Station d’écologie expérimentale à Caumont. Sous cette appellation mystérieuse se cache un laboratoire d’expérimentation «grandeur nature» unique au monde.
Que tous ceux qui ne se sont jamais demandé quelles étaient donc ces drôles de cahutes à la sortie de Caumont sur la D117 tournent la page si l’on peut dire. Les autres, suivez le guide.
En l’occurrence c’est une délégation d’une trentaine de personnes, emmenées par le préfet Salvador Pérez et le maire de la commune Jean-Jacques Meric, conduit par Olivier Guillaume, ingénieur de recherche, et ses comparses qui ont plongé dans un univers à la pointe de la recherche sur la biodiversité.
Ici, pas de blouses blanches, ni éprouvettes. Mais une quinzaine (demain une quarantaine) d’ingénieurs en jeans et bottes de paysan, armés de pièges à lézard et autres papillons.
Près d’1m€ de travaux ont transformé cet ancien marécage réunissant les conditions idéales en un laboratoire d’expérimentation dans des conditions quasi-naturelles unique «l’éco-tron», appartenant au CRNS, le Centre national de la recherche scientifique organisme public de recherche, placé sous la tutelle du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. 48 serres de 100m² chacune, constituent un réseau interconnecté dans lequel circulent librement les espèces observées.
Depuis 2010, 28 d’entre elles sont opérationnelles. L’activité, telle dans une ruche, s’y déploie progressivement.
Chacune de ces «cages» régulées de manière différente (végétation, température) sont surveillées comme le lait sur le feu à l’aide d’une batterie d’indicateurs et d’appareils de mesure le tout relié à un ordinateur central qui collecte les données.
A l’intérieur de ces serres de vrais microcosmes se développent, cobayes restés libres, complexifiant tout en l’enrichissant l’observation, quand la nature se mêle à la science.
De ce travail descriptif d’observation et d’expérimentation en laboratoire, ce sont les effets du changement climatique que l’on étudie, où l’on mesure l’impact et menaces sur la biodiversité. Mais pas seulement.
Ce sont aussi les facteurs de dispersion, de fragmentation des populations observées qui renseignent sur leur développement futur (la survie par le renouvellement de l’espèce ou l’inéluctable extinction), l’impact des nuisances extérieures dans ce processus, en particulier celui de l’activité humaine et notamment le développement urbain.
Equipes d’ingénieurs-chercheurs toulousains, nationaux étrangers viennent ici nombreux et plus encore demain lorsque toutes les serres fonctionneront, tester leur projet, vérifier leurs hypothèses, concrétiser leurs thèses.
A terme il s’agit par l’observation de ces espèces emblématiques de modéliser des scénarios d’évolution et d’être capable de les transposer ailleurs.
Travaux dont le fruit des recherches sera ensuite publié et diffusé au travers de revues scientifiques prestigieuses, spécialisées ou plus généralistes.
En tous les cas, pour la délégation reçue ce jour là, c’est une occasion unique de découvrir et mieux comprendre l’activité du site, par ailleurs interdit d’ordinaire au public, visitable exceptionnellement lors des fêtes de la Science, courant octobre, car ici la période d’observation «idéale» s’étale de la mi avril à la mi octobre.
De ce mystérieux marécage, objet central de la visite du jour, aux tréfonds de la Grotte de Moulis, l’excursion de la délégation se poursuit sous la houlette du directeur Jean Clobert, sur les traces du Protée, cette espèce unique et mondialement connue.
Visite du laboratoire souterrain mais également des locaux, en présence des édiles, du Préfet et du public curieux. La recherche scientifique à la portée de tous.
Plus loin un vaste chantier consistant en la construction de nouvelles plateformes d’expérimentation mais aussi de locaux d’accueil témoignent du fait que la station expérimentale est en plein développement.
Au cœur de Moulis ou de Caumont, la marche en avant de la recherche scientifique se poursuit.
A terme c’est une meilleure compréhension de la bio-diversité qui doit en découler. Pour un mariage, même de raison, entre l’homme et la nature?
S’il est réussi, alors on ne peut qu’encourager cette marche inéluctable du progrès et de la connaissance scientifique.
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