Une expérience sur un moteur de recherche donne à elle seule l’ampleur du phénomène: tapez «2012, apocalypse», pas moins de 18 300 000 résultats apparaissent...
Dans son dernier rapport annuel, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires met d’ailleurs en garde contre la résurgence du discours apocalyptique à l’approche du 21 décembre 2012, date de réalisation de la fameuse prophétie Maya...
Nous avons rencontré Simone Risch, vice-présidente d’Infos-Sectes Midi-Pyrénées; c’est une association spécialisée dans l’aide aux victimes de dérives sectaires, ayant une antenne en Ariège (agréée par le ministère de la jeunesse et des sports).
Depuis des années confrontée au phénomène, elle observe en ce moment deux problèmes inquiétants: les traitements «alternatifs» qui affirment pouvoir guérir le cancer, et la fameuse «prophétie» de 2012.
En ce qui concerne la fin du monde, chaque groupe a semble-t-il concocté son programme, et sa propre version de l’apocalypse.
Et au delà du risque de suicide qui est fort, «le danger est de faire croire aux gens qu’il faut se préparer en pratiquant telle ou telle activité» explique Simone Risch.
S’unir avec un ange, faire un voyage initiatique (qui sont d’ailleurs trés prisés en pays cathares), nager avec les dauphins, recevoir un enseignement exceptionnel pour se préparer... par prospectus ou sur la toile, les propositions sont pléthores.
Il y a par exemple celle d’un voyage initiatique au Pech du Bugarach (organisé d’ailleurs par un Ariégeois, spécialiste dans le «passage de conscience» et «formateur énergéticien») qui propose un travail de groupe autour du «mouvement de la danse angélique et l’utilisation d’une géométrie sacrée»
Dernière trouvaille d’une secte particulièrement inquiétante installée dans le sud-ouest (qui aurait d’ailleurs des sortes de «rabatteurs» en Ariège vers Toulouse): construire des bunkers, avec des galeries souterraines pour pouvoir se réfugier et survivre à la fin du monde.
Alors à quoi faut-il être attentif? «il y a certains critères: comme l’éloignement, une modification du discours de la personne, un changement notoire dans le comportement, une rupture avec un proche, ou le milieu du travail» explique la responsable associative.
Autre inquiétude qui mobilise Infos-Sectes (et qui figure dans le rapport de la Miviludes): la manipulation des personnes malades du cancer.
«En aucun cas, nous ne condamnons les médecines alternatives, précise Simone Risch, mais pour nous, demander implicitement à un patient d’abandonner les traitements traditionnels, c’est criminel»
On a beaucoup parlé de traitement à base de jus de citron, ou de la propre urine du malade.
Mais il y a un autre exemple très concret (courant en Ariège): «certains thérapeutes travaillent sur la psycho généalogie, c’est à dire que le cancer serait d’ordre psychologique à rechercher chez les ancêtres: il faut trouver le conflit qui a provoqué la maladie»
Si les raisons du cancer ne sont plus physiologiques, pourquoi continuer à se soigner?
«La thérapie déviante», c’est le nom qu’a donné l’association à ces «thérapeutes» qui prônent un abandon des soins traditionnelles aux malades du cancer, et qui bien souvent n’ont aucun diplôme reconnu, «on est toujours à la limite de l’exercice illégal de la médecine» rappelle Simone Risch.
Le danger est diffus, et parfois peu visible; pourtant, les sectes ne se cantonnent pas à ces groupes totalement coupés du monde, qui font régulièrement la une de l’actualité.
«Cela existe, explique Simone Risch, il s’agit des sectes autarciques. Mais il y a aussi celles qui sont beaucoup plus ouvertes.
Les personnes vont travailler, les enfants sont scolarisés. Et leurs membres n’ont pas un autocollant «adeptes» collé sur le front dans la rue. Les deux types sont très dangereux»
En cas de doutes ou d’interrogations, la vice-présidente de l’association le redit: «il ne faut pas hésiter à se tourner vers nous pour trouver de l’aide»
| Quel ampleur du phénomène sectaire en Ariège? Développement personnel, chamanisme, ésotérisme, catharisme... l’Ariège aurait-elle des prédispositions à ce genre de phénomène? Le procès en 2010 du gourou Robert Lé Dhin avait déjà défrayé la chronique. Et Simone Risch ne cache d’ailleurs pas que l’implantation de groupes sectaires est particulièrement importante dans le département. Même s’il est trés difficile d’établir un état des lieux. Gravitent en Ariège de nombreux microgroupes difficiles à suivre, «ce sont des structures très mouvantes, qui changent de lieux ou de noms quand elles se sentent repérées» En général, les sectes ont tout simplement la forme d’une association loi 1901 inscrite en préfecture, «il ne suffit pas de repérer qu’une association est une secte. Encore faut-il avoir une plainte pour pouvoir faire quelque chose» Autre caractéristique du département: sa proximité avec la haute vallée de l’Aude (et le Pic de Bugarach, soi-disant seul lieu épargné en 2012). D’où les échanges «ésotériques» forts qui existent entre les deux territoires. Infos-Sectes Midi-Pyrénées - CCMM (association agréée par les ministères de la jeunesse et des sports et de l’éducation nationale) Antenne Ariège: 05 61 61 02 97. Accueil à Foix sur RDV. Performances téléphoniques le mardi de 14h à 17h. Site: http://www.infos-sectes-midipy.org |
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