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Ariège: le budget du Conseil général en discussion malgré des compensations de l'Etat encore inconnues
07/01/2013 | 18:38
© MidiNews 2013

Il y a un mois, Henri Nayrou, chargé de la commission des finances au Conseil général, parlait de budget contraint.

Durant deux journées, les conseillers généraux vont examiner ce budget primitif 2013 en séance plénière, et devront effectuer un vote.

«C’est un exercice aussi difficile que les années précédentes puisque le déficit est toujours là. Ce que je demande, c’est que l’Etat compense un peu mieux les transferts de charges que nous subissons» souligne Augustin Bonrepaux.

Il assure travailler avec les deux députés ariégeois en ce sens. Plusieurs démarches ont été entamées et le président du Conseil général se rendra à Paris jeudi pour en discuter.

«Par exemple, l’aménagement de l’E9 est indispensable. On ne peut pas supporter une déviation au trois-quarts engagée et un chantier arrêté. Il faut une meilleure répartition entre départements pour qu’on tienne compte de la situation particulière de l’Ariège qui suite à une succession de réforme est devenu le département le plus défavorisé de France» affirme Augustin Bonrepaux.

Le budget s’équilibre à 258 millions d’euros avec 75 millions d’euros d’investissement et 123 millions d’impôt. Les recettes évoluent moins vite que les dépenses avec 0,98% d’évolution en 2012 contre 2,27% de hausse pour les dépenses.

«Le Conseil général n’a pas de levier d’inversion de tendance, l’effet de la réforme de 2010 sur la taxe professionnelle a eu un impact néfaste pour notre budget» souligne Henri Nayrou.

La taxe sur le foncier bâti représente 36 millions d’euros de recette. Les dépenses du personnel sont annoncées comme contenues, et ce sont bien toujours les dépenses en matière de solidarité qui pèsent lourdement sur le département.

En 2011, le budget RSA a dû être revu à la hausse passant de 21 à 24 millions d’euros.

En 2012, suite à la maigre compensation de l’Etat, le déficit pour le RSA s’élève à 6 millions d’euros pour le Conseil général soit l’équivalent de 20% de la somme récoltée par les impôts fonciers.

1,9 millions de déficit pour la compensation handicap et la même somme pour l’APA. C’est donc dans un certain flou artistique que les conseillers généraux voteront ce budget primitif sans connaître précisément les compensations de l’Etat.

Une opposition conciliante

«Nous ne voterons pas ce budget car si nous avions à le faire, nous le ferions différemment mais ce sera une abstention positive parce que j’estime que les intérêts majeurs des Ariégeois sont quand même pris en compte» appuie Louis Marette, conseiller général d’opposition.

«Ce qui est sûr, c’est que ceux qui attendaient le changement pour les collectivités locales doivent être déçus de n’importe quel bord politique qu’ils soient.

On nous avait dit que ça irait beaucoup mieux, mais les dotations sont toujours bloquées et demain elles seront diminuées. Donc je ne vois pas trop où est le changement
» s’épanche l’élu.

Globalement, il trouve le budget satisfaisant car priorité est donnée aux investissements.

Concernant les compensations de l’Etat, l’homme s’avoue toujours inquiet. «Cela m’inquiète aujourd’hui comme cela m’inquiétait avec le précédent gouvernement, on nous les promet toujours mais elles sont longues à venir»

Louis Marette pense enfin que quelques économies substantielles auraient pu être réalisées notamment concernant le personnel et l’aide aux associations.

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auteur: Anne-Sophie Fontanet | publié le: 07/01/2013 | 18:38 | Lu: 11595 fois