Installation d'un «crapauduc» dans le Volvestre ariégeois
L’Association des Naturalistes de l’Ariège, en tant que Conservatoire des Espaces Naturels de l’Ariège, travaille depuis une vingtaine d’années sur les zones humides, et les tritons, grenouilles ou autres reinettes n’ont plus de mystères pour Carole Herscovici, animatrice à l’ANA.
Elle n’a de cesse outre l’observation de tous ces batraciens protégés, de travailler en relation avec les agriculteurs pour les sensibiliser à l’entretien des mares, éléments indispensable à la biodiversité.
Depuis le début du XXe siècle, on estime que les deux tiers des zones humides ont disparu en France.
Si l’Ariège ne compte pas de grands ensembles de zones humides comme la Camargue ou le marais Poitevin, le département recèle encore de précieux secteurs humides (prairies humides, tourbières, lacs et mares) qui ont subi d’importantes atteintes.
Les mares, en particulier, si utiles à la gestion de la ressource en eau, à l’abreuvement du bétail et de la faune sauvage, hébergent souvent une grande biodiversité.
Dans le Volvestre ariégeois, dans la zone de Tourtouse, ces mares sont l’objet de toutes les attentions car elles participent à l’observation des batraciens (aussi appelés amphibiens, qui signifie «qui a deux vies» la vie aquatique que mènent les larves et les têtards de batraciens et la vie terrestre que mènent les jeunes et les adultes).
La majorité de ces espèces réalisent des «migrations prénuptiales»: à la fin de l’hiver, les adultes se déplacent de leur lieu d’hibernation (souvent la forêt où ils ont passé l’hiver sous une souche) vers leur lieu de reproduction (souvent l’étang ou la mare où ils sont nés).
Ces déplacements nocturnes vers les points de reproduction ont lieu dès la fin du mois de février et peuvent s’étaler jusqu'à la fin avril.
Ils sont souvent l’objet de terribles carnages, car les batraciens amoureux n’ont cure des voies de circulation, ni des automobiles qui les empruntent.
Les habitants du village de Tourtouse ont alerté l’ANA car il y avait beaucoup d’écrasement de batraciens au début du printemps et depuis deux ans, ils participent à la pose d’un dispositif joliment baptisé «crapauduc»: il s’agit d’un filet d’une cinquantaine de centimètres installé au moment des migrations prénuptiales.
Grâce à ce matériel léger facile à installer et à enlever, les batraciens se heurtent à la barrière qu’ils sont obligés de longer et empruntent une buse pour traverser la route.
Selon Carole, ce dispositif est particulièrement efficace. Mais l’animatrice de l’ANA reconnaît que la première cause de disparition des batraciens reste le manque de lieux de reproduction:
«Sur cette zone de coteau, de nouvelles pratiques d’élevage ont vu le jour, les bêtes sont désormais abreuvées par citerne et les mares ne sont plus entretenues.
Il y a aussi en zone de montagne l’apparition d’une algue dévastatrice sur laquelle le laboratoire de Moulis est en train d’étudier»
Cette année les élèves de Bac Pro Nature section métiers de l’environnement et de l’aménagement, participent avec beaucoup de motivation à l’installation de ce «crapauduc»
Pour ces jeunes qui se destinent à des carrières au contact avec la nature, l’expérience est enrichissante avant de travailler sur un sentier pédagogique au domaine des oiseaux de Mazères ou sur la restauration de murets ou de petit patrimoine en milieu rural.
| 18e édition de Fréquence Grenouille L’installation de ce crapauduc participait aujourd’hui au lancement de cette manifestation impulsée par l’ANA et les conservatoires d’espaces naturels pour faire découvrir les amphibiens au grand public. Les prochains rendez-vous de Fréquence Grenouille seront le mardi 3 avril à Pailhès pour une soirée particulière: RV à 18h à la salle de la mairie de Pailhès. Diaporama sur les grenouilles, crapauds et tritons des mares: comment reconnaître à l’œil et au chant, suivi d’une sortie de prospection nocturne pour les découvrir dans les mares alentours. A la découverte des amphibiens de Tourtouse mardi 24 avril: même principe, RV à 18h à la salle de la mairie de Tourtouse, diaporama sur les grenouilles, crapauds et tritons des mares; comment les reconnaître à l’œil et au chant, suivi d’une sortie de prospection nocturne pour les découvrir dans les mares. Renseignements ANA: Carole Herscovici au 05 61 65 80 54. |
dans la même rubrique
- Manifestation: 400 agriculteurs ariégeois défilent dans la ville rose
- Terroirs Ariège Pyrénées, une plateforme coopérative pour croquer les produits ariégeois
- Directive «Nitrates»: les conseillers généraux ariégeois demandent une révision du zonage concerné
- Fin des aides européennes pour 2015 et grosses incertitudes pour l'avenir: la fédération Pastorale de l'Ariège tire la sonnette d'alarme
- Manifestation régionale le 5 novembre à Toulouse: les agriculteurs Ariégeois se mobilisent
- Mazères: lâcher de cinq cigognes au Domaine des Oiseaux
- Pamiers: quatre remorques de fumier déversées devant le centre des impôts et la sous-préfecture
- Pascal Mailhos, préfet de Région à la rencontre des agriculteurs Ariégeois
- Technologie: en Ariège, les agriculteurs se mettent aux drones
- Abeilles et ours: petites et grosses bêtes s'invitent à la conférence de presse de rentrée de la préfecture de l'Ariège
- Zones vulnérables: «une incohérence difficilement applicable» pour des agriculteurs ariégeois qui appellent à la désobéissance civique
- Vautours en Ariège: ils vont pouvoir tirer... à blanc !
- Cazals-des-Bayles: franc succès pour la cueillette directe aux vergers de Bedou
- Vendanges 2014 en Ariège: premiers coups de sécateurs dans les vignobles du domaine du Sabarthès
- Rencontres d'Auzat: les Pyrénées comme vecteur de l'éducation à l'environnement
- Foire de la Saint-Matthieu: retour à l'authentique




