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Ustou: un collectif pétitionne devant le projet du SMDEA

© midinews (archives)

«Ce n'est pas vindicatif. On est dans la recherche d'une solution»

A l'origine du collectif récemment créé sur la commune d'Ustou, avec quatre autres résidents, Jean-Louis Bescos revient sur les détails de ce dossier épineux en réaction aux dernières propositions du SMDEA concernant l'assainissement de la commune.

Cette commune de près de 350 âmes s'étale sur 4 hameaux principaux (Le Trein, Ustou, Sérac, St-Lizier d'Ustou), situés en zone de montagne au pied de la station de ski de Guzet, dotée elle d'une station d'épuration opérationnelle.

Un courrier confirmé ensuite lors d'une réunion publique organisée par le SMDEA au mois de mai denier a informé les habitants de cette commune du souhait du SMDEA, le Syndicat Mixte Départemental de l'Eau et de l'Assainissement de l’Ariège, de son intention de procéder à un diagnostic de toutes les installations «au titre de l'assainissement non collectif»

Une obligation faite par la réglementation européenne que d'avoir des installations conformes et aux normes que ne rejette pas le collectif. Son interrogation, voire agacement, repose sur le fait que cette nouvelle étape dans l'assainissement de la commune marque un virage par rapport à une précédente étude, datée de 2002 et inscrite dans le PLU réalisé depuis lors, qui validait le principe d'un assainissement collectif pour l'ensemble de la commune et ses hameaux.
Il faut trouver une solution intelligentePour le collectif, cette décision d'opter pour un système individuel reste «un non sens, la plupart des hameaux ne peuvent se doter d'un système non collectif, faute de place, de rues et de terrains trop petits. C'est carrément impossible. Il faut trouver une solution intelligente qui passe par un assainissement collectif comme prévu initialement»

De plus, selon M.Bescos, «ce service public de collecte des eaux usées existe bel et bien depuis plusieurs générations dans les principaux villages. Il mérite certainement d'être adapté pour répondre aux normes actuelles et doit être complété de systèmes collectifs d'épuration, mais il ne doit pas être ignoré», s'insurge le résident.

D'autant que pour lui comme pour les autres habitants du village, qu'ils soient concernés ou pas la nouvelle étude diligentée par le SMDEA a un coût de 84 euros par habitants.

Aussi, les membres du collectif réclament une «suspension de l'étude diagnostic en cours, qu'il soit tenu compte du PLU existant et de son annexe assainissement et de favoriser la mise en place d'un assainissement collectif des 4 principaux villages de la Commune avec la création d’une station d’épuration»

Réclamant «la plus grande transparence», Jean Louis Bescos en appelle pour sa part à la recherche d'une solution en bonne intelligence et souhaite que tout ceci puisse «se régler autour d'une table»

Pour l'heure les courriers adressés au président du SMDEA et à son directeur début juin sont restés lettre morte. Une pétition qui a recueilli une centaine de signatures circule dans la commune et ses hameaux.

Pour Jean-Louis Bescos, une solution à l'amiable doit pouvoir être trouvée avec le SMDEA, à l'image de ce qui s'est fait par ailleurs sur le territoire ariégeois: «notre cas n'est pas isolé, de nombreuses communes rurales et de montagne peuvent se retrouver dans cette situation et être confrontée à la même problématique»

A la mairie, Alain Servat, se veut pour l'heure plus mesuré. «Qu'un collectif monte au créneau c'est bien, mais pas qu'il se serve de la mairie pour donner crédit à leur argumentation», annonce ce dernier.

De fait le premier magistrat de la commune, qui a également adressé un courrier au SMDEA, sans réponse à ce jour, soutient le collectif dans son souhait de défendre un assainissement collectif à l'échelle des quatre villages, car selon lui «doter les communes de St-Lizier et du Trein d'un système autonome est impossible»

Pour le maire c'est certainement «un coût élevé» qui explique le revirement du SMDEA par rapport à la précédente étude de 2002. Mais il reste optimiste quant à la possibilité de «pouvoir discuter, voire négocier, en bonne intelligence avec le SMDEA»

En revanche, il se démarque des affirmations du collectif, considérant la nouvelle étude de diagnostic comme une étape nécessaire qui a forcément un coût pour les habitants.

Et de conclure, de toute façon, «le syndicat c'est nous!»

Sylvain Sastre | 19/06/2014 - 19:28 | Lu: 7903 fois