Plus d’1,5 hectares de toits en ardoise posés entre 10 ans...
Audrey Duraud, chargée de mission pour le Parc Naturel Régional (PNR) a fait les comptes.
Les ardoises ou les lauzes traditionnelles reprennent peu à peu leur place sur les toits. Et ce n’est pas le fruit du hasard.
Aujourd’hui, c’est le PNR qui anime un fonds de subvention, dans le but de financer le surcoût généré par la pose d’ardoises et de lauzes traditionnelles (pour des bâtiments en rénovation mais aussi pour le neuf).
Ce fonds est financé par les communautés de communes, les communes, le Conseil général, et le Conseil Régional.
Et l’opération concerne aujourd’hui les communes et Communautés de communes du PNR ayant décidé de co-financer le fonds: Communautés de communes du Castillonnais, du canton d’Oust et d’Auzat et du Vicdessos ainsi que les communes de Moulis, Saurat, Soulan, Quié, Génat, Lapège, Miglos et Siguer.
«Au départ, c’est le pays Couserans qui l’a mis en place, aidé par le CAUE de l’Ariège, la DDT, les services du territoire de l’architecture et du patrimoine et la chambre des métiers» explique Audrey Duraud, «quand le parc a été créé, il a récupéré l’instruction des ses dossiers»
Exemple très concret à Engomer où Guillaume Meurisse a choisi de rénover la bâtisse familiale (victime d’un incendie) dans les règles de l’art, «cette maison a une histoire, ça a été un ancien relais de diligence, puis le télégraphe, puis la gare de tramway. J’ai voulu qu’elle continue à vivre comme elle était avant»
Les 7000 euros qu’il a obtenus pour son toit lui ont permis de mener à bien la rénovation de la toiture, en récupérant une partie des ardoises, extraites de la carrière d’Arrout, «une ardoise fabuleuse et très résistante»
Les «anciens raisonnaient de façon logique» explique Audrey Duraud, dans cette vallée reconnue pour ses excellents bâtisseurs.
Les ardoises venaient de la carrière toute proche, le bois (des charpentes) de la forêt. Idem pour la pierre et les galets dans les murs.
Un bon sens qu’a eu envie de retrouver Guillaume Meurisse, «j’ai préféré travailler avec des petits artisans d’ici, pour qu’il y ait une retombée locale. Pour faire de la bâtisse un projet humain en même temps»
Alors quel est ce savoir-faire qui est à protéger? «les ardoises sont clouées et non pas crochetées» précise Audrey Duraud «et il y a un travail de taille qui est très important»
Fruit d’un travail bien particulier, la pose à pureau dégressif met en œuvre des ardoises non calibrées, taillées en arrondis ou en rectangles de diverses tailles, ce qui permet de limiter les pertes.
De même, différents petits ouvrages de ventilation ou d’éclairage sont associés à ce type de toiture, et découlent d’un savoir-faire bien particulier.
Pour l’ardoise, le montant de la subvention est 50 euros du m², plus une subvention particulière sur toutes les ouvertures traditionnelles (capucines, lucarnes, houteaux).
Une subvention (de 85 euros par m²) est aussi attribuée aux rénovations de toits en lauze, «une ardoise plus épaisse qui n’est pas posée au clou, mais en tas-de-charge que l’on trouve vers Massat, Boussenac, le Port et Auzat» selon Audrey Duraud.
Plus cher de rénover son toit en ardoise traditionnelle? C’est certain. Mais «il faut avoir en tête que ça crée une plus-value pour la maison» insiste la chargée de mission.
Ces toits ont aussi une durée de vie bien supérieure selon Guillaume Meurisse, «il faut penser au long terme, et à ce que l’on va laisser par la suite: c’est une question de transmission»
Quant aux ardoises, il faut pour l’instant aller les chercher dans le Tarn, les Hautes-Pyrénées ou l’Espagne.
Mais pourquoi faire revivre des ardoisières plus proches? A Saint-Lary ou à Arrout en Ariège par exemple.
Pour en savoir plus, RDV sur le site du PNR: www.parc-pyrenees-ariegeoises.fr.
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