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Football UNSS: 3 Ariégeois aux championnats de France
02/05/2012 | 19:40
© MidiNews 2012

Natif de Lescure, Tom Peyrat quitte rapidement son club pour rejoindre Pamiers et le niveau Elite dès 14 ans.

Toujours sous les couleurs appaméennes pour lesquelles il porte le brassard, Tom, par son physique athlétique et sa qualité de relance, s’impose comme une valeur sûre dans l’axe de la défense.

À la section sportive de Pamiers puis ensuite à celle de Salies Tom s’investit sans relâche pour progresser au fil des saisons.

Son ex coéquipier appaméen, «Abdé» Arbaoui, fait ses classes au FC Foix avant de rejoindre à son tour le club de la sous préfecture aux côtés de Tom comme défenseur axial.

Aujourd’hui capitaine de l’AS Muret en U15 Elite, l’ancien Fuxéen poursuit son ascension.

Aux côtés de ces deux «rocs», le gardien de but, Victor Fauré peut se sentir en toute sécurité.

Lui aussi fait ses débuts à l’école de football du FC Foix avant de rejoindre le club de la banlieue toulousaine, Balma.

Mais si chaque week-end chacun rejoint son club respectif, pendant la semaine ils sont coéquipiers d’entraînement à la section sportive du Collège des Trois Vallées de Salies du Salat et disputent le championnat UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) sous les mêmes couleurs.

Menée par l’emblématique Lionel Poisson que nous avons interviewé, l’équipe Saliesienne s’est qualifiée pour les championnats de France UNSS qui se dérouleront à Sébastien sur Loire, près de Nantes, après avoir décroché le titre de championnat d’Académie.

Quel est ton état d'esprit à l'issue des qualifications pour le championnat de France? Ainsi que celui du groupe?

«La qualification pour le championnat de France récompense les jeunes pour leur travail, leur vie de groupe et leur réceptivité.

Cette performance valide aussi le travail de toute la communauté éducative où chacun à son niveau d’intervention apporte son savoir et ses idées pour renforcer le projet de la section sportive.

C’est donc le plaisir qui prédomine à l’idée de faire découvrir cette phase finale du football scolaire aux élèves, mais aussi le soulagement après avoir franchi des obstacles de taille.

Aujourd’hui nos internes sont heureux d’aller à Nantes mais ils doivent être conscients que cette dernière épreuve n’est pas un aboutissement mais un nouveau challenge face à des centres de préformation professionnels.

Pour relever ce défi de haut niveau ils devront beaucoup travailler d’ici-là, se montrer humbles mais aussi ambitieux sans quoi l’adversité sera écrasante
»

Alors que tu nous parles d’obstacles de taille, justement, comment analyses-tu cette phase qualificative?

«La phase qualificative en poule va crescendo dans la difficulté, elle permet de se tester et de valider certains apprentissages comme la technique collective et l’organisation tactique.

À partir des quarts de finale, avec des éliminations directes, on est dans le vif du sujet face à des adversaires performants et très bien organisés
.

Les finales régionales sur Castelmaurou sont extrêmement difficiles et indécises avec des temps de jeu courts et des tailles de terrain variables.

Par exemple, les problèmes posés par Pamiers en termes de circulation de la balle puis ceux stratégiques élaborés par Figeac renforcent la nécessité d’un groupe soudé et collectif dans sa gestion de l’évènement.

Enfin la finale inter-académique, comme dernière marche avant le championnat de France, est toujours un match intense émotionnellement et très serré contre le champion de l’Académie de Montpellier
»

Lors de la première journée, les Commingeois se sont déplacés à Lourdes où ils se sont imposés 7-0.

La réception de Mazamet s’est traduite par une nouvelle victoire 5-0.

Mais l’exigence est toujours présente et malgré les bons résultats, M. Poisson recherche «une prise de conscience tactique pour contribuer à l’efficacité collective»

Pour la troisième et dernière journée de poule, le déplacement à Pamiers s’annonçait déjà comme une finale.

En ayant fait un parcours sans faute, les Ariégeois partageaient le même objectif que les Saliesiens, à savoir la première place.

Mais confronté à ses coéquipiers de club, le «capitaine rassembleur» mobilisa ses troupes pour ne pas perdre l’objectif de vue et le collectif Commingeois s’est imposé 3-0 au terme d’un match appliqué.

Les Saliesiens sortent premier de leur poule et se qualifient avec Pamiers pour les phases finales.

Un petit détail qui n’en est pas un car les deux équipes se retrouveront lors des demi-finales de Castelmaurou, puisque en quart de finale les pensionnaires du collège des Trois Vallées ont éliminé les Aveyronnais de Baraqueville sur le plus petit des scores 1-0.

Lors des finales académiques, Salies a réitéré la performance face à Pamiers sur le score de 1-0 avant de rencontrer Figeac en finale.

Sur ce même score, les garçons se sont imposés et ont remporté le titre Robert Furton.

Dernière marche, la qualification pour les championnats de France passe par une victoire face à Canet en Roussillon.

Alors, en recherche de l’état de grâce de ses joueurs, plus que l’entraîneur, le «gourou» de cette équipe n’hésite pas à citer Mohamed Ali pour impacter la motivation de ces joueurs: «si vous voulez gagner, votre volonté ne doit jamais fléchir, votre foi ne jamais faiblir. Vous ne devez jamais cesser de vous battre»

Un message reçu 5/5, puisqu’après avoir ouvert le score en première mi-temps, les Commingeois parviendront à garder cette avance jusqu’à la fin du match.

Toutefois, un nouveau message tout aussi révélateur de l’état d’esprit est aussitôt délivré: «l’euphorie passée, ils devront réaliser que ceci n’est qu’une étape et non un aboutissement, car ce qui est beau reste à accomplir.

Tenter de se dépasser grâce au travail, avec respect, humilité mais aussi de l’ambition face à l’adversité et le réalisme du haut niveau
»

Avec ton expérience dans cette compétition comment vas-tu aborder cet événement avec ton groupe? Quel est ton objectif concrètement?


«Cette période de fin de championnat en club est complexe pour tout le monde, joueurs, éducateurs et parents, avec beaucoup de sollicitations, de tests d’évaluation et de tournois préparatoires à la prochaine saison.

Les objectifs seront donc en fonction de l’état de fraîcheur des joueurs.

Pour rivaliser avec les équipes des centres de formation pros, il faut pouvoir se sublimer athlétiquement et jouer la carte collective avec de la clairvoyance sur le plan technique et une extrême précision tactique.

Les jeunes tenteront de bousculer la hiérarchie pour être vus et sortir de l’anonymat
(les «verts» là-haut c’est Saint-Etienne et pas encore Salies); plus largement, nous avons à cœur de faire la meilleure prestation possible pour valoriser le travail effectué dans les sections régionales notamment celles de la Ligue Midi-Pyrénées»

Comment expliques- tu la réussite de Salies qui s’est qualifié pour la 4ème fois en 6 ans depuis 2006?

«Comme le disait Thomas Guerbert aujourd’hui à Dijon, «Salies c’est avant tout un cadre d’éducation dans lequel on apprend les règles du collectif et on s’éprouve à des valeurs structurantes pour la personnalité»

Le football devient un outil pédagogique d’expérimentation et un champ de progression de leurs aptitudes.

La vie à l’internat tisse des liens forts qui rejaillissent sur le terrain et crée un cadre d’apprentissage qui dépasse celui de l’entraînement spécifique.

De plus, lorsque les grands frères (ou les parrains) ont réussi à atteindre ce stade de la compétition, les plus jeunes veulent les imiter, voire les dépasser.

Ils n’y parviendront que s’ils savent réguler et harmoniser leur fonctionnement de groupe
»

Enfin quelles sont selon toi les clés de la réussite, sur quelles notions vas-tu insister, pour tirer le meilleur profit du groupe?

«Nous avons tenté de faire réfléchir les joueurs sur les cinq piliers du temple antique de la réussite qui sont: vouloir, croire, pouvoir, savoir et faire.

Le socle étant la Passion de son sport et la toiture la Performance, maintenue par les colonnes sans cesse refaçonnées.

Cette réflexion écrite et affichée était une manière de les faire s’engager véritablement et explicitement dans le projet de compétition.

Mon ami Cyrille Carrière m’a très justement convaincu que
«la solidité de l’édifice est étayée par un sixième pilier: la considération, l’estime, l’amour de l’entraîneur pour ses joueurs»

À Nantes, nous ne parlerons pas des adversaires car cela inhibe et empêche de jouer au meilleur de ce qu’on sait faire.

Nous parlerons du jeu de notre équipe et de l’utilisation de chacune de ses forces, puis nous irons défier ceux qui à priori sont au dessus du temple
»

Vivre une telle expérience restera, sans nul doute, longtemps imprégné dans la tête de nos jeunes joueurs Ariégeois et participera à la construction de leur longue carrière.

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publié le: 02/05/2012 | 19:40 | Lu: 5521 fois