L’Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées (ASPAP) tenait son assemblée générale vendredi soir aux Forges de Pyrène de Montgailhard.
Salle comble, preuve que les revendications de l’association trouvent toujours autant d’écho dans la ruralité… mais pas seulement car l’AG constitue aussi un moment convivial et chaleureux.
Cette année parmi les invités: des Audois (le maire d’Espezel, les responsables de l’association Païs Nostre, née du mouvement viticole), mais également Jean-Luc Fernandez, président de la fédération départementale des chasseurs, le député Henri Nayrou, Hervé Péloffi, président de la FDSEA, Robert Zonch, conseiller général de Castillon… autant de personnalités qui font cause commune avec l’ASPAP contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ariégeoises.
Les orateurs parmi lesquels Philippe Lacube, Rémi Denjean, Olivier Ralu ou Gérard Dubuc, ont rappelé les moments forts de l’année écoulée: de la grande marche de Tarbes (le 13 mars 2010) à la manifestation de Pau (le 11 février dernier), sans oublier la venue de Chantal Jouanno et du comité de massif à Toulouse le 26 juillet 2010.
Le plan ours s’est achevé le 31 décembre 2009, il n’y en aura pas d’autre, pour autant «la ministre est venue expliquer aux Pyrénéens comment diversifier la biodiversité» avec la SPVB (stratégie pyrénéenne pour la valorisation de la biodiversité).
L’Etat a fait le choix de la croissance naturelle (pas de nouveaux lâchers), seuls les ours tués de façon anthropique seront renouvelés.
Ainsi est-t-il prévu de réintroduire ce printemps une femelle dans le Béarn.
Face à ces mesures, les opposants ont mis en place un «front du refus» en apportant à la préfecture de Pau 8000 motions signées dans le cadre de la consultation nationale organisée par l’Etat.
Car d’après le rapport annuel de l’ONCFS, 19 ours ont été repérés sur le massif Pyrénéen dont une douzaine dans le seul département de l’Ariège: «12 ours de trop» selon l’ASPAP.
Le gaspillage de l’argent public a été évoqué au cours de cette réunion: «au moment où la crise sévit, 30% du budget du plan ours va aux éleveurs et 70% aux associations environnementalistes (telles que Férus)»
Les Pastoralies 2010 qui ont permis d’accueillir 8000 visiteurs en 48h sur le plateau de Beille (prochain RV en 2012) où l’actualité «grands prédateurs» avec les témoignages d’Olivier Bedos éleveur à Comus pour l’ours et celui d’Eric Bertomieu le berger des Bessines qui aurait subi l’été dernier plusieurs attaques de loups, ont constitué des moments chargés d’émotion.
Mais une Assemblée générale, c’est aussi le moment des bilans et des perspectives… depuis six ans d’existence, la position de l’ASPAP a évolué et Philippe Lacube aujourd’hui responsable de l’ADDIP (associations de protection du milieu pastoral et de sauvegarde du patrimoine pyrénéen) en convient:
«Au début on est rentré dans un combat frontal avec l’Etat qui a décidé sans concertation la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées en semant le malheur […]
Nos premiers pas ont été dans le combat puis chemin faisant on a compris que derrière cette problématique ours, il y avait une problématique de l’Etat par rapport à ces territoires: il y a derrière le programme ours et Natura 2000 une intention de soustraire la gestion des territoires aux Pyrénéens pour la transférer à l’Etat.
Nous avons voulu que ces montagnes soient des lieux de vie, d’économie où il y a des écoles, des services publics, de la vie tout simplement […]
Derrière ces programmes de sanctuarisation, d’ensauvagement, on veut faire des Pyrénées un Yellowstone […] l’ours est le bras armé de cette politique mais il n’y a pas que cela !»
Aujourd’hui, le président de l’ADDIP ne cache pas sa volonté de se rapprocher d’autres associations: «il est évident que l’ASPAP va s’ouvrir à d’autres composantes de la vie pyrénéenne, sur des gens qui partagent les mêmes combats contre l’abandon du territoire, des services publics, de l’économie […]
Quand on voit avec Natura 2000 que toute action de l’homme sur ces sites fera l’objet d’une étude d’incidence et c’est l’administration qui dira ce qu’il faut faire (non plus les mairies ou les acteurs locaux) […] nous sommes convaincus que le transfert des compétences des hommes de ces montagnes vers l’administration est dangereux […] nous serons des garde fous»
Philippe Lacube entend réaliser un travail de fond sur Natura 2000 de concert avec les agriculteurs dont les activités sont largement impactées par ces mesures environnementales.
Quant à la réintroduction d’une ourse en Béarn, l’ASPAP attend la décision de l’Etat qui semble tarder: «nous agirons en fonction de la volonté de nos amis basques et béarnais»
En attendant, l’association se porte plutôt bien: «chacun amène ses idées, on respecte les idées de chacun et chacun contribue à l’édifice»
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