Certains se sont levés à l'aube, d'autres ne se sont pas couchés, dansant au fest-noz toute la nuit. Les plus prévoyants avaient installé tabourets pliants et escabeaux le long des rues de Lorient (Morbihan), les moins organisés ont envahi trottoirs, rebords de fenêtres et même les abribus pour ne rien perdre de la grande Parade du 43ème Festival interceltique.
Comme tous les ans au début du mois d'août, la parade du Festival interceltique de Lorient (FIL) a rassemblé dimanche inconditionnels et néophytes de la culture celte, plus de 60.000 personnes au total selon les organisateurs.
Trois heures durant, le son des bombardes, bourdons et cornemuses a résonné dans les rues de la ville, au pas des bagadoù (groupes de musiciens) et cercles celtiques qui défilaient dans les rues bondées.
Petits et grands s'étaient agglutinés en masse le long des barrières métalliques pour admirer quelque 73 groupes de musiciens et danseurs venus des nations Celtes. Les fiers Ecossais, en kilt de tartan et chaussettes montantes, défilaient à la suite des Acadiens du Canada, à quelques mètres de délégations venues notamment d'Irlande, du pays de Galles, et des provinces espagnoles d'Asturies et de Galice.
"Participer à la Parade c'est un moment très spécial", sourit Inaki Sanchez Santianes, chef de la délégation des Asturies, province du nord-ouest de l'Espagne à l'honneur cette année au festival. "Il y a beaucoup plus d'interaction avec le public que dans les autres défilés. Ici, les gens t'applaudissent pour le simple fait d'être présent, c'est très chaleureux".
Côté musique, le mélange des cultures était également à l'honneur. Les accents de l'hymne écossais "Scotland the brave" se mêlaient à des airs plus modernes et résolument hybrides, comme ceux qu'on entendait en suivant le Bagad Cesson-Sevigné, qui, aux mélodies traditionnelles, ajoute notamment des rythmes afro-cubains.
"Ça me donne la chair de poule"
Le défilé préservait aussi une couleur très locale, avec de nombreux représentants des multiples facettes de la culture bretonne, comme les élégantes du pays Bigoudin, tout en couleurs vives.
Ça me donne la chair de poule", s'exclame Louise Jégo, 51 ans, venue de Pontivy (Morbihan) pour voir danser son mari dans un bagad, ayant elle-même défilé "durant de nombreuses années".
Moment-clé de la culture celte, le défilé s'est ouvert dans le stade du Moustoir avec une minute de silence en mémoire des victimes de l'accident de train de Saint-Jacques de Compostelle, qui a fait 79 morts le 24 juillet. Les bagadoù et cercles de danseurs ont ensuite pris le chemin du port de pêche, suivant un nouvel itinéraire.
"D'une part, il s'agit d'un trajet plus facile à planifier et à gérer, et, d'autre part, il y a un avantage économique à ce nouvel itinéraire: l'entrée à l'espace du port est conditionnée par le port du badge FIL, d'un coût de trois euros, ce qui représente une source de financement", explique Lisardo Lombardia, directeur général du Festival. En deux jours, quelque 28.000 badges ont été vendus.
"Cet itinéraire est mieux pour ceux qui défilent aussi", ajoute Inaki Sanchez Santianes.
"Une grande partie du trajet se fait à l'ombre, ce qui a été appréciable aujourd'hui", souligne cet habitué de la Parade, à laquelle il participe depuis dix ans. "Et j'ai eu l'impression qu'il y avait plus de monde que d'habitude, car les rues sont plus larges, il y a plus de place pour le public qu'avec l'itinéraire précédent".
Rassemblement incontournable du FIL, la grande Parade est un "moment de rencontre hautement symbolique, notamment à cause de la présence de tant de groupes étrangers" parmi les rangs, souligne M. Lombardia. "Imaginer un Festival sans Parade, c'est tout simplement impossible".
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