AG des chasseurs: l'union sacrée du monde agricole
03/05/2011 | 22:03
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Samedi matin, c’est à Saverdun qu’avait lieu la traditionnelle assemblée générale des chasseurs de l’Ariège… et comme l’a souligné Roger Mistou, président de l’ACCA locale, il y a avait 33 ans que cela n’était pas arrivé!

Après avoir rendu un vibrant hommage à Raymond Bernié, tragiquement disparu le 25 janvier dernier, c’est devant une salle conquise que Jean-Luc Fernandez , président de la FDC09, s’est livré avec enthousiasme au rapport moral de l’association, un exercice qu’il commence à bien maîtriser après deux années à la tête de la fédération.

Dans le collimateur du truculent Couserannais: Natura 2000 et les listes d’activités soumises à études d’incidences et donc à contraintes: «tous ceux qui font vivre nos territoire sont touchés, qu’ils soient agriculteurs, forestiers, professionnels du tourisme, propriétaires… et bien sûr élus et leurs projets structurants»

Afin de se prémunir des risques de contentieux, la fédération des chasseurs a fait le choix de demander que toutes les études nécessaires soient diligentées par le responsable de la mise en œuvre du réseau Natura 2000.

Elle s’est prudemment attachée pour ce dossier les services de Gilles Duperron, spécialiste de droit européen, et de Philippe Mourguiart, docteur en Ecologie, pour réaliser les analyses scientifiques des publications utilisées par les détracteurs des chasseurs devant le tribunal administratif.

Malgré un léger fléchissement de l’activité cynégétique (on assiste à une baisse de 2,4% par rapport à la campagne précédente), la fédération ariégeoise affiche une santé insolente et une activité boulimique mise pourtant à l’épreuve par les attaques répétitives des «anti-chasse» ou de «responsables politiques verdissants»

Cela n’entame en rien le moral de son président, multipliant sa présence dans de nombreuses institutions et notamment à la tête de l’association «Ariège Ruralité» à la fin 2010.

Autre projet suscitant mécontentement auprès des chasseurs, le dossier ours: «il n’est plus acceptable de voir la chasse désignée comme coupable d’être le frein essentiel à son maintien.

De voir s’amonceler sur des responsables associatifs, les présidents d’ACCA, toujours plus de responsabilités, de contraintes, de risques, alors que rien ne démontre une quelconque culpabilité de la chasse en la matière […]

Ma nomination au comité de massif m’a permis de dire de vive voix à Chantal Jouanno, alors secrétaire d’Etat à l’Ecologie, le rejet des Pyrénéens de la politique de l’Etat relative aux grands prédateurs en général et l’idée de réintroduire une ourse en Béarn en particulier!

Un ours de plus est un ours de trop, là ou ailleurs, nous sommes contre
»

Le président Fernandez s’est réjoui de l’autorisation faite par arrêté préfectoral de la chasse aux galliformes de montagne et des bonnes relations entretenues avec les services de l’Etat.

Parmi les priorités de la FDC09, le sanitaire bien entendu et les efforts poursuivis avec le laboratoire départemental qui a permis de multiplier les prélèvements et donc les analyses.

Sur la tuberculose bovine où, solidaire du monde agricole fortement éprouvé, la fédération a souhaité explorer toutes les pistes en toute transparence y compris celle d’une éventuelle responsabilité de la faune sauvage.

Concernant la pestivirose de l’isard, le président Fernandez à précisé: «je n’accuse personne mais tout n’a pas été fait pour cette maladie […]

J’exige des études scientifiques pour préserver agneaux et chevreaux […] depuis 2004 aucune suite n’a été donnée par les services publics.

Au-delà des bonnes intentions, serons-nous capables demain de mettre en place des prophylaxies? Le département de l’Aveyron dont je salue la présence du président de la fédération des chasseurs a réussi à éradiquer la pestivirose car il s’en est donné les moyens
»

Le président Fernandez a ensuite donné la parole à Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire départemental de l’Ariège, pour faire le bilan du suivi sanitaire de l’année dans le département de l’Ariège.

Au moment des prises de parole des invités à la tribune, Julien Ferré du syndicat des propriétaires forestiers privés a indiqué que les chasseurs pouvaient compter sur son association.

Selon François Toulis, président de la Chambre d’Agriculture, «la chasse est indispensable pour réguler le gibier […] notre relation s’est étoffée suite à la manifestation de Foix, le 3 octobre 2009, nous sommes à vos côtés y compris pour la gestion de l’ours […]

Avec la constitution d’Ariège Ruralité, c’est un élan de solidarité du monde agricole
»

Quant à Henri Nayrou, député de l’Ariège, «la défense de la nature n’est pas l’apanage de quelques uns.

Il y a suffisamment de personnes dans nos campagnes et dans nos montagnes pour y parvenir, on n’a pas de leçons à recevoir [...] il faut protéger l’isard, seigneur des montagnes et faire dégager l’ours
»

Louis Marette, conseiller général du canton, a avoué «être né dans la chasse au temps béni de la chasse cueillette où l’on chassait sans contrainte […]

Puis les écologistes ont fleuri, ils ont fait les yeux doux aux médias, ont investi la politique et ont prospéré dans l’opinion.

La société à évolué, la chasse cueillette est terminée mais pour autant il ne faut pas laisser le terrain aux écologistes. Il est important de rester mobilisés et solidaires […]

Toutes les chasses doivent être défendues sans corporatisme et il faut redorer l’image des chasseurs.

C’est pour cette raison que nous avons ensemble créé le Domaine des Oiseaux (18 000 visites l’a passé).

A l’image de la fédération des chasseurs des Landes en partenariat avec l’Ecole Vétérinaire de Toulouse nous venons de créer un centre des oiseaux en détresse géré en relation avec la fédération des chasseurs l’Ariège.

Il faut redevenir les vecteurs de la gestion du patrimoine naturel
»

Augustin Bonrepaux se réjouit lui aussi et à juste titre de la coopération mise en place avec le laboratoire départemental «auquel on apporte le moyen de certification au service des éleveurs»

Concernant Ariège Ruralité, le président du Conseil général a rappelé qu'«au début on s’est élevé un peu tout seul face à ces interdictions sauvages, aujourd’hui one ne peut que se réjouir par la création de ce mouvement […]

Je suis allé à Pau porter l’opposition du Conseil général de l’Ariège pour l’introduction d’une ourse en Béarn.

Il faut continuer à montrer ce que nous faisons, nous n’avons pas de leçon à recevoir en matière de protection de la nature, l’Ariège est le département le moins bétonné de France, c’est par notre présence sur le terrain que c’est possible
»

Enfin, c’est au préfet de l’Ariège qu’il est convenu de laisser terminer.

Jacques Billant s’est félicité du climat de confiance qui régnait avec les chasseurs: «un climat qui a permis l’aboutissement de dossiers importants en 2010»

Le préfet qui doit veiller avec la fédération des chasseurs à l’équilibre sylvo-agro-cynégétique va valider dans quelques jours le schéma cynégétique de la chasse dans le département, une feuille de route engageant les partis pour six ans.

Le préfet a indiqué qu’il souhaitait que se poursuive la chasse du grand tétras et des galliformes de montagne qui pourraient faire bientôt l’objet d’une harmonisation au niveau régional, voire sur la chaîne pyrénéenne, ceci afin de «nous prémunir des contentieux européens»

Ne souhaitant pas revenir sur le dossier de l’ours et la politique publique de réintroduction, il s’est cependant dit très attentif au sujet du loup dont un individu, probablement venu des PO et plus exactement du Carlit, aurait fait des dommages l’été dernier dans le département.

Enfin, c’est par un proverbe bien connu des montagnards que le représentant de l’Etat à terminé son intervention: «seul on va plus vite, ensemble on va plus loin»

L’assemblée générale des chasseurs s’est achevée par la traditionnelle remise de médailles (dont nous aurons l’occasion de reparler) et le repas des chasseurs, un moment convivial propice aux échanges.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 03/05/2011 | 22:03 | Lu: 20083 fois