Textile: 15 emplois menacés au sein de l'entreprise Nestor à Lavelanet
22/02/2012 | 21:58
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Encore un coup dur pour le pays d’Olmes, et une des dernières entreprises de textile à Lavelanet.

Un projet de licenciement pour motif économique touche l’entreprise Nestor à Lavelanet (spécialisée dans l’habillement, notamment dans la laine).

15 salariés sont concernés, dont 8 ouvriers et 7 agents de maîtrise.

Des postes d’ «employé planning», de «coloriste», de «contremaitre en teinture pièce», de «responsable apprêts sec», de «responsable expédition»... La liste en longue.

Sur les 38 salariés, il n’en restera plus que 23. La notification des licenciements devrait être faite dans deux jours, le 24 février. Sachant que depuis le 16 janvier, la société a été placée sous surveillance de trésorerie.

«Jusqu’à ce mercredi, les personnes intéressées par le départ volontaire pouvaient se faire connaitre» précise Moise Fuentes (délégué syndical FO).

L’entreprise Nestor (ex «Chargeurs», «Roudières» et «Avelana») a été crée suite à un projet de reprise en mars 2010.

A l’époque, elle reprend une partie des activités d’Avelana, alors en liquidation judicaire: 38 emplois sont ainsi sauvés.

Mais l’accalmie n’est que de courte durée. Deux ans que se remémore Moise Fuentes, «suite à la reprise, on a eu un contrat de charge qui nous a permis de bien travailler. La seconde année, il a été inférieur de 40% et on a commencé à avoir quelques difficultés. Cette année, il nous est souvent arrivé de ne travailler que 2 ou 3 jours par semaine»

Un secteur en crise, des commandes en baisse, la concurrence de pays étrangers qui produisent à bas coût: au fil des plans sociaux, les raisons évoquées restent les mêmes.

Pourtant l’âge d’or a bel et bien existé. Dans les années 70 et 80, l’entreprise Roudière est un des poids lourds du bassin industriel à Lavelanet et sa mono-industrie.

Une spécialisation qui fera son essor, et aujourd’hui son déclin. Le textile qui comptait en gros 6000 salariés n’en compte plus que 1000.

De quoi laisse un goût amer à tous. Même si avec cette annonce de 15 nouveaux licenciements, «les gens ne réagissent pas, car ils s’y attendaient. La réaction est timide» admet Alain Fournes (pour la CGT).

Pour celui qui a suivi l’entreprise depuis les années 1990, «depuis l’époque où a été créée Avelana, tous les ans il y a eu des plans de licenciements autour de nous. Et depuis 2005, c’est le 3ème»

Aujourd’hui, il dénonce les procédés utilisés, «pour pouvoir licencier, il y a eu diverses actions de reprises. Concrètement, ils coupent des entreprises en morceaux, pour en pas avoir à payer de plans sociaux»

Dans l’entreprise, les plus «jeunes» ont minimum 12 ans de «boite» Pour les autres, c’est 20 ou 30 ans passés au sein de l’entreprise. «C’est très dur car on voit dégraisser ce collectif de travail d’années en années et là ça devient une peau de chagrin» confie Alain Fournes.

La suite ? Les salariés ont du mal à l’envisager avec les 23 qui resteront.

«Malgré les économies que l’on va pouvoir faire, il va quand même falloir qu’il y ait des volumes qui rentrent. On sait que le secteur du textile est condamné et on ne voit rien venir» résume Moise Fuentes.
 «Nous pensons que ce n’est pas 15 mais les 38 qui partiront à terme» conclut Alain Fournes.

Aujourd’hui, les industriels s’accordent pour dire que le seul salut du textile réside dans l’innovation, et dans le positionnement sur des marchés de niche.

Ainsi se résume la stratégie de l’entreprise Nestor, qui va tenter avec ce nouveau plan de redresser la barre.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 22/02/2012 | 21:58 | Lu: 10430 fois