Tribunal correctionnel de Foix: la dispute de «soûlards» se termine par un coup de cutter

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Joël a été condamné mardi après-midi à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis et mise à l’épreuve sur deux ans. Présenté en comparution immédiate, il devait répondre de violence avec usage d’une arme, en l’occurrence un cutter.

Samedi dernier, Joël, 47 ans, commande une cartouche de cigarettes andorranes à Mohamed une connaissance.

En fin de journée, vers 18h, il se rend dans un bar appaméen et retrouve la victime au bar en train de parler avec la serveuse.

«Il fait le beau» glisse-t-il, avant de lui donner un coup. Une bagarre s’ensuit. À ce stade, les versions divergent. Toutefois, la présidente du tribunal peut s’appuyer sur les images vidéos du bar.

Isabelle de Combettes regrettant par ailleurs que les témoins de la scène n’aient pas alerté la police… mais bon!

Mais revenons à la bagarre. Mohammed casse un verre sur le comptoir et s’en sert comme d’une arme. Il affirme avoir vu Joël armé «d’une sorte de couteau». Ce que nie l’intéressé, parlant d’une grosse cuillère.

Les deux hommes quittent le bar après des échanges physiques. Joël regagne sa voiture et attend son fils quand il aperçoit Mohamed, toujours armé de son bout de verre, qui se cache près de la Poste.

«Il m’attendait», explique le prévenu à la présidente. Alors, «pour ne pas que son fils assiste à une bagarre», il descend de voiture, armé quant à lui d’un cutter trouvé dans sa voiture. Une autre altercation éclate.

Aux alentours de 19h15 les policiers retrouvent Mohammed blessé au visage. Il présente une plaie de 12 cm sur la joue gauche. Il est conduit au CHIVA avant d’être transféré sur Toulouse.

Le lendemain matin, Joël appelle le commissariat et va se livrer après avoir déposé son fils au collège.

En défense Me Baquerro note «le comportement surprenant de la victime. Quand les protagonistes sont séparés, M. s’en va avec à la main le verre brisé. Durant 10mn il attend caché près de la poste – le bar est en face – au lieu de rentrer chez lui, il attend mon client qu’il a dû voir aller chercher sa voiture.

Mon client a eu peur» explique t-elle. «En allant le menacer pour le faire partir, il lui a donné un coup de cutter».

Pour le vice-procureur de la République, le dossier jugé est «une histoire de soûlards». Claude Cozar glissant: «nous avons frôlé le drame, le prévenu a frôlé la carotide».

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public qui réclamait une peine mixte, mais sans mandat de dépôt eut égard au travail du prévenu et au fait qu’il a la garde de son fils.

Joël a donc été condamné à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis et mise à l’épreuve sur deux ans. Il a de plus obligation d’indemniser la victime, interdiction d’entrer en contact avec lui, interdiction de fréquenter un débit de boissons et de porter une arme.

NR | 02/12/2015 - 19:10 | Lu: 8316 fois