50 agneaux tués lors d'une attaque en règle de rapaces à Saint-Félix de Rieutord
«Je n’avais jamais vu ça. Il y avait au moins une cinquantaine de vautours et tout autant d’aigles. Le ciel en était rempli. On ne voyait plus le ciel. J’ai eu peur. C’était comme dans le film»
Sauf que là contrairement au long métrage d’Alfred Hitchcock ce sont bien des rapaces qui se sont jetés sur les 1.200 brebis mères que contient l’exploitation de près de 200 ha à la sortie de Saint-Félix de Rieutord, aux dires de son propriétaire.
Installé lui-même depuis 1988, «c’est la troisième génération», Christian Derramond reste affirmatif et catégorique. «Je n’avais jamais vu ça, c’est la première fois que ça m’arrive»
Et l’exploitant de raconter sa version des faits. «Avec ces fortes chaleurs, enfermer les bêtes était impossible. J’ai la chance d’avoir un parc boisé, ombragé avec un point d’eau alors je les y ai mises.
Ce lundi, j’étais seul sur l’exploitation, je venais de laisser mon fils Michaël, qui est aussi mon associé dans le GAEC Derramond. Lorsque je suis arrivé vers midi, j’ai vu des brebis effarées et ces oiseaux dans le ciel, c’était déjà trop tard. Je n’ai pu que constater les dégâts»
Des dégâts somme toute importants dès qu’il s’agit de l’exploitation qui fait vivre toute une famille, «j’ai perdu 50 agneaux et une brebis complètement bouffée»
L’expertise des officiels est en cours
Pierre Bontour, agent de la DDCSPP suivi de deux agents de l’ONCFS, est venu sur place ce mercredi, constater les dégâts.
Gants chirurgicaux, appareils de mesure, les trois agents ont réalisé sur place une première expertise mais n’ont voulu se livrer à aucun commentaire, arguant que les services de la préfecture, seuls habilités, communiqueront en temps utiles et lorsque les résultats de leurs expertises seraient définitifs.
Pour Christian et ses confrères venus le soutenir, il y a en fait peu d’hypothèses possibles. «Après l’ours, c’est au tour des rapaces» entend-on dire dans une ambiance pour le moins électrique.
«C’est peut-être quelqu’un qui les entretient et les maintient sur place et voilà le résultat, relate Christian, parlant des rapaces mais peu convaincu lui-même par cette première explication. Je pense plutôt que les rapaces ont été attirés par les odeurs de placenta et de sang dégagées par la concentration des mises à bas des brebis mères. Puis tous les rapaces ont afflué pour un festin»
Pour lui cette seconde explication reste la plus crédible car nombre de ses confrères ont connu des situations analogues. Mais cela reste toujours des cas isolés qui ne donnent pas lieu à déclarations et expertises.
Des attaques en règle de la part de vautours et autres rapaces, «plus fréquentes depuis trois semaines» dont la population serait en surnombre et qui sont chassés des zones de montagne par les «conditions climatiques, l’affluence des touristes et viennent manger là où ils trouvent la nourriture»
Ce qui est sûr pour l’exploitant c’est qu’il risque d’y avoir tout autant de pertes indirectes «de brebis qui ne veulent plus ou ne reconnaissent pas leurs agneaux, alors condamnés à mourir. Ça peut se chiffrer vite et je ne sais pas du tout si je peux prétendre à indemnisation»
Reste maintenant aux expertises en cours de faire toute la lumière sur un phénomène, qui ne serait pas si exceptionnel que ça en Ariège.
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