«16.371 personnes sont en attente d’une greffe sur le plan national. Un chiffre à comparer aux 5.023 greffes réalisées en 2012». C’est dire si le problème de la greffe, et donc du don d’organes préalable qui l’accompagne, reste un vrai sujet de société en France.
Aussi comme chaque année, les professionnels du Centre Hospitalier Ariège Couserans participent à la promotion du don d’organes et de tissus dans le cadre de la 18ème campagne annuelle nationale.
Une journée continue sur ce thème menée à l’initiative de la Commission des Relations avec les Usagers (CRU) du CHAC présidée par Didier Safranez et Elisabeth Totaro, représentante couserannaise de l’association ADOT 09 (association pour le don d’organes et de tissus).
«Sur l’ensemble des greffes réalisées, 3.044 ont concerné des greffes de reins qui restent les plus demandées, poursuit Didier Safranez. Rien qu’en Midi-Pyrénées, 652 personnes en ont bénéficié en 2012»
Cela reste une problématique sanitaire d’importance mais pas seulement, elle est aussi un enjeu financier, «car, précise le directeur des soins, sur les quelques 4 milliards dépensés dans ce domaine chaque année, 82% sont consacrés à la dialyse, qui reste extrêmement coûteuse, et le reste soit 18%, au coût d’une greffe et de son suivi»
«Il faut exprimer ses choix de son vivant à des personnes de confiance»
Aussi, inlassablement tout au long de la journée, Didier Safranez et Elisabeth Totaro vont à la rencontre des usagers et patients qui pénètrent le grand hall du CHAC pour les sensibiliser au don d’organes et aux conditions dans lesquelles il s’effectue.
A l’aide de panneaux et autres fascicules de présentation, l’idée est d’apporter un éclairage sur un sujet qui peut encore rester tabou. «Une mort est souvent brutale, la famille et les proches n’y sont pas forcément préparés ou ont bien d’autres choses à penser lorsqu’une situation pénible se produit, confie Elisabeth Totaro.
Alors il faut y penser et se prononcer de son vivant lorsqu’en bonne santé. Cette solidarité, donner des organes ou des tissus, facilite souvent le travail de deuil car par ce don la vie continue avec un autre porteur»
«Cela reste un sujet pénible, consent Didier Safranez, parce qu’il oblige à évoquer sa propre disparition mais l’important c’est de communiquer, d’en parler avec ses proches de faire savoir quelles sont les dispositions que l’on souhaite prendre vis-à-vis du don d’organes, comme on le fait avec ses biens dans un testament.
Cela dit, rajoute-t-il, rien n’empêche aussi de faire un don d’organes de son vivant. Par exemple, nous avons deux reins et l’on peut très bien vivre avec un seul»
Le don d’organes et de tissus concerne bien des éléments. «Le rein mais aussi la cornée, la peau, les os, ce n’est pas seulement les poumons ou le cœur, souvent plus médiatisés car spectaculaires»
Or, justement toute la problématique est que l’on ne peut être donneur que dans certaines conditions, ce qui limite d’autant plus une collecte pourtant vitale.
Didier Safranez poursuivra cette journée par une visite des différentes unités de l’établissement (urgences, bloc opératoire, réanimation, etc.) afin d’aborder cette thématique avec les professionnels: «eux aussi doivent être sensibilisés à cette problématique, à la manière d’aborder ce sujet avec des patients, parfois en détresse, mais également aux conditions dans lesquelles le don d’organes peut s’effectuer»
Pour Elisabeth Totaro qui anime une fois par mois un point d’information sur ce thème au sein du CHAC, en relai avec d’autres bénévoles, le choix est vite fait, «c’est le choix de la vie»
Elle qui cite volontiers en exemple sa présidente, à la tête de l’association ADOT 09, Anne-Marie Amilhat, greffée cœur et poumon il y a plus de 25 ans, et peut dire aujourd’hui à près de 65 ans «qu’elle a pu profiter de la vie», malgré tout, grâce à ces dons.
Plus d’infos: http://www.france-adot.org/adot-departementales/adot-09/presentation-ariege.html ou 05.61.65.69.45.
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