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Restauration: la cathédrale de Mirepoix fait peau neuve

© midinews 2012

C’est un des symboles de la cité médiévale de Mirepoix, avec sa flèche de soixante mètres de haut et sa nef qui en fait une des plus larges églises méridionales de son temps.

L’ancienne cathédrale Saint Maurice (depuis la disparition de l’évêché en 1790, elle a cessé d’être cathédrale) est l’objet de toutes les attentions.

Actuellement, des échafaudages ont été montés sur le côté nord, l’entreprise Correa et la société PCZC couverture-zinguerie réalisent d’importants travaux d’étanchéité sur les terrasses et restaurent les contreforts.

En effet, une étude préalable demandée par la commune, conduite par Olivier Weets, architecte en chef des Monuments Historiques, a montré que des infiltrations ponctuelles d’eau ont causé la dégradation du décor néo-gothique intérieur. La source de ces désordres vient de la couverture de cet édifice.

Celles en ardoises épaisses taillées en écailles de la nef et du chœur ayant été refaites, elles ne semblaient pas en cause. En revanche aucune étanchéité n’avait été mise en œuvre pour les terrasses en béton armé couvrant les volumes bas, datant vraisemblablement du XIXe siècle.

Pire encore à cette époque on évacuait l’eau par les chenaux creusés à l’intérieur même des contreforts qui se jettent dans les gargouilles. Mais avec le temps, ils se sont bouchés et ont dégradé les éléments monumentaux, des pierres de grès du pays.

C’est pourquoi les travaux prévus visent à renforcer ces éléments fragilisés par le passage d’eau (avec une étanchéité au plomb) et à restaurer les contreforts (remplacement des pierres endommagées).

Jérémy, compagnon du devoir, tailleur de pierre chez Correa, a sécurisé les contreforts avec des profilés métalliques qui reprennent tous les efforts des voutes avant de prélever les pierres malades et les remplacer.

«Cette église a été modifiée à des époques différentes, la restauration de Viollet le Duc au XIXe siècle a permis d’augmenter la largeur de sa nef (la portant à 21,40mètres) mais la portée est importante sur les voutes, elles sont essentielles au maintien de l’édifice»

Tous les fleurons, les éléments décoratifs terminant les pinacles ont été refaits à l’identique en atelier avant d’être remplacés sur site.

«A l’époque il y avait localement des carrières de grès, aujourd’hui nous sommes obligés de l’importer d’Espagne» ajoute Nicolas Le Coguic, directeur de l’entreprise Corréa à Pamiers qui était déjà intervenue il y a une quinzaine d’années pour la restauration de la flèche.

A l’intérieur de l’église, les trois chapelles nord ont été bâchées et ce sont les restaurateurs de peinture de l’Atelier Malbrel Restauration à Figeac qui interviennent dans une opération de conservation visant à consolider les peintures:

«Dans le cadre de la réfection des toitures, nous travaillons sur les enduits et les couches picturales, c’est une opération d’assainissement suite aux infiltrations historiques qui ont détérioré les décors» explique Frédéric Vasques qui est déjà intervenu sur les peintures de Notre Dame de la Sède à St Lizier.

Bernard Lacassagne muni d’impressionnantes seringues injecte un durcisseur à base de chaux entre le mur et l’enduit malade.

Ici les peintures datent de la fin du XIXe mais pour les fixer il faut les nettoyer, cela devrait apporter une meilleure lisibilité à l’ensemble et permettra certainement d’éclaircir l’intérieur de l’édifice.

Les travaux sur l’église Saint Maurice de Mirepoix devraient se poursuivre en 2013 au niveau du chœur et de la façade Sud.


Le projet en quelques chiffres

Il se décompose en trois tranches pour un montant prévisionnel de 820 000 euros TTC.

Il est financé par l’Etat (40%), le Conseil régional (20%), le Conseil général (20%) et la commune (20%) sur les montants hors taxes.

La première tranche qui représente un peu plus d’un tiers touche à sa fin.

L’échafaudage du côté nord sera bientôt démonté pour passer sur le chœur.
Laurence Cabrol | 15/11/2012 - 18:40 | Lu: 34204 fois