accueil  |  ariège   |  france

Tribunal correctionnel de Foix: deux mois et maintien en détention pour s'être fait la belle durant sa garde à vue

© midinews (archives)

En garde à vue dans l’après-midi du 22 novembre dernier pour des faits de vols, Abdelkarim profitait d’une rencontre avec son avocat, dans une petite pièce pourvue d’une fenêtre non équipée de barreaux, pour se faire la belle.

Interpellé après une petite cavale dans l’appartement d’un ami, il a été présenté hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel.
Il avait peur d’être expulsé
D’entrée de jeu, son avocate Me Emmanuelle Plais-Thomas a soulevé une exception de nullité dans le cadre de ce dossier arguant qu’Abdelkarim ne s’était pas vu notifier durant sa garde à vue, son droit à pouvoir répondre ou se taire, un «droit essentiel».

Revenant sur les faits, Blandine Arrial, présidente, a rappelé la cavale du jeune marocain. Après s’être enfui des locaux de la gendarmerie, il se serait caché chez plusieurs de ses amis, ou dans la camionnette de l’un d’entre eux.

«Cette fuite a engagé d’importants moyens (hélicoptère, chiens, NDRL), puis une enquête judiciaire» a souligné le procureur. Olivier Caracotch glissant que le prévenu avait profité d’une «nécessaire rencontre confidentielle» pour prendre la fuite.

Sur les faits, le jeune marocain en situation irrégulière, a expliqué avoir eu peur d’être expulsé vers son pays, «là-bas, il n’y a pas de travail». Rappelant que son client était en garde à vue «pour des petits larcins» Me Emmanuelle Plais-Thomas est revenue sur la fuite.

«Il a eu peur, la tentation était trop grande d’ouvrir la fenêtre». Après s’être évadé aux alentours de 17 h, le prévenu est resté quelques heures à Saverdun avant de faire du stop jusqu’à Pamiers.

«Depuis il a vécu quasiment normalement. Plus le temps passe, plus c’est compliqué de se rendre» a plaidé l’avocate demandant de la «modération» quant au jugement.

Me Plais-Thomas a été entendue. Le tribunal ayant rejeté l’exception de nullité a condamné Abdelkarim à 2 mois de prison, maintient en détention. Les scellés (passeport de l’accusé) ont été confisqués.

Le procureur avait requis 4 mois et maintien en détention.

NR | 18/12/2014 - 19:10 | Lu: 15457 fois