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Les foires traditionnelles en Ariège
21/09/2010 | 11:01
Crédit photo: Les Cartophiles Ariegeois

C’est à partir de 1250 que l’on voit apparaître dans les textes anciens des mentions de marchés et de foires reconnues par les comtes de Foix: sont mentionnés des marchés en basse Ariège à Rimont, au Mas-d’Azil, à Lézat, à Saint-Ybars, à Mazères, à Foix, mais aussi à Tarascon, à Vicdessos et Ax.

La présence de ces marchés, dans des villes allant de 1000 à 2000 habitants, témoignait du nouveau dynamisme économique de l’époque, à l’affut de relations commerciales et de nouvelles libertés.

Dans le Vicdessos, l’ouverture des échanges apparaît en 1272 dans une charte du comte de Foix dans laquelle sont mentionnés des échanges à l’intérieur de la vallée et avec le proche bourg de Tarascon.

Puis en 1324, au simple marché s’ajoute la foire à la fête de la Saint-Mathieu du 21 septembre.

Les foires, concédées par les seigneurs et les souverains, favorisaient alors les relations commerciales.

A Ax, les privilèges octroyés par le comte Roger de Foix en 1241, reconnus et augmentés en 1391, accordaient à la ville un temps de foire annuel, placé selon le calendrier liturgique, prévu initialement durant les fêtes de la Vierge du mois d’août et déplacé ensuite au 14 septembre, «jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix de septembre»

En 1391, les consuls ont obtenu une autre foire qui se tenait le 3 mai, jour de «l’Invention de la Sainte-Croix»

Dès la fin du XIVe siècle, il y eut donc deux foires annuelles, à Ax, celle de la Sainte-Croix de mai (le 3 mai) et celle de la Sainte-Croix de septembre (14 septembre).

A ces deux foires, l’une de printemps et une de fin d’été, en accord avec le calendrier pastoral, s’ajoute le marché hebdomadaire du mercredi.

De la même manière se sont mises en place les deux foires annuelles de Tarascon, selon les même cycles: celle d’avant la montée des troupeaux aux estives (le 8 mai), et celle d’automne, à leur retour, le 30 septembre, jour de la Saint-Michel.

Les temps de foires étaient régis par des privilèges qui suspendaient les droits d’entrée, et la liberté de circulation des biens et des personnes quinze jours avant et quinze jours après la date de la foire.

Pendant les trois jours de foire, il était interdit de faire arrêter et saisir des personnes et des marchandises étrangères.

Ces journées étaient consacrées à des rassemblements agro-pastoraux dans lesquels bestiaux et denrées brutes occupaient la première place.

Mais bien d’autres objets étaient également échangés: articles de mercerie, rubanerie, bonneterie, friperie, chaussures, gants, coiffes féminines, vaisselle, etc.

Les villes s’organisaient alors pour recevoir de nombreuses bêtes regroupées en même temps sur un espace assez exigu, en mettant en place des mesures de sécurité et des conditions d’accueil correctes comme l’existence de pâturages abondants.

Le rejet du champ de foire hors des murs fut plutôt une tendance qui se fit à partir de la fin du XVIIIe siècle.

A Tarascon par exemple, au XVIe et XVIIe siècle, il est possible que les animaux aient été parqués sur la place centrale quoiqu’ils aient pu profiter également des terres qui longeaient le chemin de la ville de Tarascon vers le sud, par la rive droite de l’Ariège.

Ces foires traditionnelles ont donc perpétué jusqu’à la fin du XIXe siècle, et quelque peu de nos jours, les traditions d’échanges des troupeaux d’ovins et de bovins, clôturant chacune leurs périodes d’estives.

Encore aujourd’hui, presque dans toute la haute Ariège, la période d’estivage dure à peu près cinq mois, de la mi-mai à la mi-octobre.

Mais une grande partie du bétail redescend avant cette date, tout en tenant compte des aléas climatiques.

Le bétail dit «indigène» descendant un peu plus tard, souvent vers la mi-octobre, et le bétail «étranger» un peu plus tôt.

Les «ramades» des ovins des plaines et des piémonts pyrénéens, presque toujours cantonnés sur les hautes montagnes, redescend en général vers le 15 septembre, lorsque débute l’agnelage.

C’est la fin des contrats passés entres les propriétaires de troupeaux de la plaine et les bergers usagers des estives, contrats hérités du Moyen-Âge.

En Vicdessos à la fin du XIXe siècle, les estives accueillaient près de 40 000 ovins et presque toutes les familles avaient un troupeau et un berger.

De nos jours, les troupeaux sont bien plus faibles et les trois jours de foire traditionnelle se sont réduits en une seule journée.

Mais on peut encore avoir le loisir d’écouter les échanges et les tractations des propriétaires de bovins avec les maquignons portant leur traditionnelle biaude, grande blouse noire ou bleue les rendant facilement reconnaissables.

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auteur: CJM | publié le: 21/09/2010 | 11:01 | Lu: 25630 fois