Elle a travaillé pour les têtes de Jean Dujardin, Pénélope Cruz, Gérard Depardieu, John Malkovich, Isabelle Adjani, Arielle Dombasle ou Faye Dunaway.
On lui doit les coiffures d’Adèle Blanc-Sec, le fameux chapeau de Lucky Luke, mais également les créations dans les films de Besson (Jeanne d’Arc, Arthur et les Minimoys), d’Alain Chabat (RRRrrr), de Gérard Kracwycz (l’Auberge Rouge) ou de Brian de Palma (Femme fatale).
Elle est passée dans l’univers glamour de la haute couture (Givenchy) ou celui du Music Hall (Holiday on Ice, L’ange Bleu de Jérôme Savary) sans oublier l’Opéra, le Théâtre ou ses collections personnelles…
Grégoria Recio, après plus de vingt ans de carrière à Genève, Paris, New York, vient d’installer son atelier rue des Pénitents à Foix.
C’est un virage à 180 degrés pour cette professionnelle reconnue dans le milieu artistique international qui a fait le choix de s’installer en Ariège pour «des raisons personnelles de goût de vie provinciale»
Elle avoue que son travail pour les réalisateurs, chorégraphes, metteurs en scène et créateurs de costumes lui a apporté le plaisir de résoudre de nombreux défis techniques:
Rendre une coiffe de music hall légère, le turban d’une cantatrice imperceptible, le chapeau d’un comédien confortable, tout cela en respectant les contraintes imposées par le metteur en scène, le costumier et les artistes.
«Les défis du spectacle m’ont beaucoup fait avancer dans la mode.
J’ai commencé par le théâtre et l’opéra baroque, un milieu très hermétique mais j’étais passionnée par ce monde-là.
Puis ce fut l’opéra de Genève, le cinéma et le music hall avec une ambiance et des techniques différentes qui ont enrichi mes techniques de travail, m’obligeant à aller plus loin et me dépasser.
Ce sont des défis qui correspondent à ma personnalité»
Grégoria a fait son apprentissage à Lausanne en Suisse, une formation sur trois ans et après avoir décroché son diplôme (Certificat Fédéral de Capacité), elle démarre son atelier à Genève et ses créations sont immédiatement marquées par sa passion de la technique et de l’innovation.
Que ce soit dans le détournement des matériaux caractéristiques à son métier ou l’introduction de matériaux qui ne sont pas d’usage: fibre de bananier et coton, crochet main et tulle… un savoir-faire qui a évolué depuis l’époque de Rose Bertin, la modiste de Marie Antoinette.
Aujourd’hui Grégoria travaille sur un modèle de sa nouvelle collection à base de fourrure teinte, pochoirs et rivets métalliques.
«Depuis toujours, je suis sensible au volume, à la sculpture plutôt qu’aux choses à plat […] en fait je suis un sculpteur non assumé.
Pour moi il faut que ce soit fonctionnel. J’aime relancer les tendances comme la dentelle posée à la main, travailler la technique plus que l’esthétique.
Je ne dessine jamais mes modèles, c’est en prenant la matière en main que j’ai envie d’inventer quelque chose […]
Le métier de modiste, c’est un des métiers du chapeau, on réalise de manière artisanale des pièces (tout ce qui se porte sur la tête) les techniques sont illimitées mais cela donne une grande liberté, c’est ce qui me passionne dans ce métier»
Cependant depuis quelques années, Grégoria assiste à un véritable bouleversement dans ce métier et tire la sonnette d’alarme car le drame qui se joue en coulisse aura de tragiques répercussions pour l’avenir des métiers artisanaux liés au spectacle.
Elle s’en explique: «le spectacle aujourd’hui a ouvert sa porte au business, il doit être productif et en France c’est difficile.
Il y a moins de moyens, moins de subventions alors que les projets sont là […] on se tourne vers des pays où la main d’œuvre est meilleur marché, aussi les ateliers de costumes, décors, chapeaux ne peuvent plus travailler correctement (il n’y a plus de volume de travail suffisant).
C’est un drame car c’est un savoir-faire qui s’éteint progressivement et de manière irrémédiable.
Notre pays est en train de s’appauvrir, pas seulement financièrement mais au niveau culturel»
Mais cette crise du spectacle a du bon puisque elle permet à notre modiste de reprendre ses créations personnelles et de préparer une nouvelle collection.
«Je ne tiens pas à quitter ce métier, j’ai encore des choses à dire.
Depuis deux ans, le monde du spectacle ne me donne plus suffisamment de travail j’ai donc relancé la diffusion internationale et je prépare un salon professionnel qui aura lieu à Paris dans quelques mois (le Salon Première Classe) ainsi qu’un site internet.
Le travail commercial est énorme mais la recherche en atelier est très motivante […] c’est un défi supplémentaire que je me lance !»
En attendant pendant la période des fêtes de fin d’année, Grégoria ouvre sa boutique fuxéenne pour faire découvrir ses créations: «c’est un espace que je voudrais garder public, bien que la contrainte de la boutique ne se marient guère à la recherche en atelier»
Et pour ceux qui n’ont pas encore trouvé d’idées cadeaux originales, on y trouve aussi bijoux, mitaines et le véritable béret de berger aux larges bords, à des prix tout à fait abordables.
Atelier de modiste
3 bis rue des Pénitents 09000 Foix
05 61 64 13 54
www.gregoria-recio-modiste.com
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