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Enseigner en milieu carcéral, une passion
06/09/2011 | 19:37
© MidiNews 2011

Hélène est enseignante et comme tous ses collègues du département elle vient de réaliser sa rentrée… mais ses élèves sont un peu particuliers, ce sont des détenus de la maison d’arrêt de Foix.

Depuis septembre 2008 Hélène Teulière est responsable d’enseignement dans cet établissement.

Un poste comme on dit «à profil» qu’elle a choisi par vocation car depuis toujours elle souhaitait travailler en prison: «quand j’étais adolescente je passais devant la maison d’arrêt de St Michel à Toulouse et j’étais fascinée par cette architecture.

Trop jeune pour être visiteuse de prison et pas vraiment attirée par un métier de gardien, mais souhaitant apporter mon soutien, j’ai alors pensé à l’enseignement
»

Institutrice dans le Lot, elle apprend qu’il y a eu dans les années 90 dans le département de l’Ariège une femme en poste dans une prison d’hommes, fait assez rare à l’époque.

Hélène demande sa mutation dans ce département où à force d’entêtement et de motivation, elle décroche enfin le poste (il nécessite une formation particulière le CAPAS-SH option F pour les professeurs des écoles).

Aujourd’hui responsable de l’enseignement à la maison d’arrêt de Foix elle gère une équipe de 5 intervenants et met en place une offre de formation qui permet aux détenus de suivre des enseignements généraux: français, mathématiques, sciences, protection de l’environnement et même code de la route pour préparer le permis de conduire.

Les classes sont constituées de 10 personnes et les niveaux s’échelonnent du CP à la terminale (en deux ans 6 candidats ont passé leur permis).

«J’essaie de les faire travailler sur l’effort pour progresser, je cherche des idées pour les motiver à venir en cours […] avec nous, il n’y a plus de rapport de force, ils sont considérés sur un pied d’égalité, on oublie pendant 2h30 ou 3h que ce sont des détenus qui ont commis des infractions»

Les directives de la Pénitentiaire nationale sont claires: lutter contre l’illettrisme; mais au-delà, la formation peut constituer un outil pour la réinsertion…tout comme le permis de conduire.

Avant le jour «J», Hélène les reçoit individuellement, notamment les petits nouveaux, ceux qui sont rentrés cet été à la maison d’arrêt de Foix, pour tester leur niveau, connaître leurs projets en matière d’enseignement.

Passionnée par son métier, la jeune femme ne manque pas d’idées pour les mois à venir: «j’essaie de passer le monitorat des 1ers secours pour faire passer aux détenus le PSC1 (brevet secourisme), 2 ou 3 sessions en complémentarité avec les autres intervenants de la maison d’arrêt […]

Et puis nous avons envie de monter un jeu du type la tête et les jambes [...] reste à trouver ce que l’on peut gagner
»


Au niveau National

-Formation et enseignement en milieu carcéral

Plus de la moitié des personnes détenues se situent au mieux à un niveau de fin d'études primaires et ne disposent pas de réelle qualification professionnelle.

Le taux d'illettrisme de la population pénitentiaire (environ 15%) est par ailleurs supérieur à la moyenne nationale.

La formation, qu'elle soit générale ou professionnelle, constitue donc l'un des outils essentiels de la réinsertion.

Un dispositif important est mis en place à cet égard, en association avec les partenaires institutionnels.

L'informatique comme outil de formation individuelle et collective est un support pédagogique et valorisant pour les détenus en apprentissage.

-Formation professionnelle

Elle est principalement axée sur les secteurs des services et du bâtiment pour les formations pré-qualifiantes et qualifiantes dispensées sous forme de stages modulaires, de formation à distance ou personnalisée.

-Enseignement

Plus de 20% des détenus bénéficient d'une formation générale dispensée par des enseignants que l'Éducation nationale met à la disposition du ministère de la Justice.

En 1995, une convention signée entre ces deux ministères a créé des unités pédagogiques régionales en milieu pénitentiaire (UPR) ayant pour vocation de dispenser l'ensemble des formations initiales et de préparer aux diplômes de l'Éducation nationale.

Une nouvelle convention entre les deux ministères a été signée le 29 mars 2002.

Le dispositif de formation comprend des formations de base: lutte contre l'illettrisme, remise à niveau, formation générale.

Source: Ministère de la Justice
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/09/2011 | 19:37 | Lu: 15085 fois