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L'association Vent contre Nature remobilise les troupes contre le projet éolien industriel du canton de Varilhes

© midinews 2014

Depuis de long mois un grand silence s’est installé sur les projets d’éolien industriel en Ariège.

Contre toute vérité, d’aucuns disent même que l’éolien n’est plus à la mode et les projets définitivement aux oubliettes. Pourtant sur la commune de Troye d’Ariège, après une consultation citoyenne en faveur du projet, un permis de construire a été déposé et le dossier de Gudas / Malléon est entre les mains de la Dréal à Foix (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) qui l’instruit pour le compte du préfet.

Une enquête publique devrait être ouverte après les élections municipales, fin mars. Sur une durée d’un mois, l’enquêteur mandaté enregistrera la position des habitants de la zone concernée par les éoliennes (une trentaine de communes dans un périmètre de 6 km autour des deux sites seraient concernées). Au terme de cette concertation il y aura la décision d’accorder ou non le permis de construire.L’éolien industriel un sujet qui fâcheDe fait à l’heure actuelle toutes les informations sur ces projets sont distillées avec parcimonie (les élections municipales y sont probablement pour quelque chose).

Cependant on peut retrouver les grandes lignes du schéma régional éolien sur le site du Conseil régional Midi-Pyrénées qui a adopté en 2012 le schéma régional climat air énergie (SRCAE) car si jusqu’à cette date il fallait être éligible à une ZDE (zone de développement de l’éolien) aujourd’hui ce n’est plus nécessaire il suffit de faire partie de ce schéma régional.

A ce jour au niveau du département de l’Ariège, 85 communes sont situées dans une zone favorable au développement éolien et une zone, le pays de Mirepoix, est particulièrement ciblée puisque l’objectif minimum est l’implantation de 20 éoliennes à l’horizon 2015 (un objectif plus ambitieux place la barre à 100 éoliennes).

Aussi les deux associations d’opposants «Le cri du vent» à Camon et «Vent contre nature» à Gudas / Malléon n’hésitent pas à unir leur voix.
Pourtant les associations restent vigilantesL’association «Vent contre nature» organise ce vendredi 28 février à 20h30 une réunion publique sur la commune de Dalou en y associant tous les maires du canton (un courrier officiel est parti le 18 février pour les y convier).

«Nous ne voulons pas la discorde de nos campagne, précise l’association dénonçant les affrontements médiatisés entre pro et anti-éoliens. Notre association est apolitique, nos adhérents font passer les conditions de vie et l’intérêt général des populations avant toute autre considération. Nous sommes pour les énergies renouvelables mais pas n’importe où et n’importe quoi»

L’association existe depuis 2009 et n’a de cesse de demander une consultation publique.

Ce projet soutenu par le bureau d’étude Opale concernait au départ trois communes (Calzan, Malléon et Gudas) au final, seulement deux, Malléon et Gudas, recevront un bouquet de 11 éoliennes, des machines de 80 à 110m de haut installées en crête qui pourraient atteindre une hauteur maximale en bout de pale de 150m de haut selon le dossier consultable en ligne.

En 2013 la société porteuse du projet assurait environ 170 000 euros par an de retombées fiscales aux collectivités (Gudas, Malléon et la Communauté de communes du canton de Varilhes) et affirmait qu’un tel projet permettrait d’éviter le rejet de 19 000 tonnes de Co2 dans l’atmosphère par an.

Billevesées pour Alain Pouech de l’association Vent contre Nature qui défend haut et fort que l’éolien n’est pas une alternative au nucléaire. Selon lui «L’éolien fonctionne 25 à 50% du temps, on est obligé d’installer des centrales thermiques qui rejettent 90% de Co2 dans l’atmosphère.

L’Allemagne qui possède le plus grand parc éolien d’Europe est aussi le plus gros producteur de CO2 d’Europe par ses centrales thermiques
» Sans parler des nuisances: visuelles dans le paysage, sonores (des habitations sont situées à moins de 1000m), la dépréciation immobilière des biens qui risquent de perdre de 30 à 50% de leur valeur et la destruction de la nature que va engendrer ce chantier.

Mais pour Alain Pouech et les membres du bureau de l’association c’est la conduite du projet lui-même qui est remise en cause: «Tout s’est fait en catimini, il n’y a pas eu d’information ni de consultation démocratique de la population. Nous demandons depuis 2009 un référendum décisionnel, il n’a jamais été à l’ordre du jour du conseil municipal»Quels paysages pour l’Ariège?C’est la question que se posent les opposants à ce projet qui ne créera pas d’emploi local mais qui dégradera le paysage:

«Toutes les politiques européennes ont réduit le financement des opérateurs éolien, si bien qu’ils commencent à se rabattre sur la France. Ils arrivent dans l’Aveyron où une centaine d’éoliennes sont installées et 400 en projet avec un super générateur - transformateur taillé pour 800 éoliennes.

Une manifestation est prévue à Rodez le 7 mars pour dire non au massacre. Mais ils ont aussi des visées sur le piémont ariégeois. Il ne faut pas baisser la garde c’est pour cette raison que nous organisons cette réunion d’information
»

Réunion d’information le vendredi 28 février à 20h30 à la salle polyvalente de Dalou (09).

L’association Vent contre Nature souhaite aborder plusieurs point:

- les deux projets en cours à Gudas et à Malléon

- des témoignages de personnes vivant au pied des éoliennes (Avignonnet/Lauragais, le Lévezou /Aveyron). Avec la présence de Jean Huillet, Maire de Camon et de Michel Broncard, Vice-président de la Fédération Environnement Durable (Fédération Nationale)

- les dispositifs de subvention, les pratiques des opérateurs, l’échec des politiques des autres pays européens qui tour à tour se détournent de ces solutions énergétiques…

Information: 05 61 60 72 22
Laurence Cabrol | 26/02/2014 - 19:38 | Lu: 21213 fois