Création d'une monnaie locale en Ariège: les choses se précisent
Après l’organisation d’un café citoyen et de réunions d’information sur la création d’une monnaie locale en Ariège, une formation vient d’être organisée ce vendredi à la maison des associations de Pamiers.
Plusieurs personnes intéressées par la démarche y ont participé.
Pour la troisième fois, Andrea Caro (chargée de mission au sol violette par la municipalité de Toulouse) est venue apporter ses lumières en Ariège. Car à Toulouse, une expérience de monnaie complémentaire (le sol violette) fonctionne bien.
Pour rappel: une monnaie complémentaire circule en parallèle à l’euro (elle est même garantie, car convertible en euro).
Et ce dans un réseau d’acheteurs et de vendeurs qui respectent un certain nombre de valeurs éthiques, sociales et respectueuses de l’environnement.
Tout cela est géré démocratiquement: les acheteurs, vendeurs, financiers et institutions gèrent la monnaie collectivement.
Se nourrir, s’abriter, se soigner, se fournir en énergie, se déplacer, préserver l’environnement, ou encore communiquer: une monnaie locale en Ariège pourrait servir à tout cela.
Selon Andrea Caro, «l’idée est de relocaliser l’économie, de faire le pari d’une économie réelle.
Actuellement, 97% des échanges se font dans une démarche d’économie financière, et seulement 3% dans l’économie réelle»
En clair: les citoyens se réapproprient ce qui est à la base du fonctionnement de l’économie: la monnaie.
Pour Matias Pascot (un des moteurs de la démarche au niveau local), «c’est aussi une réponse à une situation de crise au niveau international et planétaire»
Mais la formation a aussi permis avant de s’attaquer au vif du sujet, de comprendre le système dans lequel nous vivons.
Pour Bernard Brunet (président de l’association «Penser la ville»), «ça peut permettre à tous les citoyens de comprendre comment fonctionne la monnaie, et donc de se réapproprier l’économie»
En Ariège, les défenseurs de ce projet ont bien l’intention d’impulser une dynamique collective, pour un projet qui de toute façon, n’a de sens qu’à plusieurs.
«On peut pas faire une monnaie tout seul, ça sert à être un outil d’échange» explique la chargée de mission toulousaine, «c’est pour ça qu’il faut le faire avec un nombre important d’acteurs et que ça semble compliqué»
«Car la question est de faire circuler cette monnaie entre un maximum de personnes» enchaine Bernard Brunet, «on voit qu’à Toulouse, ils sont 1 600 !
Il faudra qu’on soit encore plus mobilisé, pour faire fonctionner un tel réseau au niveau de l’Ariège»
Il y aurait déjà près de 5 000 monnaies complémentaires dans le monde.
Et peut-être que de nouveaux billets circuleront bientôt dans les portes monnaies des ariégeois, à côté des euros.
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