Ce lundi, un camion rempli de plaquettes forestières part de Labastide-de-Sérou. Direction Aspet, pour livrer la chaudière à bois de la mairie.
Voici une scène quotidienne de la coopérative «Ariège Energie Bois Forêt» qui, créée à l’été 2011, va bientôt venir à bout de la première saison de chauffe.
L’occasion de faire un premier bilan avec Florent Pauly, gérant enthousiaste de cette toute nouvelle structure, qui a réussi à réunir autour de la table tous les acteurs d’une filière naissante.
Le principe est simple: trois producteurs (sur 4 en Ariège) se sont regroupés. Ils commercialisent aujourd’hui sur l’ensemble du département des plaquettes forestières destinées à une vingtaine de chaudières au bois.
L’idée était de s’organiser de A à Z, de l’arbre jusqu’à la livraison de plaquettes, avec au cœur de la démarche: l’association entre le privé et le public.
Pour cela, tous les acteurs de la filière sont réunis au sein de la coopérative: groupement forestier, usagers ou clients (mairie de Pamiers, de Lavelanet, communauté de communes du Séronais, Commune d’Esplas-de-Sérou, ou encore d’Alzen), producteurs de plaquettes (SCOP du Douctouyre, la société Sud Albies, l’entreprise Pierre Calmet), la salariée de la SIC, ainsi qu’un collège de partenaires (pour le moment constitué par le Parc Naturel Régional, qui soutient la démarche depuis ses débuts).
De quoi garantir les intérêts de chacun et tout mettre à plat, avec une transparence allant d’un bout à l’autre de la filière.
«A la base, la coopérative a été créée pour sécuriser l’approvisionnement pour les clients. Cela a impliqué de mettre en place une solidarité entre les producteurs» explique Florent Pauly.
C’est aussi collectivement qu’est fixé le prix, de façon à rémunérer convenablement tous les maillons de la chaîne, «pour que chacun comprenne ce qu’il représente: l’exploitation, le transport, la transformation»
Du côté des producteurs (et sachant qu’avec le bois, il est difficile d’improviser), l’avantage est aussi d’avoir une «lisibilité à long terme», ainsi qu’«une collaboration sur les projets de chaufferie en cours. Ce qui permet de ne pas refaire les mêmes erreurs techniques»
La filière ariégeoise fait aussi mieux face à la concurrence, «pour contrer les producteurs d’autres départements ou les gros groupes qui voudraient mettre la main sur le marché ariégeois.
Sachant quand même qu’en étant présents sur le département, nous réduisons les coûts de transport, ce qui nous permet d’être très compétitifs»
Difficile aussi de trouver une filière plus «locale»
La structure commercialise un produit issu des forêts ariégeoises, intégralement transformé dans le département.
Peu de CO2 sont dégagés dans les transports, dans la mesure où le bois provient de forêts proches des chaufferies où il sera brûlé (Aspet et Saint-Gaudens sont les deux seuls clients hors du département).
Pour cette première saison, 1350 tonnes de plaquettes forestières ont été valorisées, avec un boom au mois de février (entre 40 et 50 livraisons), et sachant que ce chiffre risque encore d’augmenter si le printemps est «frisquet»
En terme d’emploi, «de l’exploitation du bois jusqu’à la livraison des plaquettes, on estime les retombées entre 5 et 10 équivalents temps plein» précise aussi Florent Pauly.
Enfin, les possibilités d’expansion sont encore bien réelles, puisque d’autres projets de chaudières sont en cours; et que la toute jeune coopérative ne manque pas d’arguments pour déployer ses ailes.
Exemple: dans une collectivité de 5000 habitants, les frais de chauffage collectifs représentent en gros un budget de 160 000€ par an. Et en terme d’emplois directs, le bois (bûcheronnage, débardage, transport, déchiquetage...) emploie trois fois plus de personnes que la filière pétrole.
C’est sans doute pour toutes ses raisons que la Scic ariégeoise vient d’obtenir un premier prix décerné par le Crédit coopératif, qui récompense l’innovation dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Un trophée qui lui sera décerné en mai.
| Quelques chaudières à bois ariégeoises en fonctionnement -A Seix, le collège Jules Palmade est chauffé aux plaquettes forestières, grâce à une chaudière (220 kW) qui consomme chaque année 55 tonnes de bois. -La chaudière bois du quartier du Chandelet à Pamiers consomme 300 tonnes de plaquettes chaque année. 34 maisons individuelles et 54 logements collectifs sont concernés, grâce à une chaudière bois (400 kW) couplée à une chaudière gaz (540 kW). -A La-Bastide-de-Sérou, c’est la maison de retraite qui se chauffe avec une chaudière à bois depuis 2008. Avec une puissance de 220 kW, il y a de quoi couvrir les besoins en chauffage mais aussi en eau chaude. Cette installation représente une économie de 800€ par mois par rapport à l’ancienne installation électrique. -A Belesta, l’école primaire ainsi que deux logements communaux sont chauffés au bois depuis trois ans. La chaudière consomme 60 tonnes de plaquettes par an. Source: Documents SCIC-AEBF |
- Tonte des brebis avant le départ en estive
- Consommer juste et local: l'AMAP de Pamiers ouverte à de nouvelles familles
- Mas d'Azil: en campagne... pour les produits locaux
- Transhumances en Barguillière: rendez-vous le 19 mai
- Camon: des vignes au pied de l'abbaye
- 2nde édition de la Fête du Bois de Pays
- Que la montagne est belle dans le pas des troupeaux!
- Motion ariégeoise contre la Prime à l'engraissement: le président de la FDSEA en désaccord
- Les vautours attaquent de jeunes veaux en Basse-Ariège
- Isards: une espèce sous haute surveillance dans la Réserve d'Orlu

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.




