Montségur: un grand projet de territoire voit enfin le jour

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Tout arrive pour qui sait attendre !

Après des années de tergiversation et de crispation autour de ce dossier, «le projet Montségur» est en phase de démarrage avec une idée précise sur l’avenir du site.

De quoi réjouir Robert Finance, maire de cette petite commune connue à l’international grâce à son château cathare. «Nous savons aujourd’hui ce que nous allons faire et comment nous allons le faire, c’est énorme !».
Un projet à dimension humaine sur les rails
En effet une réunion technique a eu lieu le 17 juillet dernier en présence de Marie Lajus, préfète de l’Ariège, Henri Nayrou, président du conseil Départemental, un représentant du Conseil Régional Gérald Sgobo, président de la communauté de communes du pays d’Olmes (CCPO), Jean-Pierre Poirier, Architecte des Bâtiments de France de l’Ariège et de tous les services de l’État qui ont travaillé sur ce projet.

Fruit d’un long processus de réflexion et d’une étude commandée par la commune, deux gros équipements attendus et nécessaires vont enfin voir le jour dans un projet à dimension humaine.

Nous sommes loin du centre d’interprétation pharaonique au pied du château, mais plutôt sur un investissement oscillant entre 3,5 et 4 M d’euros dont le premier magistrat nous dévoile les contours: «il s’agit d’abord d’un accueil digne de ce nom au pied du château.

Sa surface sera modeste (une centaine de mètres carrés) et nous serons attentifs à ne pas modifier la qualité du site. Le second équipement concerne le musée visant à se subsister à l’existant (obsolète et difficile d’accès).

En l’installant à proximité du parking central, les visiteurs pourront ensuite se diriger vers le village et consommer sur place.

Ce sera un bâtiment sur deux niveaux adaptés à toutes les normes d’accueil des différents publics et une salle de conférence de 800 m2 permettant de prendre en charge les visiteurs, leur proposer le cas échéant une alternative quand la météo ne permet pas de monter au château.

Le site étant classé au niveau paysager, nous ferons également un effort particulier afin de dissimuler les parkings et d’améliorer le traçage des places
».

Les financeurs potentiels se sont mis autour de la table (État, Conseil Régional, Conseil Départemental et CCPO) ils se sont engagés à subventionner le projet à hauteur de 80 %, les 20 % restant revenant à la charge de la commune, un investissement lourd à porter pour une commune de moins de 200 habitants, directement impactée par la baisse de la DGF.

C’est auprès de la CCPO et avec la bénédiction du service juridique de la Préfecture que la solution a été trouvée avec le transfert de la délégation de la maitrise d’ouvrage et l’exploitation du site pendant une dizaine d’années.
Un montage tout à fait novateur
«Montségur c’est 50 000 visiteurs par an pour un chiffre d’affaires de 240 000 €, poursuit Robert Finance. Comment répondre décemment aux attentes du public avec un accueil inexistant, proposer une alternative de qualité pour les Tours Operators et candidater au label de l’UNESCO.

Ces nouveaux aménagements vont à minima augmenter de 10 % notre fréquentation et nous ouvrir des possibles, notamment en nous intégrant à des circuits régionaux à destination d’une clientèle européenne autour des thématiques telles que la croisade, le catharisme…

Le processus de démarrage est calé: les conseils municipaux des différentes communes de la CCPO doivent délibérer avant le 15 octobre. S’ils entérinent la décision, un arrêté préfectoral suivra et la CCPO devenue maitre d’ouvrage lancera un concours d’architecte dans la foulée. Il faut compter 2016 pour l’étude et le choix des architectes et 2017-2018 pour les travaux
».
Une véritable émulation pour le territoire
Selon Gérald Sgobbo, l’adhésion de la commune de Montségur à la CCPO a constitué un signe fort qui a permis de lancer, suite à l’étude réalisée, une programmation digne de ce nom.

«Dès mon arrivée, j’ai pris connaissance du dossier et j’ai compris les craintes de la commune qui comme celle de Roquefixade a longtemps gardé la maitrise de son développement et ne veut pas signer un blanc-seing à quiconque…

C’est tout à fait légitime et je respecte cette position. Je pense que nous avons trouvé aujourd’hui un équilibre.

Il faut savoir que Montségur est fortement impacté par la baisse des dotations de l’État, la commune perd dès la première année un tiers de sa DGF… son budget est entièrement assis sur les entrées du château.

En acceptant cette délégation de maitrise d’ouvrage, nous avons de notre côté proposé quelques assurances, notamment la possibilité de mettre en place une forme de redevance annuelle d’occupation du domaine public.

En contrepartie de ce transfert de compétence limité dans le temps, la CCPO prend la maitrise d’ouvrage et l’exploitation du site pendant 10 ans, cela nous permet d’équilibrer l’opération financière... fait inaccoutumé depuis bien longtemps pour notre institution.

Il s’agit pour nous d’un emprunt de 700 000 € sur 10-15 ans (soit 50 000 €/an sur l’investissement) c’est largement supportable
» analyse le président de la collectivité, estimant qu’il s’agit d’une opération totalement blanche au terme des dix ans.

«Au terme de ces 10 ans, après avoir assumé le portage financier de l’opération, nous restituons l’infrastructure à la commune.

Nous avons tout à y gagner d’autant qu’en intégrant le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO nous allons bénéficier d’une importante communication et intégrer officiellement la route des châteaux cathares, une thématique marketing développée jusqu’à présent par nos voisins audois qui au titre de la grande région va mettre un coup de projecteur supplémentaire sur notre site
».

L’élu du pays d’Olmes entend présenter ce projet aux commissaires du gouvernement, trois inspecteurs généraux missionnés dans le cadre du dispositif AIDER (Accompagnement interministériel au Développement et à l’Expertise en Espace Rural) lancé par Marylise Lebranchu lors de son dernier passage dans le département.

Une réunion aura lieu le 3 septembre prochain à la Préfecture en présence de ces spécialistes qui viennent apporter l’ingénierie de l’État. «Montségur rentre dans un projet de territoire que nous avons baptisé les quatre «M» pour les monts d’Olmes, Mirepoix, Montbel et Montségur.

Il y a déjà un phénomène d’émulation, le projet de Montségur attire déjà des investisseurs sur les autres sites et rebooste l’immobilier sur le territoire…
»

N’en déplaise à ceux qui se sont abstenus lors du dernier vote en conseil communautaire (voir notre article du 17 juillet 2015) pour Gérald Sgobbo il s'agit bien d'un projet fédérateur, véritable levier pour l’économie de ce territoire. Une opportunité à saisir.

Laurence Cabrol | 24/08/2015 - 18:13 | Lu: 9632 fois