Il ne se passe pas une semaine sans que la situation des hôpitaux ne soit évoquée dans la presse, celle du CHAC de Saint-Lizier et du Couserans en particulier, prenant parfois la forme de déclaration intempestive voire inopportune.
Cette fois c’est un article de l’hebdomadaire national «L’Express» qui pousse les responsables du service des urgences à communiquer.
Cet article qui prend appui sur la désormais classique enquête sur les hôpitaux, sujet éminemment récurrent dont s’abreuvent tous ces respectables titres phares de la presse écrite, présente toujours l’intérêt de doper opportunément les ventes lorsqu’il est question de la santé de tout un chacun, classe donc le service des urgences du CHAC de Saint-Lizier en catégorie «B» sur 5 items maximums, de A «les meilleurs» à E «les moins bons»
Fondé sur une batterie de critères tout aussi brillants les uns que les autres, la sanction tombe sans appel.
On fera remarquer que B est très proche de A et en tous les cas mieux que E.
Cependant, las de toutes ces rumeurs qui courent depuis des mois, faisant presque passer l’hôpital de Saint-Lizier comme moribond, le Dr Pichan, président du CME (comité médical d’établissement), assisté de Christine Defour, cadre des urgences et du Dr Barthélémy de Truchis, médecin responsable des Urgences sont venus devant la presse pour une explication de texte destinée à rassurer la patient et couper court à toute nouvelle folle rumeur.
Comme toujours, c’est avant tout une question d’image et de notoriété.
Il est important de ne pas céder à la confusion, compliquer un jeu déjà serré et troublé par les réformes en cours.
«Il faut faire savoir au grand public, comme aux médecins et tous les autres prescripteurs, que le CHAC veille constamment à la qualité de ses services au bénéfice final du patient, dans une relation de confiance sans cesse renouvelée entre médecins-patients-CHAC, qui est au cœur d’une relation Ville-Hôpital exemplaire voire unique», martèle le Dr Pichan.
De fait, de quelques 6.000 personnes accueillies aux urgences en 1996, c’est plus de 10.000 qui le sont aujourd’hui.
De la «bobologie» bien sûr, aux pathologies graves (atteignant le cœur et le cerveau, actuels plus gros domaines d’intervention des urgences), le service du CHAC est en fait «victime de son succès, preuve de sa qualité», selon le Dr Pichan.
Le service des urgences a pris le pas sur la médecine classique -de ville- en ce domaine.
On se présente spontanément à l’hôpital pour une coupure au doigt, plus facilement que chez son médecin personnel. Mais, ceci n’explique pas tout.
Le SMUR est l’organe régulateur qui oriente les personnes vers le service des urgences - ou pas.
La maison médicale, au cœur de Saint-Girons, effectue aussi un gros travail dans le traitement de l’urgence et s’appuie sur l’hôpital le cas échéant.
«Notre souci est de savoir ce que l’on sait et peut faire, et ce que l’on ne sait pas faire» complète le Dr de Truchis.
Epaulé par une équipe de 8 permanents, «non, des personnels intérimaires de passage», tient t-il à souligner, le service des urgences, réunit toutes les compétences appropriées: médecins urgentistes, urgentistes, anesthésistes, infirmiers, capables de traiter la plupart des cas sur place et dans des conditions de sécurité optimales.
«Cette note -B- est surtout la résultante d’une dévalorisation pénalisante par rapport aux hôpitaux des grands centres urbains sur le plan purement technique, renchérit le Dr Pichan.
Sur les 4 indicateurs majeurs propres au fonctionnement de l’Hôpital et de son service des urgences, nous avons la meilleure appréciation possible, soit 5 étoiles, poursuit-il, pour: le temps d’attente et l’obtention d’un avis médical autorisé, l’accueil et la qualité des soins, la présence d’effectifs -notamment médecins approprié dans le service des urgences, la qualification du personnel en place notamment infirmier»
Une exigence de qualité que confirme Christine Defour «dans la prise en charge du patient, l’accueil convivial et personnalisé, un réseau ville-hôpital très serré au bénéfice du patient»
«Nous devons jouer serré, conclut M. Pichan, dans un environnement budgétaire contraint et devant les incertitudes des réformes en cours, mais sans jamais perdre de vue le bénéfice final du patient que nous accueillons»
A bon entendeur…
| Le CRN ne fermera pas! En marge de sa déclaration face à la presse sur le service des urgences pointé récemment du doigt par l’hebdomadaire «L’express», le Dr Pichan, président du CME (comité médical d’établissement) et responsable du SIR au sein de l’hôpital a tenu à faire le point de la situation questionné par les journalistes présents. «Le centre de réadaptation neurologique composé de 20 lits est complet, 13 personnes sont déjà sur liste d’attente» Alors pourquoi M .Chastel, directeur de l’ARS, et ses services ont-ils fait savoir qu’ils envisageaient très sérieusement de fermer le service (voir notre article 29/06/11). Arquebouté sur ses chiffres, M. Chastel estime que le service ne répond pas de ses objectifs initiaux et n’accueille pas assez de maladies «graves», notamment les troubles neurologiques qui ont décidé de sa création, il y a peu! De fait en juin 2008, date d’ouverture opérationnelle, le CRN devait n’accueillir essentiellement que des traumatologies médullaires. «Aujourd’hui, reconnaît le Dr Pichan, le centre n’en accueille que 10%. Simplement nous nous adaptons à la physionomie du bassin sur lequel nous nous trouvons au sein de l’espace Midi-Pyrénées. 10% de nos patients sont atteints de Locked in syndrome et de maladie de Charco. Près de 60% des patients en résidence sont victimes d’AVC» Accident vasculaire cérébral qui pour tout néophyte représente tout de même une pathologie grave. «26% de nos résidents nous sont adressés par le CHU de Toulouse, continue le Dr Pichan, ce qui témoigne de l’attractivité du CRN auprès des hôpitaux environnants et non des moindres» C’est avec le SIR, dirigé par le Dr Pichan et le Foyer d’accueil Médicalisé (voir notre article 29/04/11) un maillon essentiel de la prise en charge des patients tout au long d’une chaine de suivie présente localement. Le SIR, le CRN puis le FAM. L’opération et le suivi médical, les soins et traitements puis la phase transitoire de rééducation et d’insertion avant le retour au domicile du patient «stabilisé» Une fois de plus c’est la tarification dite T2A qui est dénoncée comme source du déficit économique accru d’un service impossible par nature à équilibrer. Pour autant, fort de ces chiffres et de ces résultats, de la place qu’occupe le CRN dans l’offre de soin locale, la direction de l’hôpital, le Dr Pichan en tête, compte bien défendre le CRN devant l’ARS quitte à ferrailler si nécessaire pour lui faire entendre raison. «Le CRN n’est pas mort, il ne fermera pas ses portes en 2012» clame le Dr Pichan. Affaire à suivre, l’avenir dira si le diagnostic et le traitement proposés étaient les bons aux yeux des «zélées élites» de l’ARS, rivées sur leurs propres chiffres, en faveur du maintien du CRN. |
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