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Le grand-père incestueux écope de 24 mois avec sursis
21/03/2012 | 18:59
© MidiNews 2012

C'est un homme d'âge mûr, plutôt «distingué», prothésiste dentaire à la retraite qui s'avance, épaules voutées, à la barre du Tribunal correctionnel de Foix.

Il est là pour «agression sexuelle sur mineur par ascendant»

MJ est le grand père de la petite L.

Cette dernière âgée de 6 ans à l'époque des faits, est en vacances pour trois jours avec son petit frère chez son grand père et la nouvelle femme de celui-ci.

Ce jour de juillet 2010, au bord de la piscine, le grand père agresse sexuellement sa petite fille, la force à des caresses mutuelles, lui demandant de n'en parler jamais à personne.
 
Lors d'un jeu, la petite L se confie à sa grand mère paternelle.

Cette nouvelle provoque le désarroi et la colère de sa maman qui a été victime des mêmes agressions, ceux-ci ayant commencé lorsqu'elle était âgée de 6-7 ans et ayant perduré quelques années, jusqu'à ce qu'elle grandisse.

La jeune femme n'a jamais rien dit, a porté seule ce fardeau durant de nombreuses années.

Aujourd'hui les faits sont frappés par la prescription.

A la barre, sous les questions de la présidente du tribunal, MJ a tenté d'expliquer: «selon mon psy, il s'agit de problèmes relationnels», «des frustrations diverses et variées» ont été avancées pour tenter de se disculper, «je ne me rendais pas compte, cela ne me procurait pas grand chose, car je n'ai pas de fantasmes sur les enfants»

En ce qui concerne sa fille, le père indigne a avoué «ne pas réussir à contenter sexuellement son ex femme et être dans un état second à cette époque»

En ce qui concerne le passage à l'acte sur sa petite fille «je ne peux pas l'expliquer, c'était en jouant.

Cela donne du plaisir aux femmes... je regrette profondément ce que j'ai pu faire, c'est impardonnable, je ne pourrai jamais réparer
»

Le psychiatre mandaté, ne retrouve pas de troubles pédophiles chez MJ, pas de perversion sexuelle.

Ce dernier lui a déclaré avoir été victime de faits similaires alors qu'il était âgé de 13 ans.

Le Dr Lazaro préconise dans son rapport une prise en charge spécialisée avec injonction de soins.

La fille de MJ se présente à son tour à la barre.

«Je suis admirative du courage de ma fille, moi, je n'ai jamais eu ce courage et maintenant je m'en veux terriblement» ; des sanglots secouent la jeune femme qui s'adressant à son père: «a aucun moment ce monsieur n'a dit pardon, il n'a pas écrit, pas téléphoné»

Elle parle de sa fille, de son chagrin d'enfant: «Pourquoi Papy ne me pardonne pas?» l'enfant se sent coupable...

Le père de la petite L parle quant à lui de fiction «à la télé on voit des choses et un jour, la fiction vous rattrape!

Cette affaire a généré un tsunami dans la famille.

Les agresseurs d'enfants ne sont pas loin, on en parle... aujourd'hui, on dit aux gens qu'il faut casser cette chaine
»

Les parents ont décidé de se porter partie civile et demanderont à Isabelle de Combettes de Caumon (présidente) «la réserve des droits pour statuer plus tard sur les dommages et intérêts»

Au ministère public, Claude Cozar parle «d'affaires délicates et de faits d'une extrême gravité»

Le procureur a demandé 4 ans avec mise à l'épreuve.

«Vous avez été jugé pour les faits concernant votre petite fille

Si vous aviez été jugé pour ce que vous avez fait subir à votre fille, vous seriez allé directement en prison
» lui a rappellé la présidente avant de prononcer la sentence.

MJ écope de 24 mois avec sursis et mise à l'épreuve.

Inscription au fichier des délinquants sexuels et obligation de soins.

La prescription (sur les faits commis à l'encontre de sa fille) lui a évité la prison ferme.

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auteur: NR | publié le: 21/03/2012 | 18:59 | Lu: 13809 fois