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SMDEA: un budget 2014 «le plus prudentiel possible» adopté mercredi soir

© midinews 2014

C'est Jean-Pierre Manau qui accueillait hier soir sur sa commune de Cos les délégués du SMDEA pour la dernière AG avant les élections. À l'ordre du jour la validation des comptes et l'adoption du budget primitif 2014.

Les opposants historiques de haute-Ariège étant absents, c'est à Ramon Bordallo, maire de Loubaut que le rôle à été dévolu: il s'est en effet abstenu de voter sur tout y compris sur le compte de gestion 2013 présenté par le TPG. L'élu a d'entrée demandé à voir le rapport de la cour des comptes concernant le syndicat mixte départemental de l'eau et de l'assainissement (SMDEA).

«Les dernières observations sont passées il y a trois semaines, nous n'avons pas encore de retour définitif mais dès que nous aurons les documents définitifs nous ne manquerons pas de les envoyer à tous les délégués» a indiqué Augustin Bonrepaux qui présidait cette séance.

Concernant le budget du SPANC (assainissement non collectif) M. Bordallo a regretté que Véolia s'occupe des travaux, une perche tendue au vice-président Massat: «On avait 20 000 assainissements non collectif à réaliser en très peu de temps et pas les moyens en personnel pour les réaliser. Tout comme nous n'avons pas les moyens en personnel de faire tous les réseaux, les stations d'épuration, nous faisons appel à des entreprises privées.

Il en est de même pour le SDCEA dont je m'occupe. Nous avons 15 M€ d'investissements par an mais les employés sont à l'entretien du réseau et pas aux travaux
»Le SMDEA redresse peu à peu la barrePatrick Rescanières a ensuite illustré les résultats de l'exercice 2013 par différents graphiques et tableaux présentant l'évolution financière du syndicat, des lignes de trésorerie et des principales actions proposées en 2013 dont voici les grandes lignes résumées par le directeur, Jean Louis Bousquet:

«On assiste à une inflexion progressive des dépenses, une progression des recettes et la renégociation de la dette permet d'augmenter la capacité d'autofinancement sur du long terme pour doper cette structure et faire face aux investissements»

Avant l'adoption du budget primitif celui-ci en a rappelé les orientations. Il convient pour 2014 de conforter les recettes du SMDEA (vente d'eau) et cela en agissant sur trois leviers:

1 - La politique tarifaire: nécessité d'appliquer une nouvelle évolution des tarifs qui reste somme toute modérée (le département de l'Ariège figure comme le département où le prix de l'eau est le moins élevé, voir le dernier rapport de la confédération générale du bâtiment commenté dans la presse). L'eau sera donc augmentée de 3% et l'assainissement de 4% en 2014.

2 - Faire payer l'ensemble des bénéficiaires des services: des actions de contrôle menées sur le terrain ont été engagées et laissent espérer de bons résultats.

3 - L'émission plus régulière des rôles de facturation permettra de rattraper le retard, d'améliorer significativement la trésorerie du syndicat et de passer à la mensualisation des abonnés.

Concernant la maîtrise des dépenses de fonctionnement M. Bousquet a indiqué que le contexte était particulièrement difficile eu égard le coût des matières premières «les marges de manœuvre sont réduites car les nouvelles infrastructures génèrent des coûts de fonctionnement supplémentaires» (les nouvelles usines de traitement fonctionnent avec de l'électricité).
Un budget 2014 raisonnablement prudentielLes principaux éléments à retenir de ce budget: les recettes réelles (calculées avec les augmentations de 3% pour l’eau et 4% pour l’assainissement) représentent 26,69M€ et les dépenses réelles 22,43M€.

Deux grands postes s’en dégagent:

- Les charges courantes avec un budget primitif de 7,99M€ (augmentation de 6% par rapport au BP 2013) avec en particulier l'intégration du syndicat du Soudour et une participation accrue du SMDEA au fonctionnement de l’Association Syndicale Libre de la Haute Vallée du Touyre du fait de la crise industrielle sur le Pays d’Olmes (plus de 500 000€). Le directeur a précisé qu'«il s'agissait de dépenses nouvelles mais de faits exceptionnels»

- Les charges en personnel: «Nous essayons d'être économes, nous venons de recruter 10 contrats d'avenir subventionnés à 85% et il est nécessaire aujourd'hui de recruter un cadre de santé sécurité»

Les prévisions d'épargne brute représentent 4,26M€ avec une prévision prudentielle de capacité d'autofinancement de 1,04M€ et un montant d'investissement de 14M€ financé par un emprunt de 2,8M€ et des subventions à hauteur de 4,9M€.

Augustin Bonrepaux a pris la parole pour revenir sur ce budget dont un des gros investissements concerne la station d'épuration du Pays d'Olmes:

«Il nous manque encore 250 000 euros mais je ne désespère pas de résoudre ce problème. Des communes nous doivent encore de l'argent, nous allons nous évertuer à faire rentrer les recettes qui nous sont dues. Au niveau du fonctionnement, les charges augmentent du fait de l'augmentation de l'électricité, des frais d'analyse et d'entretien mais c'est à vous à faire passer l'information auprès de vos administrés.

La dette s'élève à 48M€ d'euros, je ne reviens pas dessus, les communes, les départements qui veulent investir doivent emprunter, on rembourse aujourd'hui 3,2M€ de dette en capital et on emprunte 2,8M€. Le syndicat ne va pas arrêter ses investissements car des entreprises ont besoin de travailler. Si besoin se fait sentir on peut même investir un million d’euros supplémentaire, on a les marges de manœuvre suffisantes
»

La question du maire de Loubaut a nécessité une explication pédagogique du président Bonrepaux:

«En comptabilité publique on ne peux pas emprunter pour rembourser l'emprunt public, nous remboursons l'emprunt avec des recette de fonctionnement et on emprunte pour faire des investissements»

Concernant ses craintes sur la présence de plomb dans les canalisations publiques, René Massat a rappelé que la législation obligeait désormais à faire des branchements hors plomb: «mais la plupart des communes qui nous ont transféré le réseau n'en connaissent pas l'état et l'on ne peut pas demander à nos employers d'aller vérifier sur les 4200 km de réseau s'il y a du plomb»

S'agissant de la dernière réunion du syndicat départemental avant les prochaines élections, le renouvellement du Conseil d'administration était également à l'ordre du jour.

«Il devra se faire dans les plus brefs délais suite à ces élections poursuit Jean-Louis Bousquet afin de pouvoir envisager une première assemblée avec un CA renouvelé fin juin, début juillet»

13/03/2014 - 19:14 | Lu: 19612 fois