Saint-lizier: plus de 300 anesthésistes-réanimateurs attendus pour le 50ème congrès REAGSO 2015

Dr Michel Pichan et l'équipe organisatrice du CHAC
© midinews 2015

À partir de ce soir on attend à Saint-Lizier pas moins de 300 congressistes, des médecins anesthésistes- réanimateurs originaires du grand sud-ouest, de Bordeaux à Montpellier et au-delà venus assister au 50ème congrès de leur association.
Le REAGSO, un vrai défi d’organisation pour le Couserans
Après Lourdes, Perpignan, Albi ou Bayonne, c’est un véritable challenge pour la cité licéroise d’accueillir un tel évènement: «Sur le week-end, on remplit 200 nuitées, on assure plus de 800 repas, ce sont des retombées économiques sur tout le territoire.

On est même obligé de refuser du monde du fait des limites de nos capacités d’accueil
», indique Michel Pichan, président de l’association REAGSO (traduisez Réunion d’Enseignement des Anesthésistes-Réanimateurs du Grand Sud-Ouest) qui prépare ce congrès depuis le mois de décembre.

«Tous les acteurs du Pays Couserans, acteurs politiques, acteurs économiques, ont manifesté un enthousiasme et une implication remarquable pour contribuer à la réussite de notre congrès.

Le centre hospitalier, l’équipe organisatrice locale, ont fait preuve d’une grande motivation pour s’engager dans cette entreprise collective. Je tiens à remercier Henri Nayrou, président du conseil départemental qui nous a permis de relever ce défi
».

Parmi les invités, le Professeur Louis Lareng, fondateur de ce congrès en 1964, considéré comme le père du SAMU, il a largement participé au déploiement de la télémédecine sur le territoire.
Un programme qui rentre également dans le cadre de la formation continue de ces professionnels
Ce matin Le Dr Pichan, actuel président de l’association mettait en place avec son équipe, celle du Centre Hospitalier Ariège Couserans (CHAC) les dernières touches aux préparatifs dans un palais des évêques privatisé à cette occasion et transformé en salles de conférences.

En coulisse on monte des chapiteaux, des éclairages, des sonos, car si le côté festif avec diner de gala et feu d’artifice est prévu pour célébrer dignement le 50ème anniversaire de l’association, le programme n’en demeure pas moins studieux.

En effet pendant deux jours des professionnels de haut niveau animeront des ateliers: il sera notamment question de gestion des risques en terme de sécurité, de chirurgie ambulatoire ou d’hypnose.

«Le REAGSO est un des seuls congrès nationaux labellisés, précise le Dr Jean-Paul Guérin, secrétaire de l’association. Nous sommes amenés à réaliser en partenariat avec l’équipe locale qui nous accueille un programme scientifique constituant le dossier de demande de labellisation auprès du collège français des anesthésistes-réanimateurs (SFAR).

Ce programme scientifique passe devant un jury qui décide de le labelliser ou pas, en fonction des formations qui correspondent à des objectifs pédagogiques bien définis. Car une partie des conférences dispensées dans le cadre de ce congrès fait partie du parcours obligatoire de la formation des médecins (prescrites par l’OGDPC ou organisme gestionnaire du développement professionnel continu).

Cette année sur 250 inscrits, plus d’une soixantaine de personnes suivent ce dispositif règlementé (DPC ou développement professionnel continu) à travers cet enseignement délocalisé.

Enfin il faut noter que le REAGSO est le plus ancien congrès d’anesthésistes de France et la vitalité de notre association n’est pas étrangère à ce succès. Ici tout le monde se parle que l’on soit congressiste professionnel, représentant de laboratoire… et tout le monde est traité sur un pied d’égalité.
»
Démographie médicale préoccupante pour anesthésistes-réanimateurs
Parmi les sujets abordés pendant le week-end: l’hypnose, une technique complémentaire à l’anesthésie, la chirurgie ambulatoire, la sécurité ou la démographie médicale.

«La France est en retard par rapport aux autres pays européens ou d’Amérique du Nord en matière de chirurgie ambulatoire, précise le Dr Pichan.

Nous ne réalisons que 45% des opérations alors qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre, 8 interventions sur 10 sont faites en ambulatoire, 7/10 en Suède ou au Danemark. En France on n’en compte que 4,5/10. L’objectif du ministre de la santé c’est d’arriver à 50% en 2016.

Paradoxalement le CHAC est en avance, nous dépassons déjà les 52% et notre objectif pour 2016 est d’atteindre les 60%.
»

Autre satisfécit concernant l’anesthésie-réanimation, c’est qu’il s’agit d’une spécialité pionnière en matière de sécurité des soins. En effet depuis une dizaine d’années, les consultations sont obligatoires au moins 48h avant l’intervention.

Par contre Michel Pichan est préoccupé par la démographie médicale dans les années à venir: toute la classe d’âge issue du baby-boom de l’après-guerre va partie à la retraite.

«Le Numerus Clausus a limité le nombre d’étudiants en 1ère année de médecine, d’abord à 3 750 puis sous la pression des pouvoirs publics à 8 000.

Mais pour former un anesthésistes-réanimateurs il faut 15 ans, nous allons avoir 5 à 10 ans difficile à passer, car s’il n’y a pas d’anesthésistes, les hôpitaux ne pourront plus fonctionner (c’est une spécialité structurante), il faudra envisager des regroupements de structures hospitalières ou des équipes de médecins volants… il faut d’ores et déjà anticiper.
»

Laurence Cabrol | 02/10/2015 - 18:52 | Lu: 4664 fois