Ariège: la carte de l'intercommunalité s'invite au petit-déjeuner de la préfète

De gauche à droite: Jean-Pierre Gileri, sous-préfet de Pamiers, Marie Lajus, préfète de l'Ariège, Philippe Sauvannet, sous-préfet de Saint Girons
© midinews 2015

Vendredi matin, la préfète de l’Ariège a sacrifié à la tradition des «petits déjeuners presse» initiée par ses prédécesseurs.

L’occasion pour Marie Lajus de faire plus ample connaissance (elle est arrivée en Ariège au début du mois de juillet), mais surtout d’évoquer l’actualité ariégeoise, entre café et croissants. Pas sûr que cela aide cependant à faire digérer son projet de carte de l’intercommunalité...

Pour autant, c’est sans faux-fuyant, Marie Lajus est donc revenue sur ce rendez-vous du 9 octobre au cours duquel elle présentait le futur schéma départemental de l’intercommunalité ariégeoise, «une continuité territoriale notamment en Haute Ariège» dit-elle.

La représentante de l’État révèle que les réflexions s’étaient d’abord portées sur une «une carte théorique basée sur les trois hôpitaux ariégeois, avant que les débats ne s’orientent sur le SCOT créé par les élus».

Le choix de proposer quatre communautés de communes et une communauté d’agglomération (contre dix-neuf com com aujourd’hui) a donc été retenu.
Réforme: le rôle des intercommunalités sera renforcé
Face aux réactions souvent passionnées, Marie Lajus n’élude pas le sujet: «ce schéma est porteur d’enjeux fondamentaux. La loi NOTRe renforce l’intercommunalité par rapport au Département.

Le rôle des intercommunalités en sera renforcé, notamment sur l’aménagement du territoire et le développement économique
».

Et la communauté d’agglomération? «Je suis convaincue par la dynamique vertueuse pour son développement afin de porter des projets structurés». 

Marie Lajus avoue une crainte: «un décrochage entre plaine et montagne, Pamiers pouvant devenir la banlieue de Toulouse».

Pour le reste, elle estime que les communes conserveront le champ de la proximité («les maires restant les interlocuteurs privilégiés») et les communautés piloteront et mutualiseront les moyens.

Si elle reconnaît que «la loi NOTRe circonscrit les compétences et limite les tentations de doublon», elle estime que «ces nouvelles intercommunalités peuvent être créatrices de nouvelles compétences, de nouveaux services».
Dotations: mairies et intercommunalités ne sont pas abandonnées
Désormais, la balle est dans le camp des conseils communautaires du département qui ont jusqu’au début du mois de décembre pour délibérer et rendre leur avis sur le projet qui leur a été soumis.

En suivant, la préfecture compilera ces délibérations, les instruira avant de les soumettre à nouveau à la commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) à la fin du premier trimestre 2016.

De cette CDCI sortira la future carte des intercommunalités ariégeoises qui entreront en vigueur au 1er janvier 2017.

Mais cette question des nouveaux périmètres intercommunaux n’est pas le seul sujet d’inquiétude des élus locaux. Marie Lajus n’ignore pas la polémique relative à la baisse des dotations d’État, mais tient à la relativiser, non sans malice.

«En Ariège, l’évaluation 2014 fait apparaître que cette baisse des dotations est de l’ordre de 1,4 millions d’euros, deux fois moins en somme que les augmentations des crédits d’investissement de la DETR, qui représentent plus de 3 millions d’euros en fiscalité mise en œuvre».

«Non, insiste-t-elle, mairies et intercommunalités ne sont pas abandonnées»

Réfugiés: l’Ariège pourrait accueillir 50 personnes sur les 24 000 annoncées en France

En Ariège, une douzaine de communes se sont positionnées pour accueillir des réfugiés. Cet accueil est régi par trois obligations: la dignité et la qualité des lieux, la capacité d’accompagnement social et enfin, une garantie sur l’engagement des maires, «ces derniers devant porter le dispositif».

La préfète a indiqué que quatre personnes devraient être accueillies à Foix, certainement dans un parc HLM. Nombre de structures associatives (Croix Rouge, Secours populaire, Emmaüs…) ont déjà fait part de leur soutien.

Pourquoi un si petit nombre de migrants accueillis? «Il faut prendre en compte la réalité des demandes, répond Marie Lajus. À l’heure actuelle, peu de migrants ont affiché, auprès de l’OFPRA, leur volonté de venir en France».

Au total, et selon l’échelle démographique, sur les 24 000 réfugiés que pourrait recevoir la France ce sont 50 personnes qui pourraient être accueillies en Ariège.

NR | 30/10/2015 - 19:17 | Lu: 9698 fois

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