A l’heure où l’on s’interroge sur la disparition éventuelle de Camille (baptisée côté français Aspet-Ouest), le dernier ours autochtone des Pyrénées qui n’aurait pas donné signe de vie depuis le 5 février 2010, les dernières investigations de l’équipe technique du suivi ours sont plutôt encourageantes quant au devenir de l’espèce sur la chaîne des Pyrénées.
En effet, suite aux dernières images fournies par les caméras infrarouge positionnées sur les corridors de passage, plusieurs femelles suitées auraient été observées et les indices récupérés sont actuellement en cours d’identification.
Bien que 2010 soit déclarée année internationale de la biodiversité, c’est au conditionnel et avec le plus grand soin qu’il faut aborder ce sujet classé «sensible» dans les Pyrénées…
L’Ours brun peuplait encore toutes les montagnes françaises il y a quelques siècles.
Il a disparu des Alpes françaises dans les années 1930 et n’est plus présent que dans les Pyrénées.
Tandis que ce massif hébergeait environ 150 ours il y a une centaine d’années, il n’en subsistait que cinq individus en 1995.
Un premier renforcement de la population a été opéré en 1996-1997 avec le lâcher de trois ours.
En 2006, cinq ours slovènes (dont 4 femelles), de la même lignée génétique que les ours pyrénéens originels, sont venus rejoindre leurs congénères des Pyrénées centrales.
Le suivi scientifique et technique de la population d’ours a été confié à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et s’appuie sur une équipe de permanents (équipe technique ours sous la houlette de Frédéric Decaluwe, basée à Saint-Gaudens) et sur un réseau de correspondants répandus sur l’ensemble de la chaine des Pyrénées (le réseau ours brun).
Deux techniciens de l’équipe du suivi nous ont fait partager leur quotidien pendant quelques heures:
Itinéraire à pieds en montagne destiné à observer les indices potentiels (empreintes, crottes), relevés de pièges à poils et d’images tournées par les caméras infrarouges à déclenchements automatiques.
Philippe Labal est agent de l’ONF dans le Castillonnais.
Il a intégré l’équipe du suivi il y a deux ans et y passe 75% de son temps (il est détaché au suivi du 1er mars au 1er décembre). Loïg Le Run est agent de l’ONCFS, il travaille dans la brigade mobile d’intervention et est détaché au suivi pendant 7 mois de l’année.
Tous deux ont en commun, l’amour de la montagne et de la nature.
C’est dans la forêt domaniale de Saint Lary, à 1500m d’altitude que ces deux passionnés nous ont donné rendez-vous.
Les premiers flocons ont tapissé le couvert végétal, une neige qui fondra rapidement en cette période de l’année:
«Les femelles pleines rentrent en hibernation plus tôt que les mâles, indique le technicien de l’ONF.
Mais en période d’hibernation bien que les fonctions physiologiques soient ralenties, l’ours peut quitter sa tanière à certains moments pour profiter d’un rayon de soleil ou de la présence de nourriture»
En ce moment le plantigrade fait des provisions de graisse pour l’hiver.
L’ours est un omnivore opportuniste, il mange ce qu’il trouve facilement: des baies, des glands, des faines, des châtaignes, des cadavres d’animaux… Soit en moyenne 70% de végétaux.
Cette année les émetteurs des ours lâchés en 2006 se sont brutalement arrêtés, les techniciens ne peuvent donc pas compter sur le traditionnel suivi télémétrique qui permettait d’identifier la présence urcine et de réaliser une analyse plus fine du comportement individuel de ces spécimens.
«Tous les quinze jours nous empruntons ce circuit connu comme étant un corridor espagnol car il n’y a pas de frontière administrative pour ces animaux qui peuvent être observés tel jour en Espagne, tel autre en Haute-Garonne ou en Ariège» explique Philippe.
Depuis cet été, quatre oursons de l’année ont été identifiés avec les systèmes vidéo, on aurait même vu à l’époque du rut, Pyros fricoter avec Havla du côté de Melles (31).
«Aujourd’hui nous avons des caméras et des appareils nouvelle génération qui donnent une lecture plus fine des images […]
Couplé à la génétique (prélèvements de crottes et de poils récoltés sur le terrain), nous arrivons à des résultats pointus sur l’état de conservation de la population»
Et lorsque Loïg arrive à coupler un système vidéo à un appât à térébenthine qui dégage une odeur très forte de résine, il y a des chances que l’ours s’arrête, se frotte énergiquement à l’arbre et que la scène soit immortalisée par des images.
Ainsi ces images prises dans la nuit du 24 octobre dernier où une ourse et ses deux oursons ont emprunté le même sentier que les agents du suivi.
C’est pour eux la consécration car ils pourront également prélever les nombreux poils laissés par l’animal.
Ils seront envoyés au laboratoire de génétique des populations d’altitude (CNRS de Grenoble) et permettront ainsi d’identifier la génétique de l’individu.
«Seule la récolte de matériel génétique (poils, crottes) permettra de déterminer le sexe des oursons de cette nouvelle portée et l’identité de la mère»
Tous ces éléments, génétique, analyse des empreintes, photographies, vidéos, localisation de présence vérifiée participent à réaliser des bilans complets de la population urcine sur le massif Pyrénéen.
En 2009, l’effectif était compris entre 15 et 20 individus.
A croire que le chiffre risque d’être revu à la hausse au regard des naissances de part et d’autre des Pyrénées.
Pour en savoir plus:
En France, la chasse à l’Ours brun est interdite depuis 1962.
L’espèce est protégée par arrêté ministériel du 17 avril 1981.
Sont notamment interdits la destruction, la naturalisation, le transport, le commerce.
Au niveau communautaire, l’Ours brun est protégé par la Convention de Berne (relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe) et par la Directive Habitat 92/43/CEE relative à la conservation des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages, au titre de laquelle l’Ours brun (qui figure dans les annexes II et IV) est défini comme une espèce prioritaire d’intérêt communautaire.
Toutes les populations d’ours à l’exception de celles de l’ex URSS relèvent de l’annexe II (espèces potentiellement menacées) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Sources: Projet européen Life
Site internet dédié à l’ours brun
- Ariège: on peut désormais déposer une pré-plainte via Internet
- Education au goût et aux saveurs: l'azinat s'invite dans les collèges ariégeois
- Les Ariégeoises Laury et Marianne en route pour le 4L Trophy
- Callisto, Soulane et Pépite: le nom des trois oursons nés dans les Pyrénées en 2011
- Cité du goût et des saveurs: les ateliers cuisine font recette
- Lycée François Camel de Saint-Girons: révolution de palais avec le Brespail
- Couserans: et un trophée de plus pour Echo-Santé
- Saint-Girons: venez déguster le nouveau sandwich ariégeois «Le Brespail»
- La terre tremble et c'est au collège de Lavelanet que l'on observe toutes ces courbes
- Xploria, le nouveau parc à explorer le temps au Mas d'Azil
- «Tous Ensemble» à Prat-Bonrepaux: 4 millions de téléspectateurs sur TF1
- Météo: profitez-en, la neige et l'hiver reviennent en Ariège!

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





