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Tribunal Correctionnel de Foix: 76,8kg de cigarettes, un trafic pour un montant de 24 576 euros

Olivier Caracotch, Procureur de la République
© midinews 2014

Mama B a comparu seule à l’audience. Les trois autres membres du réseau ne se sont pas présentés ; d’ailleurs, leurs identités semblent pour le moins incertaines, «fantaisistes» selon le service des douanes.
Dans les faits
Le 11 octobre 2014 à Savignac-les-Ormeaux, les services des douanes renseignés par un membre du réseau, le mari de Mama B, mettent en place une surveillance sur les allées et venues de trois voitures: une 307, une 406 et un Citroën Berlingot.

Des allers-retours au Pas de la Case sont opérés, une première voiture signalant aux autres la présence (ou non) des douanes. Seulement voilà, les douanes interceptent le convoi et saisissent 76,8 kg de cigarettes de contrebande dans le berlingot, soit 364 cartouches pour une valeur de 24.576 €. Quatre personnes sont interpellées, les occupants de la 406 prenant quant à eux la fuite.

Durant leur garde à vue, les mis en cause donneront de faux noms et disparaitront ensuite dans la nature.

Hier seule Mama B, 23 ans, se trouvait à la barre. Avec le soutien d’une interprète, la jeune femme, désormais divorcée, a expliqué ne pas être au courant du trafic. En Andorre, elle se serait acheté deux cartouches, du parfum et du gel douche.

Les heures d’attente, les allers-retours, elle pensait attendre un copain venant d’Espagne... Des explications ne satisfaisant pas le procureur de la République qui, un brin agacé, lâche: «vous nous prenez pour des imbéciles». Olivier Caracotch souligne: «tout le monde a pris la fuite, sauf elle, mais nous avons leurs empreintes».

Le procureur « prend date » et requiert 8 mois assortis du sursis pour les trois hommes, 4 mois avec sursis pour Mama B. Du côté des douanes, une amende solidaire d’une à deux fois la valeur des cigarettes saisies était demandée, ainsi que la somme de 1.200 € pour la voiture de Mama B saisie et restituée à sa propriétaire.

«J’ai peur Madame la Présidente de ce pays où l’on condamne sans preuve», s’est exclamé Me Frédéric Baby avocat de la défense.

«Cette femme comprend difficilement le monde qui l’entoure ; dépendante culturellement de son mari, elle reste là et collabore». Et l’avocat d’enfoncer le clou: son mari à appelé les douanes, il la met dans la voiture.

Deux options se dégagent selon Me Baby. Soit elle est au courant et dans ce cas, elle est complice des douanes... ou alors elle sait qu’elle participe à un trafic et là ça la rend victime de son mari. «Cela veut dire qu’il la manipule. Elle reste là et elle fait face, parce qu’elle est paumée, qu’elle a peur. Elle est parfaitement innocente».

Le jugement a été mis en délibéré au 13 janvier prochain.

NR | 18/12/2014 - 19:10 | Lu: 17254 fois