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L'Estive: spectacle de danse «Vie de famille» le 27 mai

Un «portrait de famille» dansé.

Une tribu. Des individus qui vivent en confrontant leurs différences. 2 patients psychiatriques. 4 danseurs professionnels. Des moments de danse, des moments de vie improvisés. Le public se retrouve tantôt témoin, tantôt pris à partie. Entre la spontanéité des uns et la prudence des autres, comment parler du naturel de la vie sur une scène de «spectacle»?

Nos différences
La singularité de chaque interprète nous permet de rechercher un état de grâce à travers des corps très différents. Avec certains corps jugés «normaux» ou «beaux» dans notre société mais aussi à travers des corps extraordinairement expressifs et «hors norme»

C’est ainsi que nous réussirons à former une tribu constituée comme chaque tribu de personnes d’apparences diverses. Certains sont virtuoses, d’autres n’ont qu’à apparaitre pour nous transporter car ils sont étranges. Nous sommes ensembles, tantôt dans une écriture pointue de la danse, tantôt dans une réalité crue. Nous recherchons un terrain commun pour habiter la scène.

La danse et les enjeux de cette rencontre
«Au départ de notre travail il y a le geste. Le geste qui advient. Nous tentons lors des répétitions de faire exister deux fondamentaux, la spontanéité et la recherche. Nous atteignons par instant des points de rencontre qui semblaient au départ utopiques. L’enjeu réside dans notre faculté à trouver une approche commune de la danse.

Mai Ishiwata, Charles Essombes, Sylvain Blocquaux et moi-même avons, en tant que danseurs un besoin de recherche, autour de la qualité du mouvement, de sa source, de son évolution. Une certaine rigueur. Un besoin d’élaborer la danse. Alain Chaussat et Françoise Ruaut sont eux plutôt dans un désir fondamental de rencontre et d’existence. Leur spontanéité est désarmante.

Au fond chacun cherche une reconnaissance mais de façon différente. Alain et Françoise prennent peu à peu conscience du travail à fournir pour faire évoluer des simples intentions et des élans physiques. Les danseurs, nous, nous tentons d’utiliser notre expérience mais aussi d’atteindre un certain lâcher-prise. C’est le point de rencontre entre ces différentes façons d’aborder la danse qui m’intéresse et qui me questionne.

Je comprends peu à peu que ce n’est pas le thème de la folie ni de la psychiatrie que je veux explorer au sein de l’hôpital mais celui de la vie, et cela, en compagnie de personnes singulières. Finalement, les rencontres avec Alain et Françoise à l’hôpital Psychiatrique Esquirol de Limoges ne retiennent pas mon attention d’un point de vue psychiatrique mais simplement d’un point de vue humain.

Leur présence dans mon travail n’évoque pas la folie mais plutôt une vérité. Une vérité inhérente à la nature. Je m’aperçois que nous sommes perpétuellement liés à une image que nous nous faisons de nous-même. Sommes-nous, par notre conscience, en représentation à perpétuité? Ou pouvons-nous lâcher-prise et nous sentir bien face au public tel que nous sommes?
» Claire Durand-Drouhin

«Vie de famille»
Claire Durand-Drouhin - Compagnie Traction
Mardi 27 mai à 20h45 à l’Estive de Foix

Renseignements et réservations:
05.61.05.05.55 / [email protected] / www.lestive.com

Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège

20/05/2014 - 19:15 | Lu: 4504 fois