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Les «Petits Pouces», la seule crèche inter-entreprise du département de l'Ariège
06/12/2012 | 19:46
© MidiNews 2012
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Annie, maman du petit Clément, dépose son bébé de 15 mois tous les jours à 7h15 à la crèche des «Petits Pouces» et le récupère aux alentours de 16h.

Elle a choisi l’accueil collectif pour sociabiliser son petit garçon avant l’école maternelle.

Nombreux sont les parents qui comme Annie ont des horaires particuliers, travaillent le samedi ou n’ont pas la possibilité de poser trois semaines de congés.

Anne Fonteny a eu l’idée après la naissance de ses deux filles de créer une structure adaptée aux rythmes des enfants et aux horaires des parents en impliquant l’entreprise (entreprises privées, collectivités, administrations, associations).

La crèche inter-entreprise les «Petits Pouces» sera officiellement inaugurée dans quelques jours mais depuis la fin du mois d’août, seize bébés ont déjà fait leur rentrée dans cette structure d’accueil de la petite enfance d’un genre inédit -sachant qu’elle dispose d’un agrément pour 40 enfants et des indispensables agréments de la Caisse d’allocations familiales (Caf) et de la Protection maternelle infantile (PMI)-.

«Nous tricotons ensemble quelque chose qui convienne aux parents et aux enfants, en respectant le rythme des tout petits que nous accueillons ici à partir de 3 mois jusqu’à 3 ans» indique Nelly, responsable de l’équipe de cinq professionnelles engagées dès l’ouverture de la crèche.

Quelques entreprises de Basse Ariège ont déjà franchi le pas et réservé des places dans cette structure atypique mais le chemin est encore long: «il faut se battre contre les préjugés ce n’est pas parce que c’est une structure privée que l’on paie plus cher que dans du public !» poursuit Anne, persuadée de la qualité et de la complémentarité de cette offre de garde qui s’adapte à la flexibilité du temps de travail des parents.

La part qui revient en principe à la municipalité est assurée ici par l’entreprise partenaire qui bénéficie de crédit d’impôt et d’un abattement de 33%.

Au final, après les avantages fiscaux et les déductions d’impôts, on estime à 2 centimes par heure et par enfant, la somme engagée par l’entreprise.

Quant aux parents, pas de sur-tarification, ils payent exactement le même tarif journée que dans une crèche publique en fonction de leurs revenus (le prix est calculé sur leur quotient familial).

«Nous avons joué le jeu en terme de qualité d’accueil car les parents nous confient ce qu’ils ont de plus cher, leurs enfants» poursuit Anne qui considère proposer une solution «gagnant-gagnant» aux entreprises: «c’est une manière de lutter contre l’absentéisme, le stress des parents au travail, c’est un atout pour le recrutement et fidéliser ses employés»

Des avantages perçus par Eddy Gobatto, responsable de l’entreprise Milhorat et Cie à Pamiers.

Il n’a pas hésité à réserver dès l’ouverture quatre places pour ses salariés: «il y a chez nous de jeunes parents et être parent c’est souvent un souci supplémentaire en terme de disponibilité.

Les crèches publiques sont saturées et chercher un mode de garde relève souvent du parcours du combattant.

De plus nous travaillons ici en équipe avec une vaste amplitude horaire. Aussi quand les salariés ont entendu parler de la création de cette structure ils m’ont sollicité pour savoir si notre entreprise pouvait s’inscrire dans cette démarche.

Nous n’avons pas hésité […] les salariés ont un engagement contractuel vis-à-vis de la société et nous avons un devoir humain vis-à-vis d’eux.

C’est une structure qui les aide dans leur quotidien […] en terme de coût, ce n’est pas du tout élevé. Le fait d’avoir un crédit d’impôt sur les sociétés est un avantage non négligeable… c’est vraiment très abordable
»

L’équipe d’Anne Fonteny reste à l’écoute des parents et des entreprises intéressés par ce mode de garde qui reste encore trop peu connu en milieu rural.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/12/2012 | 19:46 | Lu: 8928 fois