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Guy Miquel, photographe depuis trois générations
28/02/2011 | 20:31
© MidiNews 2011

Cette année la famille fêtera ses 90 ans dans la photo…

L’histoire remonte à l’arrière grand-père qui à l’après-guerre vend déjà des photos à Sète puis à Bédarieux.

Dans les années 50, Jean Miquel s’installe à Lavelanet (d’abord sur l’Esplanade de la Concorde puis rue des Marchands) et c’est naturellement que son fils Guy tombe dans la photo: «j’ai appris avec mes parents, j’ai fait des stages chez Kodak et en Espagne pour le portrait»

Depuis toutes ces années, il a vu évoluer ce métier, un métier qui selon lui n’est pas assez protégé et peu reconnu: «quiconque achète un appareil peut s’improviser photographe !»

Pour ce passionné de la prise de vue mais aussi du travail de l’image, le virage du numérique n’a pas posé de réel problème: «certains de mes confrères photographes traditionnels ont arrêté, moi je me suis mis à l’informatique, non par obligation mais par goût»

Ce passage de l’argentique au numérique a occasionné la fermeture des laboratoires professionnels qui n’avaient plus leur raison d’être.

«Au début, j’ai un peu tâtonné, je n’avais pas la même qualité que le 6x7 […] peu à peu j’ai pris le meilleur du numérique»

Aujourd’hui, si le portrait ne représente plus qu’un pour cent de son travail, c’est la retouche de photos sur ordinateur qui représente la part la plus importante de son activité: montages, travail d’infographie, restauration de photos anciennes… et la photo numérique avec borne interactive a trouvé sa place dans sa nouvelle boutique de la rue Jean Jaurès.

«A l’heure du smartphone et du numérique les gens veulent tout, tout de suite.

Ces bornes permettent de  sélectionner les photos et de les développer […] nous proposons un service client que les grandes surfaces n’ont pas les moyens d’assurer
»

Et pour la petite histoire, c’est grâce aux femmes que notre photographe a retrouvé une clientèle qu’il avait perdue avec le numérique.

«En effet, elles préfèrent regarder les photos papier sur album que les photos numériques sur ordinateur»

Guy Miquel par goût aime la prise de vue, il parle avec une certaine aisance des maîtres que sont pour lui Lindberg ou Depardon: «chaque modèle a sa personnalité, c’est au photographe de savoir la mettre en valeur»

Et c’est à travers les albums qu’il réalise lors des mariages ou des portraits qui illustrent les murs de son studio que l’on se rend compte de son réel talent.

Quant aux photos d’identités pour les passeports biométriques qui doivent répondre à des caractéristiques précises tant au niveau de la qualité que du format, notre artisan s’est battu avec les autres photographes professionnels contre l’installation des photomatons dans les mairies:

«On a récupéré ce marché mais c’est du mauvais travail que l’on nous impose-là! Les gens sont obligés de faire la tête, de rentrer dans un moule, cela va à l’encontre de notre éthique de photographe mais il faut l’accepter sinon les photos sont refusées en préfecture»

Depuis peu Guy vit son rêve, celui de réaliser des photos de mode… car ce n’est pas à Lavelanet que l’on à tous les jours une telle opportunité.

Le hasard de la vie lui a fait rencontrer Nathalie Ample, 4e Dauphine Miss France 2010.

Elle lui a proposé de faire son book professionnel. Il n’a pas hésité un seul instant.

Aussi dimanche, cette belle brune a passé la matinée en studio avant de se rendre au château de Bélesta où elle a posé dans les tenues prêtées par la Boutique «La Mode d’Ophélie» de Lavelanet, pour un cocktail glam-rock et vieilles pierres.

Car autour de ce projet de création, il s’agit peut être d’un projet de carrière pour Nathalie bien décidée à partir pour New York tenter sa chance auprès des agences de mannequinat.

Guy est arrivé à fédérer autour de lui une équipe de bénévoles, des professionnelles qui ont activement participé à la mise en beauté de cette Miss: Jessica Abadie du Salon l’Air du Temps à Laroque d’Olmes et Laure Campedel, étudiante en BTS esthétique.

A cela, il ne faut pas oublier Delphine de la boutique La Mode d’Ophélie pour les vêtements et Jean-Charles Mignot qui a largement ouvert les portes du château médiéval qu’il restaure depuis quatre ans.

«Si nous contribuons à aider Nathalie nous en sommes ravis […] et si à notre échelle nous contribuons au succès de son projet nous en serons flattés» ajoute avec beaucoup de modestie notre photographe.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 28/02/2011 | 20:31 | Lu: 14802 fois