Couleur et volume des meules, régularité des perlures, envergure et régularité des pointes…
Ils étaient une poignée de chasseurs de chevreuils samedi à Lézat à comparer leurs trophées sous l’œil averti de deux «cotateurs» agrées par la très sérieuse association française de mensuration des trophées.
Les deux spécialistes se basent sur des références pointées sur le guide national des trophées de grand gibier.
«Nous ne sommes pas ici pour donner une valeur vénale au trophée ou pour délivrer un diplôme au chasseur mais pour lui attribuer un nombre de points permettant d’évaluer la qualité du territoire sur lequel il a été prélevé», explique Claude Sans, ancien taxidermiste, membre de l’association nationale des chasseurs de grand gibier (ANCGG).
«Il y a de grande disparité sur les populations de chevreuil, l’état général de l’animal influe sur le développement de son trophée.
En montagne, il perd ses bois en novembre, ils repoussent en hiver, en pleine période de disette, on retrouve les carences de nourriture sur le trophée que l’on peut lire à livre ouvert»
Les trophées côtés provenaient de chevreuils tirés à l’approche lors de la dernière saison de chasse: «on rentre dans le catalogue national à partir de 105 points jusqu’à 240.
Nous ne sommes pas là pour attribuer une médaille aux chasseurs mais pour leur permettre de se faire plaisir en évaluant la qualité de leur trophée» précise Francis Péres, cotateur officiel depuis 1990 en Midi-Pyrénnes, venu pour l’occasion du Gers.
«Tous les départements sont bien placés dans la mesure où les biotopes se prêtent bien au chevreuil»
Il est vrai qu’au cours des dix dernières années le grand gibier a connu un développement sans précédent due notamment à la mise en place de plans de chasse en relation avec le suivi des population et une meilleure connaissance des milieux.
Cette évolution est surtout marquée pour le grand gibier de montagne (chamois, mouflons, isards) et chez les cervidés: il y a trois ans un cerf abattu en Ariège a été côté 3ème national (27 points)
«C’est étonnant sachant qu’il s’agissait d’un individu provenant de Chambord, un biotope qui n’est pas réputé pour avoir de si beaux spécimens… preuve que le département de l’Ariège est davantage favorable»
Pour autant l’appréciation des trophées ne doit pas être considérée comme une incitation à prélever systématique des plus beaux animaux pour établir des records: «la chasse, l’approche c’est une déontologie particulière, on n’est pas là pour tirer sur tout ce qui bouge!
Nous participons à une gestion rationnelle du grand gibier et cette gestion repose tant sur les connaissance du biotope que sur celles du comportement des espèces sauvages.
L’objectif étant de maintenir l’équilibre du milieu» indique un chasseur présent lors de cette séance un peu particulière.
C’est un trophée prélevé sur l’ACCA de La Trape qui aura décroché la meilleure note de la journée avec 140,18 points (le plaçant à la 378ème place du catalogue national).
«En Allemagne, en Autriche ou en Suisse, la cotation des trophées a une valeur marchande, ici ils sont seulement inscrits au catalogue national
Au fil des années on est capable de dire s’il y a amélioration des souches et des animaux» ajoute Michel Talieu promoteur du tourisme cynégétique sur l’ACCA de Dun qui vient de monter avec son ami Claude Sans, l’association Phoebus Ariège (la 4e de Midi-Pyrénées après le Lot, le Gers et la Haute-Garonne)
«Nous cherchons des ACCA qui voudraient bien y adhérer.
La condition pour ces associations de chasse c’est de laisser une part de leur contribution à des chasseurs venus de l’extérieur… nous avons aujourd’hui plus de demandes que d’offres !»
Rendez-vous l’an prochain pour les prochaines cotations.
Renseignements: http://www.ancgg.org
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