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Délinquance en Pays-d'Olmes: Marc Sanchez plaide «pour que tous s'emparent du sujet»

Marc Sanchez dans son bureau à la Mairie de Lavelanet en octobre 2014
© midinews (archives)

Alors que les faits divers s’abattent sur le Pays d’Olmes comme un nuage de sauterelles, population et élus se battent au quotidien pour changer l’image de leur ville.

«Non, Lavelanet et le Pays d’Olmes ne sont pas Chicago» rétorque Marc Sanchez, et «oui, on se bât contre jeunes délinquants, souvent mineurs, et bandes organisées. Et oui, des solutions existent. À nous de les promouvoir».
Des actions ont été initiées, d’autres sont à poursuivre
Nous n’allons pas revenir sur les divers actes de délinquances, vandalismes ou faits plus graves qui se sont développés en Pays d’Olmes ces dernières années, mais nous attacher aux propositions exprimées avec force par le maire de Lavelanet.

En premier lieu, ce dernier (comme la gendarmerie) en appelle au civisme de tous. Cela peut passer par l’opération « voisins vigilants » initiée voici plusieurs mois à Lavelanet.

Ce concept est, pour rappel, une communauté de voisins qui «surveillent» leur quartier, en accord avec la municipalité, la police ou la gendarmerie. En collaboration avec ces derniers, les voisins surveillent les alentours. Ils peuvent noter des faits inhabituels, mais aussi vider la boîte des voisins en vacances et informer les forces de l’ordre en cas de fait inhabituel ou suspect.

Le but est d’empêcher les cambriolages, les incivismes. Mais voilà, encore très peu, « trop peu » d’habitants osent franchir le pas, peut-être par crainte d’être taxés de délateurs. «Nous avons besoin de l’appui de tous», glisse le 1er édile de Lavelanet, tout comme le Lt Zamora commandant la brigade de Lavelanet-Pays d’Olmes, indiquant «par contre on avance bien avec Saint-Jean-d’Aigues-Vives».
Les moyens mis en œuvre par l’état ou la mairie
Durant 6 mois, le Pays d’Olmes a bénéficié d’une mesure d’exception, un groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) mis en place en avril 2014 par le procureur de la République.

«Des mesures n’ayant pas été suffisantes vis-à-vis de l’augmentation de la délinquance» glisse Marc Sanchez qui a été reçu par le sous-préfet le 8 janvier 2015.

Lors de cet entretien, le maire de Lavelanet a fait «part de son inquiétude et demandé des mesures exceptionnelles pour endiguer ce qu’il considère comme de la provocation à l’autorité». Le maire a également plaidé pour augmenter les effectifs en gendarmerie, arguant: «on ne doit pas oublier qu’on est en zone rurale de montagne, ce n’est pas possible de continuer avec l’effectif actuel».

Lors de la rentrée judiciaire (lundi dernier), Olivier Caracotch a lui aussi parlé du GLTD et a indiqué «qu’il avait apporté quelques résultats devant être consolidés. Il nous incombe de répondre à chaque acte de délinquance.

La justice prendra sa part. Nous devons nous tourner vers eux en 2015 pour sanctionner, mais aussi partager nos valeurs républicaines
». Fermeté dans les réquisitions pour les délinquants récidivistes, mais aussi prévention et recours accru aux mesures alternatives «pour des faits à la gravité relative et avec des prévenus sans passé judiciaire».
Pour que les maires parlent d’une même et seule voix, pour l’unité territoriale
Car en Pays d’Olmes, beaucoup de faits délictueux (en dehors des affaires concernant des bandes venant de l’extérieur où pourraient être impliqués des veilleurs locaux) sont commis par des jeunes gens, dont nombre de mineurs nés sur le territoire.

«Ces gamins sont livrés à eux même», déplore Marc Sanchez. Tentant d’analyser les carences, le maire de Lavelanet, glisse: «un désœuvrement complet semble les habiter. Pourtant, nous avons mis en place des moyens considérables (avec le secteur enfance jeunesse, ses 35 animateurs, les équipements municipaux, la notion de laïcité, les décrochages scolaires... NRDL), pour tenter de les toucher.

Certains sont récupérables, d’autres sont tombés dans la délinquance
».

Un travail sur la parentalité pourrait être initié. Lors de la réunion qu’il avait organisée le 12 janvier dernier avec les maires du territoire, Marc Sanchez a remis sur le tapis le CISPD (conseil local ou intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance) dont il est toujours président.

À la suite de cette réunion, des décisions ont été prises en ce sens afin de rencontrer les services de l’État. Une motion a été adressée à la préfecture. Les parlementaires ont été saisis.
Police municipale et vidéoprotection
Dans l’objectif de « renforcer la lutte contre la délinquance et l’incivisme », le poste de police municipale a déménagé fin décembre dans l’octroi du centre-ville.

L’installation sera terminée pour le 16 février et le poste sera ouvert 6 jours sur 7 précise le maire. «On est sur de la proximité, proche de la population, des commerçants».

De la même façon, les effectifs vont être augmentés. Aujourd’hui Lavelanet compte 1 policier, 3 ASVP.

Au 15 février prochain, 2 policiers et 4 ASVP assureront ces missions. Un coût pour la municipalité entre 80 à 100.000 € (entre personnels et matériels).

Autre sujet, outre les réunions publiques sur l’opération «voisins vigilants» d’ores et déjà annoncées afin de lutter de concert contre incivilités et atteintes aux biens et personnes, la vidéoprotection.

Une réunion est programmée le 23 février au marché couvert. Le référendum devrait avoir lieu début avril. Un référendum, comme «un acte citoyen», souligne Marc Sanchez. «La population doit s’exprimer». Une «volonté démocratique» à laquelle ne dérogera pas l’élu.  

Marc Sanchez plaide pour que tous, population, élus, services d’État s’emparent du sujet et mettent un arrêt à cette délinquance en Pays d’Olmes.

NR | 23/01/2015 - 19:26 | Lu: 34374 fois