà de bien des interrogations économiques.

Même si une partie de la réponse est déjà connue: «à partir du moment où on est dépendant, on a un coût, pointe Pierre Benaim, secrétaire général au sein de l’entité Stratégie Régionale de l’Innovation de Midi-Pyrénées. Accompagner les personnes le plus longtemps possible pour les rendre autonomes permet de diminuer ce coût même si cela suppose des investissements initiaux importants»

Christophe Nicot, directeur général de Midi-Pyrénées Innovation, va encore plus loin: «il faut réaliser que la dépendance ne concerne pas seulement les personnes âgées, mais bien toutes les personnes fragiles: autistes, personnes atteintes d’AVC et diminuées, etc... on raisonne ici à 20 ans en cherchant aujourd’hui les solutions qui permettront d’alléger cette dépendance»

Un enjeu sociétal qui se chiffre en milliards
C’est pourquoi à l’initiative d’Ariège Expansion et de Midi-Pyrénées Innovation, une grande journée découverte a réuni au sein du Conseil général de l’Ariège laboratoires de recherche, entreprises et secteur de l’enseignement (universités) pour aborder dès aujourd’hui le thème de l’e-autonomie.

«Soit on prend totalement en charge la personne -âgée- dépendante, ce qui apparaît insupportable à l’heure actuelle au regard des comptes de la sécurité sociale, soit on l’accompagne pour rester le plus longtemps possible autonome»

Dans cette course à l’autonomie, engagée à l’échelle nationale et même mondiale, l’usage des systèmes d’information et de communication de pointe s’impose avec évidence.

«L’e-autonomie est un secteur naissant, où il faut poser ses normes et ses standards avant qu’ils ne nous soient imposés par la concurrence et peser ainsi sur les projets de loi en cours de préparation au niveau national»

Une compétition dans laquelle la région Midi-Pyrénées fait, pour l’heure, figure de leader et entend conforter ses positions via les clusters qu’elle soutient. «Nous avons des forces qui permettent de développer des produits et des services, en s’appuyant sur des partenariats et des réseaux» complète Pierre Benaim.

Une pépinière sur l’e-autonomie s’ouvre avec Cap Bellissen
Une expérimentation s’engage sur les trois prochaines années dans laquelle l’Ariège est également bien placée. «Il faut s’appuyer sur la dynamique de la métropole toulousaine qui doit fonctionner avec le rural dans une recherche de proximité indispensable»

«En Ariège, on a une expérience intéressante, poursuit-il, avec l’ouverture par Ariège Expansion d’une pépinière d’entreprises dédiée au développement de solutions technologiques ou de services innovants améliorant le maintien à domicile ou favorisant l’autonomie»

Cap Bellissen sera la quatrième pépinière d’entreprises ariégeoise gérée par Ariège Expansion, directement implantée au sein même de l’EHPAD de Bellissen construit par le Centre hospitalier du Val d’Ariège, au plus près des personnels de santé ou des patients. 5 entreprises maximum devraient y être accueillies.

Avec une offre de services adaptée proposée aux entreprises hébergées, celles-ci pourront se développer dans un environnement sécurisé (études de marché, mobilisation de cohortes, accès à des expertises). Et développer leurs systèmes innovants.

«Par exemple, les personnes sont équipées de capteurs ou de patchs sur le principe de la Kinect (une console de jeu NDLR) qui détectent les mouvements, les chutes, les variations de température ou les pertes de poids et sont susceptibles d’alerter au besoin des petites équipes d’intervention de proximité avant de déployer toute la chaîne médico-sociale»

Une «surveillance à distance» rendue possible par les nouvelles technologies qui se veut la plus privative possible et moins intrusive mais qui poursuit un seul but, «détecter suffisamment en amont, pour limiter les risques et donc diminuer les coûts de traitement ou de prise en charge tout en continuant à avoir un environnement de vie classique, normal»

Christelle Jourdain, à la tête de la toute nouvelle société Alter Home, est plus directe: «la surveillance sur un mois, de nuit, par une personne habilitée et formée peut coûter jusqu’à 3.000 euros, là avec un forfait mensuel de 800 euros environ la personne est suivie à distance 24h/24, et peut rester chez elle»

Conformément au célèbre adage mieux vaut prévenir que guérir, c’est une véritable filière de l’e-autonomie reposant sur des acteurs économiques, de l’enseignement ou de la recherche qui se met en place.

La région Midi-Pyrénées entend y prendre toute sa part, et l’Ariège territoire rural, fait figure de site expérimental privilégié pour tester grandeur nature ces dispositifs et assurer un égal accès aux soins de tous, même si c’est grâce à des machines sophistiquées.

Se poseront ensuite les questions de prise en charge par la sécurité sociale et les complémentaires de santé.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 24/05/2013 | 19:16 | Lu: 11580 fois