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Les petites histoires de Mélanie: Mirepoix (partie 2)

© midinews (archives)

L’église Saint-Maurice de Mirepoix… Pourquoi toujours parler des églises? Mirepoix a tant de choses à raconter entre Grand couverts et mesures à grains, marchands et hérétiques, alors pourquoi une église de plus?

Pour les curieux, les églises sont de vieilles bâtisses qui se détériorent avec les siècles, souvent belles dehors, elles sont rongées par l’humidité et l’absence d’ouailles à l’intérieur. Le manque d’argent se note dans les peintures écaillées comme dans la légèreté du tronc…

Elles sont toutes pareilles, logées à la même enseigne et finalement à l’image de ce qu’elles devraient être (si l’on suit les préceptes enseignés par le Christ lui-même): pauvres!

Depuis la séparation de l’Église et de l’État, tout en restant des lieux de culte, elles font partie de notre patrimoine immobilier, de notre richesse immobilière à préserver. Là encore, le manque d’argent des communes est flagrant et il faut souvent faire appel aux associations privées, locales ou nationales pour rafraîchir les biens les plus précieux.

L’église est souvent le plus vieux monument d’une ville, elle est le lieu du culte et du patrimoine. Ses pierres ont plus à raconter que tout autre. Elles ont cheminé entre de nombreuses mains, depuis la terre recouvrant la carrière, jusqu’aux clochers où elles s’imposent fièrement.

Arrachées à coup de masses et de pics, elles furent transportées sur de larges charrettes, débitées en morceaux plus petits, passées sous le coup du ciseau agile, travaillées pour devenir clé de voûte, imposte, linteau, socle d’arche ou buste de femme. La pierre devient monument.

Socles d’une église romane dédiée à saint Maurice un 6 mai 1298, les pierres de l’église de Mirepoix, s’enrichissent de magnifiques chapelles, rayonnant autour du plus sacré des sacrés : le chœur gothique. Les grands atours du XVIe siècle rangent la pierre dans la catégorie des «objets les plus hauts du monde», en lui faisant gravir les mètres gagnés vers les cieux, s’installant au plus haut du clocher!

Elle prend aussi la place la plus basse encadrant une petite porte dérobée, la pierre de grès s’orne des rinceaux, des fleurs et des angelots grassouillets. Enfin, grandiose XIXe siècle, le génial Viollet-Le-Duc fait entrer l’édifice dans les plus vastes de France en déplaçant ses murs, confiant à sa nef la capacité d’accueillir des centaines de personnes avec une largeur de plus de 21.40 m! 

Ainsi, les églises d’Europe, comme les temples d’Asie ou les mosquées d’Orient permettent de toucher le passé des Hommes. Il n’y a qu’à imaginer au cœur de ces «maisons de pierres» celles et ceux qui ont franchi les portes, volontaires ou contraints et forcés, pour s’approcher enfin un peu plus de l’odeur de l’encens, entendre les chuchotements des enfants de chœur, imaginer les transactions faites entre négociants et marchands dans cet espace public.

Les silences des nefs d’aujourd’hui racontent ces gens-là, celles et ceux que l’on oublie toujours dans la description des massives maisons de Dieu: les fidèles et leur foi.

Tous ces fils (et filles) du peuple qui venaient chercher là le chemin vers l’Éternité ou... une pénombre complice aux rencontres. Vraies larmes de désespoir, prières d’espérances, baisers volés ou rageurs coups de pieds : qui saura dire ce qu’ont vu passer les lieux de prière ? La pierre justement, elle qui sans frémir a vu cela comme elle a vu passer les siècles.

Visite des églises romanes de la route des corniches : Vernaux, Axiat et Unac, petits trésors d’Art Roman!

Vacances d’hiver: les jeudis 12, 19, 26 février et 5 mars, durée : 2 h, départ : 14 h 30 devant le Point Info de Luzenac. Co-voiturage suggéré, tarif 6 €/adulte, gratuit-6ans.

Contact/réservation:
Office de Tourisme des Vallées d’Ax et de ses quatre points informations (Ax les thermes, Ax 3 Domaines, Luzenac, Les Cabannes/Beille).
05 61 64 60 60
[email protected]

Mélanie Savès | 27/02/2015 - 19:25 | Lu: 6500 fois