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Dissensions à la gauche de la gauche sur le front des réformes territoriales

© midinews 2014

A plusieurs reprises ces derniers jours le Parti de Gauche par la voix de son cosecrétaire départemental Arno Coustié, n'a pas mâché ses mots devant les récentes annonces au plus haut sommet de l'Etat concernant les réformes territoriales.

Evoquant «une escroquerie intellectuelle et estimant que François Hollande prend une décision très dangereuse en éloignant un peu plus la démocratie de proximité», Arno Coustié parle même «d'un dictat présidentiel» au sujet de cette réforme territoriale.

Joignant les actes à la parole c'est une petite délégation qui a tenu à présenter ses doléances pour ne pas dire revendications à M.Philippe Sauvannet, Sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Girons.

Un entretien de plus d'une heure au cours duquel Michel Larive, membre de la coordination régionale du Parti de Gauche et Vivianne Baudry du Parti communiste français, en tête de ce petit cortège ont délivré au sous-préfet une lettre qu'ils espèrent bien voir ré-adressée au Président de la République et à son premier ministre.

«Cette réforme territoriale est proposée sans absolument aucune concertation, ni territoriale, ni de transfert de compétences, ni de questionnements économiques, ni en termes d'austérité pour ce gouvernement qui accompagne l'austérité car est-ce que cette réforme va économiser des finances alors qu'à notre avis elle va plutôt générer des déficits», ressasse encore Michel Larive au sortir des locaux de la sous-préfecture.
On est dans un déni de démocratie de proximité«Quid de l'action sociale? Quid de l'action vers les collèges si le département même les communes disparaissent?», s'interroge le coordinateur régional.

«Monsieur le sous-préfet nous a vanté les bienfaits de la métropolisation. Pour nous la métropolisation est une forme de recentralisation vers la métropole de tous les moyens financiers et humains et engagent une inégalité territoriale qui va entrainer une désertification de nos territoires. Après la casse des services publics, nous sommes dans la casse des pouvoirs publics. Ce projet de réforme territoriale a été mené d'une façon plus que cavalière», s'insurge-t-il encore.

A sa suite, Viviane Baudry du Parti communiste français, déplore, «il faut partir des besoins des populations et non pas comme dans la réforme qui nous est proposée des injonctions de réduction de budgets publics qui sont liées à la politique de restriction budgétaire de Bruxelles.

On prend le problème à l'envers. Nous sommes là
, assène-t-elle, devant un choix politique fondamental et le rôle des partis est de soutenir la population et de l'informer de ce qui se trame»

Cette réforme, «cachée derrière les mots de compétitivité et d'efficacité», peut-on lire sur le courrier adressé au président, «c'est l'idée d’adapter nos institutions à la politique d’austérité et au pacte d’(ir)responsabilité voulus par l'Europe, validés par Hollande et appliqués par Valls, qui devient réalité sans aucune concertation»

Pour faire valoir ces exigences, défendre la démocratie locale, la proximité et l’égalité, le Parti de Gauche de l’Ariège appelle tous les citoyens, «à refuser ce démantèlement démocratique et territorial»

«Nous sommes là aujourd'hui, nous serons là le 18 juin, nous serons là pendant le vote au parlement, martèle Michel Larive. Nous demandons dans notre lettre un référendum validé par la majorité des 3/5ème du parlement pour pouvoir effectivement supprimer les départements»

«On mènera des actions à Paris, devant le parlement, devant les régions. Nous continuerons à être mobilisés contre cette réforme et à accompagner les luttes sociales qui vont s'intensifier à cause de cette réforme»

Le bras de fer est donc appelé à se poursuivre. Une nouvelle épine dans le pied pour le Président de la République, posée celle-là par les membres de sa propre majorité.

Sylvain Sastre | 12/06/2014 - 19:27 | Lu: 18476 fois