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Mazères: deux trésors monétaires du VIe siècle livrent leurs secrets

Les campagnes de fouilles programmées réalisées entre 2003 et 2007 au lieu-dit Bénazet ont permis la mise au jour d’un cimetière complet du Haut Moyen Âge.

Parmi l’abondant matériel recueilli dans les 350 sépultures fouillées, brillamment exposé au musée de Mazères, se trouvent deux petits trésors monétaires, dont un tout à fait exceptionnel. La trouvaille se compose de quelques minuscules piécettes d’argent, pesant chacune moins d’un dixième de gramme, qui se révèlent presque toutes inédites.

L’ensemble est d’autant plus important qu’il s’agit certainement du trésor le plus méridional actuellement connu pour ce rarissime monnayage, dont les éléments de comparaison se situent essentiellement dans le nord de la France.

La présence aussi excentrée d’un tel trésor à Bénazet n’est pas sans susciter de multiples questions: à quelle date et dans quelles conditions ces monnaies ont-elles été émises ? S’agit-il d’un trésor rapporté dans le sud-ouest de la Gaule ? Quel peuple est à l’origine de la frappe de ces monnaies?

Vincent Geneviève, archéologue numismate à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) travaille en Midi-Pyrénées, en Aquitaine, jusqu’à Poitiers ou Saintes. Il en connait un rayon sur les pièces, les métaux précieux du Bas-Empire au haut moyen-âge.

Bien qu’il n’ait pas participé directement aux fouilles de la nécropole mérovingienne de Bénazet dirigée par Jean Paul Caze, il a étudié ces deux petits ensembles monétaires mis au jour dans le cadre de ces fouilles programmées.

Pour lui il n’y a pas photo, bien que modestes ils sont exceptionnels: «l’un date du début du VIIe siècle et l’autre du début du VIe siècle, leur caractère est exceptionnel, car on n’en trouve pas couramment dans la région. Ce sont des dépôts trouvés dans des tombes donc attachés à un défunt».

Car qui dit monnaie, dit circulation de métaux, échanges économiques, mais aussi ateliers, images du pouvoir... etc. Autant de pistes que ce chercheur a exploité avant de nous livrer ses conclusions. Vincent Geneviève a tracé un premier bilan de ses découvertes au cours d’un colloque international qui s’est tenu à Genève en 2010.

Les Ariégeois auront le plaisir de le rencontrer et d’écouter sa conférence jeudi 19 mars à 18 h 30 au musée d’Ardouin de Mazères (entrée gratuite)

Laurence Cabrol | 11/03/2015 - 19:07 | Lu: 15195 fois