Qui ne connaît, ne serait-ce que de nom, cet étrange animal presque mythique, le Protée qui se cache dans les tréfonds de la grotte de Moulis et qui a valu une notoriété certaine au village, tout du moins auprès des spécialistes?
Des grottes au laboratoire et autres équipements sortis tout récemment de terre, le site du CNRS à Moulis regorge de projets.
Les 12 travaux de Moulis, nouvelle version.
C’est à l’occasion d’une visite d’Augustin Bonrepaux, entouré de nombres d’élus dont Aimé Galey, maire du village, que son directeur Jean Clobert a dévoilé ceux parmi les plus importants.
La mise en place des structures expérimentales «grandeur nature» nécessaires à l’activité même du site ainsi que des conditions d’hébergements associées sont l’ossature de ce programme ambitieux.
«Clairement nous nous situons à terme dans une envie de mettre en place un contexte théorique mais aussi appliqué qui soit disponible pour tous les acteurs de la gestion du territoire en couplant des sciences différentes, relate Jean Clobert, tant sur le plan de la formation et de la recherche: biodiversité, agronomie, socio-économie, en nous entourant de chercheurs et de professionnels de l’environnement»
À cet effet 10 grands chantiers dont 5 déjà totalement réalisés sont mis en œuvre.
Le laboratoire de génétique, microbiologie, physiologie, inauguré au mois de juillet dernier, au cœur de Moulis, en est la figure de proue.
Le métatron à Caumont est également complètement opérationnel avec trois équipes étrangères qui ont déjà investi les lieux.
La création de serres et de bâtiments de logement, récemment ouverts à deux pas du laboratoire, doit être complétée d’une volière, qui leur fait face, dès ce mois de juillet.
Des chantiers en cours, dont le financement est acquis, démarrent.
En premier lieu le CTMB (voir notre article du 8 juin 2012).
L’installation d’un IRM «petit animal» pour les évaluer, tester et mesurer, implique à elle seule la venue de 34 personnes attendues sur ce projet, qui devront être accueillies en algeco faute de mieux dans un premier temps.
La construction d’un nouveau bâtiment de recherche est également en perspective.
Un nombre important de chercheurs souhaitent s’inscrire sur le Pôle de Moulis qui nécessite d’ores et déjà des investissements en terme d’hébergements et autres structures d’accueil.
«Une cinquantaine de chercheurs de tous horizons fréquentent actuellement le site de Moulis, précise Jean Clobert, développer les capacités d’accueil est aujourd’hui un impératif pour assurer le rythme de développement que nous souhaitons»
Pour compléter l’offre en expérimentations remarquables, le site va aussi déployer deux mésocosmes pour l’étude des eaux stagnantes et courantes.
Un autre «doux rêve» est en passe de prendre forme.
La constitution d’une véritable filière de formation préparatoire au poste d’ingénieur en aménagement du territoire avec une spécification en biodiversité qui n’existe nulle part ailleurs.
Cette formation (d’une durée de trois années après la licence), mise en place avec l’université de Foix et l’Université du Mirail permettrait à Moulis d’accueillir quelques cours sur site.
«Former des personnes, dans une optique pluri-disciplinaires d’excellence ayant une approche fine de la biodiversité est une perspective excitante» pour Jean Clobert.
Pour finir la constitution d’un site de mesure de rayonnement faible en partenariat avec un laboratoire toulousain de renom comme pilote est en bonne voie de réalisation, accentuant la problématique de l’accueil et de l’hébergement sur site, mais assurant parallèlement un développement plus serein de la station de Moulis.
La liste des programmes et des sources de financement obtenus, dont certains via le Plan de revitalisation du Couserans, serait à l’image des tous ces projets, importante.
Reste que le CNRS est en train de réussir un pari audacieux que confirme le nombre de publications scientifiques de portée internationale qui en émanent ou encore le traitement effectué par les grands médias nationaux ou étrangers.
«Nous sommes maintenant reconnus à l’échelle européenne comme une infrastructure importante dans l’étude des éco-systèmes.
Cette notoriété est vitale pour attirer de nouveaux chercheurs mais également pour trouver des sources de financements pour les projets que nous portons» annonce humblement Jean Clobert.
Une véritable dynamique qui passe encore peut-être un peu inaperçue aux yeux des Couserannais, qui ne peuvent en mesurer forcément toute la portée, s’installe petit à petit depuis les grottes et les laboratoires de Moulis.
Une dynamique qui fera demain de cet humble village un site de pointe dans l’étude des éco-systèmes et de la bio-diversité. Ces sujets, eux, nous concernent tous.
- Histoires Recyclables: les deux globe-trotters écolos font étape à Mazères
- Histoires recyclables: du Laos à Toulouse en passant par Mazères
- Ariège: on peut désormais déposer une pré-plainte via Internet
- Education au goût et aux saveurs: l'azinat s'invite dans les collèges ariégeois
- Les Ariégeoises Laury et Marianne en route pour le 4L Trophy
- Callisto, Soulane et Pépite: le nom des trois oursons nés dans les Pyrénées en 2011
- Cité du goût et des saveurs: les ateliers cuisine font recette
- Lycée François Camel de Saint-Girons: révolution de palais avec le Brespail
- Couserans: et un trophée de plus pour Echo-Santé
- Saint-Girons: venez déguster le nouveau sandwich ariégeois «Le Brespail»
- La terre tremble et c'est au collège de Lavelanet que l'on observe toutes ces courbes
- Xploria, le nouveau parc à explorer le temps au Mas d'Azil

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





