La voie verte du Pays cathare fait peau neuve
Depuis plusieurs jours, une niveleuse décape la voie verte reliant Lavelanet à Mirepoix.
Des camions-bennes de concassés (des cailloux calcaires provenant de la carrière de Raissac) sont répandus pour assainir le sol avant de recevoir une couche de 5 cm de sable pulvérisé compacté.
La végétation à présent disciplinée (bûcheronnage sélectif) permet de restaurer talus et fossés et dans quelque temps les ouvrages d’art (ponts, tunnels et garde-corps) ainsi que les croisements seront traités.
Un chantier dont le cout global est de 1 130 000 € pour les 23 km ariégeois de tracé (au total 37 km sont concernés, le reste étant pris en charge par le département de l’Aude) et dont la durée va s’étaler jusqu’à la fin du mois de juin. Les habitués (qu’ils soient à pieds, à cheval ou à vélo) doivent donc s’armer de patience jusqu’à l’été.
Ce jeudi c’est à Laroque d’Olmes que le Conseil général organisait une visite de chantier en présence des élus et des entreprises locales concernés.
Contexte
En 2002, le Conseil général transfère l’ancienne voie ferrée reliant Lavelanet à Bram (dont l’activité s’est arrêtée en 1973) par bail emphytéotique de 30 ans aux deux communautés de communes du Pays d’Olmes et du Pays de mirepoix afin d’en assurer l’aménagement, l’entretien et la police. Henri Nayrou, président du Conseil général a rappelé le rôle de Jeannette Ettori dans ce projet: «vous avez été les pionniers à l’époque !».
Mais au fil des années cet équipement se dégrade (revêtement du sol, traitement des croisements, effondrements et gestion hydraulique…) et ne correspond plus aux attentes et à l’accueil d’activités sportives (ou plus contemplatives).
Les deux territoires sollicitent une intégration de l’axe au plan départemental de randonnée (PDR) pour que le département assure la maitrise d’ouvrage de cette mise à niveau.
Un premier programme de travaux a donc débuté fin 2014 sous la direction de Barthélémy Dumons du cabinet lavelanetien «Architecture & Paysage» dont la maitrise d’œuvre a été confiée.
Les Voies vertes, des traits d’union à l’échelle du grand Sud-Ouest
Le département de l’Ariège avec un maillage de 2 800 km de sentiers inscrits au PDR offre un réseau dense de promenade, randonnées, boucle VTT, chemins équestres donnant accès aux sites de pêche, d’escalade ou des éléments remarquables du patrimoine naturel ou vernaculaire.
En 2008, le Conseil général s’est engagé de manière volontaire dans la politique voie verte en mettant en œuvre une étude de faisabilité de l’axe Foix/St Girons.
Henri Nayrou a rappelé qu’une opportunité avait été saisie en 2008 avec l’arrivée de la fibre de l’Internet et le déploiement du réseau haut débit. «Une opportunité à laquelle Francis Dejean, le DGS du Conseil général, ancien maire de Cadarcet, n’est pas étrangère !»
Depuis ces travaux et l’inauguration au printemps 2013 de ce tronçon de 42 km reliant Foix à St Girons (pour un montant de 4 M€), les retours sont plus que positifs (les comptages installés ont révélé une fréquentation de 15 à 20 000 vélos par an) et confortent les élus du département dans ces options, symbolisant le «verdissement» du tourisme ariégeois.
De plus l’expérience a permis de mettre en place un référentiel technique en matière de gestion et de réglementation en définissant un code de bonnes pratiques, tant pour les randonneurs que pour les agriculteurs ou les riverains. Référentiel qui sera appliqué pour l’axe du pays cathare.
Au final ces deux voies vertes constituent dorénavant deux tronçons de la V81 identifiée de Bayonne à Perpignan et inscrite aux schémas européen et national des Véloroutes et voies vertes.
Comme l’a indiqué le président Nayrou, c’est une nouvelle perspective de connexion du territoire d’est en ouest: «nous avons l’ambition de faire Lacave-St Martory-Mirepoix.
Nous sommes ici sur la boucle Lavelanet-Mirepoix-Bram que nous allons réaliser avec nos partenaires audois qui insuffleront ensuite le trajet Limoux-Perpignan où l’on retrouvera la D81 vers les Pyrénées».
Pour autant la basse Ariège ne sera pas oubliée puisqu’il est prévu un tronçon Foix-Pamiers-Mirepoix. «Ces axes sont des éléments structurants, ils représentent l’épine dorsale d’une économie touristique qui devrait rapidement s’y greffer».
Patrick Laffont, maire de Laroque d’Olmes a déjà reçu des demandes d’installation pour de la petite restauration sur la partie qui traverse sa commune.
La voie verte, un axe de développement touristique qui génère de l’emploi
Le département de l’Ariège va s’insérer à travers cette réalisation dans le plan national de réalisation des voies vertes, mais le président du Conseil général a d’autres ambitions pour le territoire: «cet équipement structurant permet de répondre à la 5e priorité du CG09, le mieux vivre ensemble et le développement du lien social.
Il suffit de se promener le WE sur la voie verte pour s’en rendre compte. De plus cette réalisation permet aux entreprises locales d’avoir du travail pendant 7 mois, une trentaine de salariés vont travailler sur ce tronçon».
Parmi elles la Colas Sud-Ouest, une entreprise de BTP de Varilhes qui a déjà l’expérience de la précédente voie verte.
«C’est un chantier atypique, car les ouvrages sont propres aux réalisations qui se faisaient au XIXe siècle en matière ferroviaire avec des fossés enterrés et des codes bien particuliers en matière d’ouvrage d’art» précise Christophe Degeilh, conducteur de travaux, responsable du chantier VRD et revêtements des sols.
Un chantier en relation étroite avec les communes qui le traversent, car les élus locaux sont autant de médiateurs ou d’ambassadeurs auprès des populations locales, riverains, agriculteurs et autres propriétaires fonciers. «Les riverains se sont déjà appropriés ce chantier, ils savent que c’est pour embellir leur voie verte ; ils ont hâte de découvrir ces nouveaux aménagements».
| La voie verte en Pyrénées Cathares en quelques chiffres 1 130 000 € pour le coût global de la mise à niveau des 28 km ariégeois du tracé. 7 mois: la durée estimée du chantier 3: les phases du chantier 2015 De janvier à février: démontage des barrières, restauration des fossés et conformément des talus, bûcheronnage sélectif. De février à mai: arasement, assainissement et conformation des sols, reprise des ouvrages (pont, tunnels, murs) rehausse des garde-corps et peinture des ouvrages métalliques, implantation de clôtures bois et de barrières à chaque intersection, construction d’une passerelle à la Bastide sur l’Hers et plantation de végétation. De juin à juillet: implantation de la signalétique de sécurité, pose de bande de roulement aux intersections. |
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