Administration territoriale: dans le sillage d'Augustin Bonrepaux, l'opposition ariégeoise dénonce «une réforme scandaleuse»

© midinews (archives)
Si les élus du Parti Socialiste peinent à afficher leur soutien au projet de réforme de l’organisation territoriale dessinée entre l’Elysée et Matignon (lire notre article du 10/06/14), les représentants ariégeois des partis dits de «l’opposition» n’opposent pas une ligne unanime face à la majorité.
Seuls points communs aux trois «chefs de parti», la dénonciation d’une réforme «scandaleuse» et la reconnaissance de la mobilisation du Président du Conseil général de l’Ariège contre le projet de réforme. Etonnant, non?
Philippe Calléja, président départemental de l’UMP: «On se moque des Français!»«Je suis d’accord avec Augustin Bonrepaux, mais je trouve que sa réaction n’est pas assez violente. Cette réforme est une réformette!
Hollande fait du bricolage. On arrange les copains, Aubry, Le Drian, Royal, Rousset… A la sortie, on ne présente pas vraiment de grands bassins régionaux cohérents. En ce qui nous concerne, nous aurions dû prévoir une grande région Aquitaine-Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon… Finalement, on nous marie avec le Languedoc en ne touchant pas l’Aquitaine… Ridicule!
Quant aux conseils généraux qui étaient condamnés, maintenant ils ne disparaissent plus avant 2020. Mais qu’en sera-t-il dans six ans? En plus, tout cela est décidé sans aucune concertation, c’est affligeant. On se moque des Français.
Oui, comme Augustin Bonrepaux, je dis que c’est la mort de la ruralité. Il n’y a qu’à voir les efforts demandés aux collectivités locales, c’est la ruralité qui les paye, pas l’urbanité. François Hollande est le fossoyeur de la ruralité»
Claude Doussiet, secrétaire départemental de l’UDI: «François Hollande se prend pour Napoléon, mais sans hauteur»«En ce qui nous concerne, on a toujours dit que nous avions besoin de cette réforme mais à condition qu’elle ait du sens. Ce n’est pas le cas avec la réforme de François Hollande... Ce Président de la République se prend pour Napoléon, mais sans hauteur. Sa réforme, ce n’est qu’un exercice de découpage!
On ne peut pas dissocier la question régionale de la question départementale, cela doit être raisonné dans le même temps. Et si on fait moins de Régions, quel intérêt de supprimer les départements en 2020? Il faudra bien quelqu’un pour s’occuper de la proximité. Pour les Départements, il faut réformer l’élection des conseillers mais pas supprimer la collectivité.
Là, Bonrepaux a raison. Mais il a tort quand il dit que c’est la fin de la ruralité. Comment peut-il dire ça? On ne sait même pas ce que nous fait le gouvernement. On nous dit, on va supprimer mais on ne nous dit pas qui va faire ce que fait aujourd’hui le Conseil général. Qui réalisera tout ce que fait aujourd’hui le Conseil général?
Moi, je verrais bien le maintien d’une entité départementale pour la mise en œuvre de missions à l’échelle du territoire, certainement pas la région qui sera trop éloignée du territoire»
Arno Coustié, cosecrétaire départemental du Parti de Gauche: «C’est une escroquerie intellectuelle»«Au Parti de Gauche, on n’est pas toujours d’accord avec Augustin Bonrepaux mais pour une fois nous partageons une grande partie de son avis, et de la façon dont il l’a fait. Oui, le manque de concertation est scandaleux mais là, en plus, François Hollande prend une décision très dangereuse en éloignant un peu plus la démocratie de proximité. Il revient sur les principes même de la décentralisation qui ont démontré toute leur pertinence.
En plus, François Hollande donne des explications financières pour engager cette réforme. Mais il est certain que cette réforme va coûter beaucoup d’argent à court terme et je doute fortement des 10 milliards d’économie annoncés. De nombreuses voix commencent d’ailleurs à le dire aussi.
Tout cela est ni fait ni à faire, et repose sur une escroquerie intellectuelle. De très sérieux économistes reconnaissent aujourd’hui que la dette est principalement due aux intérêts de la dette contractée par les Etats auprès d’organismes financiers, et on nous fait avaler que les collectivités dépensent trop d’argent. Elles sont à l’équilibre, elles»
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