Les dangers de l'amiante, une sensibilisation nécessaire pour les métiers exposés
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Il y a quelques jours à peine, la presse nationale se faisait l’écho de l’évacuation de 200 personnes de la tour Montparnasse à Paris pour «risque sanitaire»
Depuis 1974 et la découverte de ce poison sur le campus de la faculté de Jussieu, l’amiante empoisonne la vie des français à commencer par la vie des victimes touchées par des maladies pulmonaires mortelles. On estime en France à 100 000 le nombre de morts potentielles causées par l’amiante, considéré par certains comme un des plus grands scandales de santé publique de notre époque avec le sang contaminé.
La France interdit l’amiante depuis quinze ans (1er janvier 1997) mais d’autres pays l’utilisent ou l’exportent encore massivement, notamment en Asie. Certaines professions dans le bâtiment sont particulièrement exposées à ces pollutions.
Nous avons rencontré Bruno Drigo, plombier - chauffagiste à Lézat sur Lèze depuis trente ans, responsable de section à la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB). Conscient des risques qu’il a pris à l’époque, il revient sur l’amiante dans sa profession:
«Jeune j’ai été beaucoup confronté à l’amiante, on utilisait cet isolant thermique à toutes les sauces. Aujourd’hui on le voit beaucoup moins, il n’y a plus d’écrans thermiques amiantés. On en rencontre encore un peu sur les toits et sur certains tuyaux mais comme nous travaillons sur le domestique on en voit peu.
Nos confrères qui travaillent dans les collectivités ou sur l’ancien en voient certainement davantage. De plus au niveau de la profession, la CAPEB a mis en place des formations liées à l’amiante. Pour ma part je reconnais que je suis un peu en retard, je vais me faire relancer. Il faut trouver un créneau mais en ce moment on a beaucoup de travail»
Ce professionnel avoue que les gens sont aujourd’hui sensibilisés: «On fait des piqûres de rappel avec des stages complémentaires mais tout le monde est censé connaitre la réglementation. On connait les supports amiantés, dès que l’on doit les toucher on fait appel à des spécialistes pour intervenir» Bruno avoue qu’il n’a pas été aussi prudent au début de son activité dans les années 85.
«Non, nous ne sommes pas particulièrement suivis au niveau de la santé, on verra bien. Mais aujourd’hui il y a des formations et l’équipement professionnel permet de nous en protéger. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus confrontés à ce problème, la prévention est faite et bien faite»
L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), en collaboration avec la CAPEB et l’Institut de Recherche et d'Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail (IRIS-ST), vient de mener une étude sur l’exposition à l’amiante de plombiers - chauffagistes.
Les résultats de la campagne de mesure, réalisée à l’aide de badges de prélèvements, ont été croisés avec les réponses à un questionnaire soumis aux travailleurs, et montrent que les professionnels du bâtiment ne sont pas toujours conscients du risque: 40 % des individus exposés pensaient ne jamais avoir été en contact avec des fibres d’amiante.
Les professionnels intervenant dans des bâtiments ou sur des équipements anciens sont susceptibles d’inhaler des fibres d’amiante. Près d’un million de travailleurs dans le secteur du bâtiment serait concerné par ce risque. Pour les métiers dont l’activité n’est pas directement liée à l’amiante (électricien, plombier, couvreur, …), les expositions à ce polluant sont occasionnelles et souvent fortuites.
L’objectif de l’étude était de qualifier un nouveau moyen de prélèvement dont la mise en œuvre est plus simple qu’un dispositif de prélèvement conventionnel, et particulièrement adapté a un prélèvement sur une longue période. Cette méthode très innovante, n’avait été expérimentée qu’une seule fois en Angleterre auparavant.
Au final cette étude montre que l’exposition à cette substance dangereuse invisible à l’œil nu est encore trop peu présente à l’esprit des professionnels concernés qui sous-estiment le risque.
Les formes d’amiante présentes dans notre environnement:
Amiante «libre»:
C’est le plus dangereux, car très friable. On le retrouve dans les faux-plafonds, à l’intérieur des murs comme isolant, dans tous les flocages et dans les calorifugeages.
Amiante «lié»:
Moins dangereux, car mélangé à d’autres matériaux. On le retrouve dans les colles, joints, dalles en vinyle, peintures, revêtements routiers et le fibrociment. Attention, il ne faut pas casser ou réduire en morceaux ces produits, au risque de libérer des fibres d’amiante.
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