À l'Estive, Germinal a fait un drôle de «pocpoc»

Mardi 9 décembre l’Estive, scène nationale, présentait une pièce de théâtre créative et drôle qui a enchanté un public venu nombreux.
Le Germinal d’Antoine Defoort et Halory Goerger n’a rien à voir avec celui d’Emile Zola. Trois murs, une scène surélevée et le noir absolu d’où vont naitre de la lumière quatre entités. Quatre humains qui vont vite se rendre compte que leurs pensées s’affichent sur des panneaux lumineux. Ils ont des prénoms, Arnaud, Béatriz, Sébastien et Denis.
Le spectateur lit sur le fond de la scène, en arrière-plan, tout ce qu’ils pensent. Quand le texte est flou, un des protagonistes demande à l’autre de «penser plus fort».
Viendra ensuite la découverte d’un micro, après que Béatriz ait défoncé le plancher de la scène à coup de pioche. De ce vecteur sonore, les humains naissants trouveront la parole puis une guitare enfouie sous « les gravats » les initiera à la musique et au chant.
La pensée se structurera et l’envie de mettre de l’ordre et de tout classifier naîtra. Les idées et les objets seront classés entre les sonores, qui font « pocpoc » et les silencieux, « pas pocpoc ». Ils refuseront des options de vie telles que la croyance en un dieu ou l’apparition de l’argent, sources de conflits et de changements négatifs dans l’Homme.
Entre théâtre et jeu vidéo
Ce n’était pas un jeu vidéo, mais le public assistait à l’évolution de ces «Sims» ou, comme dans le célèbre jeu «Civilization» des individus progressent, apprennent en fonction de leurs découvertes et des expériences qu’ils en ont tiré en suivant un arbre des technologies.
La salle de l’Estive était complète, de l’orchestre au balcon, et le public iconoclaste. Les habitués côtoyant les lycéens de Seconde, Première et Terminale option théâtre du lycée du Castella de Pamiers.
À la sortie, tous étaient unanimes sur l’originalité d’une telle pièce, tant dans le scénario que la mise en scène et les relations entre la technologie numérique, la lumière et les sons.
Les rires succédaient aux moments de réflexions et de remises en question de notre société actuelle un peu trop individualiste ; celle des quatre personnages étant plutôt basée sur l’écoute, l’entraide, l’assistance et la solidarité.
Un spectacle presque multimédia, résolument moderne et terriblement jouissif.
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