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TER: ça déraille entre les élus de la région Midi-Pyrénées et la SNCF

© midinews (archives) - Durluby

Le président de la Région Martin Malvy avait déjà tapé du poing sur la table tout récemment. Cette fois il coupe les cordons de la bourse.

En janvier dernier déjà, le président avait en effet manifesté un certain agacement, le mot vaut son pesant d’euros, sur le fait «qu’en Midi-Pyrénées la Région comble un déficit qui s’élève à la somme astronomique de 400 000 euros par jour»

Estimant alors avoir démontré qu’il «était un défenseur du rail», le responsable de l’exécutif régional soulignait toutefois «nous ne pourrons pas aller plus loin», s’interrogeant par ailleurs sur «de meilleures conditions de gestion du système ferroviaire et d’une meilleure utilisation des financements considérables apportés par la Région»

Là cette fois la coupe semble pleine, les services de la région informant que Martin Malvy a écrit ce lundi 10 février au directeur régional de la SNCF, Bruno de Monvallier, pour l’informer de la suspension de tout paiement de la Région, ni plus ni moins. Une «décision qualifiée d’exceptionnelle» qui s’appuie sur le constat «d’une dégradation du service» La goutte d’eau qui a justifié cette décision étant plus particulièrement «les retards et suppressions de trains chroniques observées sur le quart Nord-Est du réseau régional»

La livraison des travaux du Plan rail sur le quart Nord-Est avait permis la reprise de l’exploitation du réseau à partir du 15 décembre dernier. Martin Malvy rappelle dans son courrier que ces travaux ont coûté 515 M€ pour le seul quart Nord-Est, dont 291 financés par la Région:

«L’exaspération exprimée par les usagers est à la mesure des désagréments qu’ils ont subis et acceptés lors des périodes de fermeture de lignes – trois années pour l’exécution des travaux – et leur déception, à la hauteur de leurs espérances d’une amélioration significative de leurs déplacements quotidiens à laquelle la SNCF s’était engagée» et qui a justifié «les efforts financiers sans précédents» de la Région pour la rénovation et le développement des infrastructures ferroviaires.

«Cette situation est inacceptable», conclut Martin Malvy dans sa missive. «Je suspends donc à partir d’aujourd’hui tout paiement de la Région à la SNCF dans l’attente d’un retour à une situation normale»Une fronde commune se fait jour pour le railEtonnamment peut-être, les premiers à réagir sont les élus de l’Opposition régionale regroupés sous «Osons Midi-Pyrénées», qui par la voie de leur service presse tendent à approuver l’initiative du président de région et vont même plus loin réclamant «un service de qualité sur l’ensemble du réseau»

Prenant acte de la décision du Président du Conseil régional de suspendre tous paiements de la Région à la SNCF en raison de la dégradation du service rendu sur les lignes du Quart Nord Est du réseau régional (Toulouse-Castres-Mazamet, Toulouse-Albi-Rodez ou Capdenac, via Saint-Sulpice), l’Opposition régionale, se dit «sensible aux plaintes des collectifs d’usagers et entend à son tour dénoncer les retards fréquents, les suppressions répétées de trains et les grèves irresponsables» qui touchent quotidiennement le réseau des TER.

Pour le groupe Osons Midi-Pyrénées «le réseau du Quart Nord Est n’est d’ailleurs pas le seul touché» Les élus de l’opposition régionale pointe aussi du doigt «les lourds désagréments vécus par les usagers des lignes Toulouse-Auch, Toulouse-Latour-de-Carol, mais aussi ceux fréquentant les services routiers» Face à ce qu’elle considère être «une dégradation de la qualité du service rendu par la SNCF observée depuis des années», l’Opposition régionale dit espérer «que la décision enfin prise par le Président du Conseil régional permettra une amélioration rapide et notable des conditions de transport et d’information des usagers sur l’ensemble du réseau régional»

L’opposition régionale déclare enfin «qu’elle veillera à ce qu’aucun paiement ne soit versé tant que le service ne sera pas rendu de façon satisfaisante. Elle attend de la SNCF, prestataire de service en situation de monopole, une réponse suivie d’effet»

Une situation qui risque donc de se prolonger face à une partie de bras de fer «à trois» qui démarre juste. De son côté, la SNCF a fait savoir par voie de communiqué «qu’elle prenait acte de la décision du Conseil Régional» et s’engageait à présenter «dès la fin de semaine à l’Autorité organisatrice des TER son plan d’actions destiné notamment à améliorer rapidement la qualité de service ferroviaire attendue sur l’ensemble des lignes du Quart Nord-Est»

Et, tandis que l’ouverture dès 2019 à la concurrence prônée par l’union européenne, approche à grand pas, reste à savoir quand l’usager pourra, lui, sortir gagnant de ce bras de fer et ce, pour l’ensemble du réseau.

Sylvain Sastre | 12/02/2014 - 18:49 | Lu: 15971 fois