ariege > le saviez-vous > musée
Espace Aristide Bergès, la mémoire industrielle du Couserans
06/01/2011 | 20:50
© MidiNews 2011

Fils du fabriquant de papier Pierre Bergès, né le 4 septembre 1833 à Lorp en Ariège, Aristide brillant élève de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures dont il sort second de sa promotion, dépose plus d’une vingtaine de brevets dans tous les domaines de l’industrie et des arts.

On lui doit notamment en 1854 une pilonneuse à vapeur qui sert à réaliser le premier revêtement en asphalte autour de l’Arc de triomphe et en 1864, il invente le défibreur hydraulique capable de produire une grande quantité de pâte à papier homogène…

Une véritable révolution dans la fabrication de la pâte à papier mécanique (il s’agit d’un défibreur à vérins hydrauliques avec un système musical qui avertit l’ouvrier quand il n’y a plus de bois).

Sa carrière le conduit dans les Alpes (à Lancey dans le massif de la Belldonne) dont le relief et les importantes chutes d’eau lui inspirent dès 1869, la création d’une centrale électrique équipée d'une turbine mue par l'eau d'une chute de 500 mètres (il utilise les chutes d’eau des montagnes pour transformer l’énergie mécanique de l’eau qui circule dans des conduites forcées en énergie électrique).

L’invention est définitivement lancée lors de l’Exposition Universelle de 1889, où Aristide Bergès décrit ainsi sa trouvaille:

«Les glaciers des montagnes peuvent, étant exploités en force motrice, être des richesses aussi précieuses que la houille des profondeurs.

Lorsqu'on regarde la source des milliers de chevaux ainsi obtenus et leur puissant service, les glaciers ne sont plus des glaciers.

C'est la mine de la houille blanche, à laquelle on puise, et combien préférable à l'autre
»

Cette découverte sera déterminante pour l’avenir de l’hydroélectricité dans le monde entier… et dans le département de l’Ariège pourvu de nombreux barrages hydroélectriques.

Mais cet esprit progressiste considère que le progrès technique doit servir au progrès social, aussi Aristide Bergès fait installer l’électricité dans les maisons du hameau de Lancey et pousse la municipalité de Grenoble à une expérience d’éclairage public.

Il meurt en Isère le 28 février 1904, un an après avoir reçu l'hommage du Congrès pour l'avancement des Sciences.

Aujourd’hui, après la longue agonie des papeteries de Lorp, la disparition des papeteries Matussière et Forest (Lédar), il ne subsiste plus que les papeteries de la Moulasse à Saint Girons…

La fin d’une époque pour cette industrie qui a fait l’âge d’or du Couserans au XIXe siècle.

En 1996, Pierre Troc, François Ribat et une poignée de passionnés, la plupart des anciens de la papeterie, portent le 24 juin 1996 sur les fonds baptismaux l’association Aristide Bergès dont l'objectif est ainsi exprimé:

«Développer une activité culturelle permettant d'élargir l'information au public et d'acquérir les connaissances sur l'histoire de l'industrie papetière, base fondamentale de l'économie du Couserans, avec son prolongement naturel aux métiers des arts graphiques et de la communication»

Depuis cette date, la maison natale et l'usine attenante, soit 1400m², hébergent «L'Observatoire du Papier des Arts graphiques et de la Communication»

Le bâtiment de ce musée du Papier et de l'Imprimerie est inscrit aux Monuments Historiques et les machines protégées.

Cela n’a pas empêché en 2010 une série d’actes de vandalisme et de vols qui ont conduit l’association à sécuriser ce lieu culturel majeur du Couserans.

C’est avec François Ribat, qui a travaillé pendant 35 ans sur ce lieu historique que nous nous sommes plongés dans l’histoire de l’industrie papetière du Couserans.

Il fait désormais revivre cette mémoire ouvrière car la particularité de ce site c’est d’avoir une ligne de production contemporaine du papier qui permet de comprendre toutes les étapes de la fabrication, de la réalisation de la pâte à partir de la cellulose du bois, à la pièce finie.

De plus, le musée regroupe grâce aux contributions de nombreux partenaires privés un certain nombre de machines, d’objets et de documents liés à l’imprimerie et aux arts graphiques: les presses type Gutemberg ou à barreau, le bélinographe, ancêtre de la télécopie, le laboratoire à papier ou l’atelier de l’imprimerie de l’hôpital Marchand à Toulouse, etc…

Une formidable opportunité pour les visiteurs de découvrir l’histoire industrielle du Couserans et au-delà l’univers des arts graphiques.

Espace Aristide Bergès
Observatoire du Papier, des Arts Graphiques et de la Communication
091190 Lorp-Sentaraille
Tél: 05 61 66 13 97
http://www.aab.asso.fr

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/01/2011 | 20:50 | Lu: 13200 fois